Le livre que je ne voulais pas écrire – Erwan Lahrer

Le fan club d’Erwan Larher sévit sur la blogosphère depuis un moment déjà. L’abandon du mâle en milieu hostile ou Marguerite n’aime pas ses fesses, des titres atypiques qui n’ont pas manqué de me donner envie de découvrir l’auteur. Mais l’occasion ne s’était jamais présentée. En août dernier est sorti le livre que je ne voulais pas lire. Pour une seule et unique raison : son sujet. Et puis il y a eu les chroniques enthousiastes de la blogo, une nouvelle fois. Les médias -France Culture, excusez du peu ! Ma libraire. Et enfin, celui qui a achevé de me convaincre : Jean-Philippe Blondel, un de mes auteurs chouchous. Sur Facebook, il a écrit quelque chose du genre « si vous ne devez lire qu’un seul roman de cette rentrée littéraire, c’est celui-là ». En plus JPB ne connaît même pas Erwan Larher. Il est donc totalement neutre, s’est dit mon petit cerveau toujours méfiant. Voilà donc comment Le livre que je ne voulais pas écrire s’est retrouvé entre mes mains.

Mon but étant de vous convaincre de le lire, il va maintenant falloir que je vous explique de quoi il parle. Mais si je vous dis que l’auteur était présent au concert des Eagles of Death Metal le 13 novembre 2015 au Bataclan et raconte ce qu’il a vécu, j’ai peur que vous ayez vous aussi envie de fuir. Ce n’est pourtant pas un témoignage comme les autres. Quelle plume ! Quel humour ! Quel regard distancié ! Il y a de la pudeur dans ce texte et un profond respect de l’être humain. Des valeurs fortes également, la page 249 en est un brillant exemple.

Du point de vue de l’écriture, Le livre que je ne voulais pas écrire est une vraie réussite. Des textes comme celui-ci, on en voit rarement. L’auteur partage en toute honnêteté une réflexion sur le processus qui l’a conduit à prendre la plume. Il laisse aussi la parole à plusieurs membres de son entourage proche, ce qui apporte une dimension supplémentaire à cet « objet littéraire » pour reprendre ses propos.

Une dernière chose encore et j’espère qu’ensuite vous filerez chez votre libraire -indépendant, cela va de soi. Erwan Larher, à travers une expérience individuelle, réussit à donner une dimension collective à son texte qui dépasse largement le cadre des attentats et du terrorisme. Ses propos m’ont parlé de manière profondément intime. J’ai lu et relu certains passages pour m’en imprégner le plus possible. J’ai retardé au maximum le moment de tourner la dernière page. Puis, j’ai soigneusement rangé le livre à côté de mes indispensables.

LARHER, Erwan, Le livre que je ne voulais pas écrire, Quidam éditeur, 2017.

42 réflexions sur « Le livre que je ne voulais pas écrire – Erwan Lahrer »

    1. Je compte bien poursuivre ma découverte de l’auteur. J’espère que ce titre lui permettra de se faire connaître un peu plus….

  1. Comment ça, « sévit »? ^_^ j’ai lu tous ses bouquins, et pas question de rater ce dernier, même si, bien sûr, le sujet ne m’attirait pas follement. heureusement, un auteur reste un auteur, et ce n’est pas juste un témoignage. J’espère que tu auras l’occasion de rencontrer E L en salon, et même de lire d’autres de ses romans.

    1. Il vient dans ma petite librairie indépendante en décembre. J’espère que je vais réussir à me dégager du temps pour y assister. Tu me conseilles lequel des ses autres romans ?

      1. Ben tous.
        Plus sérieusement, cela dépend de tes goûts. l’abandon du mâle est plus romantique (quoique), Autogenèse et Entre toutes les femmes, plus ancré dans la société actuelle tout en étant un poil Imaginaire, Marguerite, euh, chaud bouillant parfois. Qu’avez vous fait de moi, je l’aime, c’est son premier;

        1. De toute façon, je crois que certains ne sont plus disponibles : cela va donc limiter le choix ! Je verrai si il y a un ou deux titres à la médiathèque.

  2. Rhaaaa alors pour te dire la vérité, au départ je me refuse à lire ce genre de livres car pour moi la seule réponse possible à ce genre de choses est le silence. Oui mais coilà, Blondel est aussi un auteur phare pour moi, le seul auteur masculin dont je me sente vraiment proche . Et puis certaines copines blogueuses disent comme toi et puis sur le blog de Sido, j’ai même échangé un commentaire avec l’auteur…lui disant que je me tâtais au final. Et maintenant toi…bon faut que je saute le pas, je peux faire une exception…je vais essayer de le trouver en occasion !

    1. Si tu décides, je suis curieuse d’avoir ton avis.Les raisons pour lesquelles je ne voulais pas lire ce livre sont différentes des tiennes. Les témoignages ne m’intéressent pas. Je préfère les article de fond, la compréhension globale du problème. Et puis, il faut être honnête, beaucoup de médias surfent sur ce genre d’évènement aussi.

  3. Comme toi le sujet ne me tente absolument pas.. j’ai une certaine crainte à retourner à ce fameux 15 novembre.. ( et je ne suis pas française! Mais belge…) Mais pfiou tu en parles si bien et tu arriverais même à me convaincre !

      1. Il n’y a pas de détails sordides et on est bien loin de l’aspect malsain entretenu par certains médias après les attentats. L’auteur dévoile juste ce qu’il faut. Je n’ai jamais eu la sensation d’être voyeuse en le lisant.

  4. Ai adoré ! Bousculée, chahutée et très émue par son dernier livre… Vraiment tu as raison il faut le lire ! Il fait partie des indispensables de cette rentrée littéraire de 2017 et du coup je le présente en cours avec son formidable « Marguerite n’aime pas ses fesses » (un tout autre genre mais néanmoins fort délicieux !)
    bisous demoiselle

    1. Quelle chance ils ont, tes étudiants ! « Il fait partie des indispensables » : j’arrêterais ta phrase là. « De cette rentrée littéraire 2017 » est inutile à mon sens 😉 !

  5. Un peu échaudée par « Marguerite n’aime pas ses fesses » qui ne m’avait pas du tout emballée, ton billet me donne envie de lui laisser une seconde chance!

  6. Il est vraiment magnifique ton billet, je ne pensais pas que tu l’avais aimé à ce point, et je vois que tu avais les mêmes appréhensions que moi sur les enthousiasmes parfois de bonne foi sur la blogo et mais o combien décéptifs a postériori. Je ne savais pas pour Blondel, mais je vais te faire confiance et le commander (je ne l’ai pas vu sur les étals de mes libraires)….

    1. Je peux comprendre. Tu ne veux pas l’emprunter en médiathèque ou le feuilleter en librairie ? Le récit lui-même réussira peut-être à te convaincre !

La parole est à vous !