Le dimanche des mères – Graham Swift

En ce dimanche des mères 1924, Jane Fairchild se demande ce qu’elle va faire. Lire ? Parcourir la campagne anglaise à bicyclette ? Traditionnellement, ce jour là, les bonnes peuvent disposer de leur journée pour rendre visite à leur mère. Jane, elle, n’a personne chez qui aller. Orpheline, elle a grandit dans une institution avant d’être placée comme domestique à l’âge de 14 ans. Deux ans plus tard, elle est engagée à Beechwood, dans le Berkshire, par Mr et Mrs Niven.

Ce couple d’aristocrate a perdu ses deux fils pendant la Première Guerre et Graham Swift s’attache à décrire ça et là, par petites touches, les stigmates de cette période douloureuse. Mais ce qui semble l’intéresser surtout, c’est la vie dans ce milieu encore aisé et déjà sur le déclin. Le rôle des domestiques tient une place importante dans le roman. Outre Jane, il n’y a qu’une cuisinière chez les Niven. Le personnel s’est réduit chez eux comme dans leur entourage. Cependant, il fait toujours partie intégrante de leur vie.

Jane sait lire et écrire. Mr Niven l’estime et l’autorise à emprunter les livres de sa bibliothèque. La jeune femme dévore les romans d’aventure. En ce dimanche chômé de mars, elle pourrait donc avancer dans sa lecture mais son amant, Paul Sheringham, lui propose de passer un dernier moment ensemble. Le jeune homme, qu’elle fréquente en cachette depuis plusieurs années, est le fils d’un couple d’amis des Niven. Il doit se marier dans quinze jours avec la riche Emma Hobday. Pour la première et dernière fois, Jane découvre la maison et la chambre de Paul. Elle ne le sait pas encore mais cette journée va marquer un tournant dans sa vie.

Si j’ai eu un peu de mal à me faire au style de Graham Swift, il faut reconnaître qu’il possède un réel talent pour dépeindre le milieu aristocratique de la première partie du XXème siècle. Dans ce court roman, tout est dans l’ambiance. Et il se passe si peu de choses que j’ai fini par m’ennuyer. L’hommage rendu à la lecture et à l’écriture aurait peut-être pu être exploité autrement, notamment dans la dernière partie. Le mystère qui plane autour du personnage de Paul également. Le  dimanche des mères manque de profondeur à mon goût. La déception a été d’autant plus grande que j’avais entendue beaucoup de bien de ce roman.

SWIFT, Graham, Le dimanche des mères, Gallimard, 2016.

14 réflexions sur « Le dimanche des mères – Graham Swift »

  1. J’ai vu aussi beaucoup d’avis élogieux, mais j’en ai vu d’autres comme le tien ; ce qui explique peut-être que je ne l’ai toujours pas lu ..

  2. Ben oui, c’est pas le livre du siècle ! C’est une belle histoire, bien racontée, qui s’appuie sur un fait que j’ignorais, ce fameux dimanche des mères, mais rien de plus ! Par contre, au cinéma, ça pourrait faire un film génial…

  3. Ah, je fais partie des lectrices qui ont beaucoup aimé ce roman, pour l’atmosphère justement, pour tout ce qui se dit en filigrane. Et comme tout roman construit sur une atmosphère, on est emporté ou on s’ennuie, c’est certain. Et puis, c’est vrai que l’on a plus d’attente lorsque les retours sont positifs.

  4. J’ai beaucoup aimé ce roman, et tout ce qui n’est pas dit et qui se devine au détour d’une phrase… j’en ai savouré chaque mot. Ce sont les rapports entre les classes sociales qui m’ont passionnée, plus que l’histoire d’amour. (même si c’est lié)

    1. Oui, il y a beaucoup de non-dits dans ce roman, que ce soit à propos des personnages principaux ou des autres d’ailleurs.

La parole est à vous !