Le fils de l’Ursari – Xavier-Laurent Petit

Le père de Ciprian est un Ursari, un montreur d’ours. La famille vit dans une caravane et voyage de villes en villes, organisant des combats en échange de quelques pièces. Pour survivre, le frère de Ciprian « emprunte » de la nourriture là où il en trouve. La famille, sans cesse chassée, ne reste jamais bien longtemps au même endroit. La population n’aime pas les gens comme Ciprian et les siens.

Alors, le jour où l’occasion se présente, ils décident de partir pour Paris. Bien entendu, le voyage n’est pas gratuit. Il faudra rembourser la dette en un mois une fois arrivés en France. Mais il suffira de travailler ! Après une longue route dans des conditions difficiles, le pire est à venir. La famille se retrouve dans un bidonville. Le père récupère des métaux, la nuit, sur les voix de chemin de fer ou les chantiers. La mère et la sœur mendient des « zorros » dans le métro ou le « aireuhaire ». Ciprian apprend auprès de son frère à « emprunter » des portefeuilles aux touristes et habitants de la capitale.

Malgré un travail acharné, la famille ne gagne pas assez d’argent pour rembourser les passeurs. C’est le début d’un cercle infernal. La terreur règne dans le bidonville. Ciprian, lui, trouve un échappatoire. Bien caché derrière une palissade, il observe les joueurs d’échec du « jardin du Lusquenbour » et enregistre tout. Il ne connaît même pas le nom de ce jeu mais se révèle capable de refaire les parties dans sa tête. Une porte s’ouvre alors pour ce fils du vent, jusqu’ici rejeté de tous.

Aborder le sujet de l’immigration clandestine en littérature de jeunesse tout en restant au plus proche de la réalité n’est pas simple. Xavier-Laurent Petit s’en sort pourtant avec brio. Il ne cache rien de la misère, des conditions de vie dans les bidonvilles, de la violence et des difficultés rencontrées. Pour préserver le lecteur adolescent, il laisse ici ou là quelques indices qui permettent de comprendre dès le début du roman que Ciprian va s’en sortir grâce à l’école et à des gens qui vont l’aider. Ce procédé permet au lecteur de continuer à tourner les pages en toute sécurité et à l’auteur de décrire une réalité cruelle.

Un roman fort, engagé, à mettre entre toutes les mains.

PETIT, Xavier-Laurent, Le fils de l’Ursari, L’écoles des loisirs, 2016.

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