Le groupe – Jean-Philippe Blondel

Ils sont dix. Dix élèves de Terminale et deux profs, Françoise Roussel qui enseigne l’anglais et Marion Grand, prof de philosophie, à se réunir une heure par semaine pour se mettre dans une bulle et écrire. C’est Marion qui est à l’initiative de cet atelier d’écriture. François, double de l’auteur, est écrivain et jusqu’ici il n’avait jamais mélangé ses deux métiers. Sa collègue réussit à le convaincre de franchir le pas.

Au fil des séances, le groupe apprend à se connaître et touche à l’essentiel de chacun d’entre eux. Profs et élèves sont au même niveau. Quand on écrit, difficile de se cacher. « ce sont tous des textes de fiction, et la fiction, c’est du mensonge sur fond de réalité. » p. 20

Encore une fois Jean-Philippe Blondel montre à quel point il est doué pour décrire l’intime et plus particulièrement celui des adolescents. Impossible de lire ce roman sans se retrouver derrière l’un ou l’autre des personnages.

Les réflexions sur l’écriture, la lecture et le mélange fiction/réalité sont nombreuses : « Ce qui l’intéresse, elle, ce n’est pas tellement de se mettre dans la peau d’un autre personnage. C’est d’inventer. De créer de toutes pièces. Elle se jette dans la fiction alors que moi je n’arrive pas à quitter la réalité. Je reste moi et je deviens un personnage. » p. 35. Ou encore « Moi. Au même âge. Une identification. Je ne suis pas naïf. Je sais qu’on trouve dans l’autre ce qu’on veut bien y chercher. » p. 45

Cet atelier d’écriture a-t-il eu lieu « pour de vrai » ? Ces ados existent-ils vraiment ? Où se cache l’auteur ? Derrière quels mots ? Derrière quelles pensées ? Ces questions restent sans réponse et c’est tant mieux car finalement elles importent peu. L’essentiel, c’est que, comme les personnages en écrivant, on se met à nu en lisant le roman.

Un formidable optimisme se dégage de ces lignes. On referme Le groupe le sourire aux lèvres avec une furieuse envie d’écrire. Même si on sait qu’on ne deviendra jamais écrivain.

L’avis de Laure et celui de Faelys.

BLONDEL, Jean-Philippe, Le groupe, Actes Sud Junior, 2017.

13 pensées sur “Le groupe – Jean-Philippe Blondel”

  1. Je pense que tout est basé sur un véritable atelier d’écriture. Mais peu importe à la limite, et de toute façon la frontière entre la fiction et la réalité est souvent très mince 😉

    1. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai choisi deux citations sur le mélange fiction/réalité .
      L’atelier d’écriture a peut être eu lieu mais j’ai l’impression de retrouver la plume de Blondel derrière les textes des ados…

  2. Noté aussi et suite à vos billets commandé à mon libraire, j’aime beaucoup Blondel, mais surtout c’est le sujet qui m’attire ; en effet qu’est ce que j’aurais aimé avoir un prof qui propose cela… Cela m’aurait peut-être permis d’aller contre ma timidité légendaire et ma non-assurance encombrante, qui je pense m’a toujours freiné.

La parole est à vous !