Le chien qui louche – Étienne Davodeau

Fabien, agent de surveillance au Louvre, part en wek-end dans la campagne angevine pour faire la connaissance de sa belle-famille. Très vite, les Benion se révèlent être un peu spéciaux mais Mathilde l’avait prévenu et Fabien est bien élevé alors il essaie d’être aimable.

Quand on lui sort un tableau qui prend la poussière dans un coin du grenier et qui a été peint par un des ancêtres de la famille, il n’ose pas dire franchement qu’il s’agit d’une vielle croute. Et comme les Benion ne doutent de rien, ils lui demandent carrément si Le chien qui louche -c’est le nom du tableau !!!- a sa place au Louvre. Fabien ne donne pas vraiment de réponse et les Benion interprètent les choses à leur façon. Il se retrouve donc embarqué dans une situation pour le moins embarrassante…. A partir de là, le scénario dérive véritablement vers la comédie loufoque.

Lire une bande dessinée d’Etienne Davodeau est toujours un plaisir. Son intérêt pour l’être humain, pour ce qu’il pense et ce qu’il ressent, ressort une fois de plus ici que ce soit au sujet de la relation entre Mathilde et Fabien, du travail de ce dernier ou des rapports qu’il entretient avec l’art ou sa belle famille.

Le dessinateur a passé plusieurs mois dans le musée avec un accès privilégié qui lui a notamment permis de travailler quand les visiteurs n’étaient pas là. Il a observé les œuvres, bien entendu mais aussi le travail des surveillants. Ses dessins à l’encre et au lavi sont magnifiques. J’ai particulièrement apprécié ceux des sculptures.

Avec Le chien qui louche, le lecteur entre en quelque sorte dans les coulisses du Louvre. Fabien découvre chaque jour en arrivant au travail quelle salle il va devoir surveiller. Il aime ce qu’il fait et s’intéresse aux œuvres qui l’entourent. Il a également un regard critique sur les touristes qui visitent le musée à toute vitesse et se comportent comme s’ils étaient à Disneyland. Le petit jeu avec ses collègues consiste à savoir combien de temps va s’écouler avant qu’on leur demande où se trouve la fameuse Joconde. Et qu’en est-il des autres œuvres ? Sont-elles plus ou moins belles, plus ou moins intéressantes ? Qu’est ce qui permet de décider si une œuvre a sa place dans le musée ? Les questions soulevées sont nombreuses.

L’attitude de la famille Benion, qui n’a aucun sens des convenances, donne une tonalité légère à l’ensemble et, si la réflexion sur l’art tient une place importante, elle n’est absolument pas prise de tête, bien au contraire. D’ailleurs, les quiproquos sont nombreux et l’entrée en scène d’un nouveau personnage, M. Balouchi, qui entretient un aspect très prosaïque à l’art, renforce l’aspect loufoque  de cette histoire. Personnellement, j’ai toujours un peu de mal quand ça devient un petit peu trop fantaisiste et je suis un peu restée sur ma faim dans les dernières pages. Je garderai cependant un très bon souvenir de cette bande dessinée  que je ne manquerai pas de conseiller autour de moi pour toutes les raisons évoquées plus haut !

DAVODEAU, Etienne, Le chien qui louche, Futuropolis, 2013.

11 pensées sur “Le chien qui louche – Étienne Davodeau”

  1. Je croise les doigts pour que ma bib l’achète. Mais elle est en restriction budgétaire ! Bon, en même temps, la responsable des achats a plutôt bons goûts, donc tout espoir reste permis !!!

  2. Je crois qu’il faut surtout retenir le coté léger de l’histoire. Et puis c’est vraiment une bonne surprise de découvrir Davodeau dans un registre proche de la comédie.

  3. Une lecture-détente bien agréable en tout cas. Cette histoire fait sourire et puis j’ai bien aimé tous les petits clins d’oeil que l’auteur faits, comme la scène dans la salle-de-bain où l’on voit Mathilde adopter exactement la même posture qu’une des sculptures.

La parole est à vous !

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