« Le Pays sans Adultes » d’Ondine Khayat

La vie de Slimane, onze ans, est pire qu’un cauchemar. Son père est alcoolique, fait des crises de colère régulières et tape sur toute la famille. Sa mère travaille comme une folle dans un hôtel à 29 euros la nuit pour gagner de l’argent et nourrir tout le monde mais elle est incapable de réagir face à la violence de son mari. Heureusement, Slimane a un frère un peu plus âgé que lui, Maxence, sur qui il peut compter. Tous les deux, ils tentent d’éviter les coups et de protéger leur mère. Ils s’inventent un monde imaginaire pour survivre à l’enfer du quotidien et se sentir moins seuls. Mais un jour Maxence décide de partir au Pays sans Adultes car il ne peut plus supporter tout cela.

 

Le Pays sans Adultes, vous l’aurez compris, est une histoire extrêmement triste et difficile. S’imaginer ces deux enfants et leur mère, victimes de la violence du père, est à peine supportable. Je me suis demandée à un moment donné si je n’allais pas laisser tomber ce livre mais j’ai bien fait de continuer car la deuxième partie est un peu plus optimiste et laisse entrevoir une lueur d’espoir. Je pense que c’est l’écriture d’Ondine Khayat, très agréable, limpide et claire, qui m’a incitée à ne pas abandonner. De nombreux traits d’humour et jeux de mots ponctuent le texte, ce qui rend l’histoire un peu plus légère.

Un roman difficile donc, en raison de son sujet, mais qui vaut vraiment le coup d’être lu.

Un extrait :

« -Pourquoi tu poses toujours autant de questions, Slimane ?

-Pour comprendre. Des fois, je voudrais tout savoir.

-Mais parfois, comprendre, ça sert à rien.

-Pourquoi ?

-Parce que tu comprends des choses mais tu ne peux pas les changer.

-Mais il y a quand même des choses qu’on peut changer, non ?

-Peut-être, oui. Quand on est grand. Mais nous, on subit.

-Pourtant, tu disais qu’on pouvait s’évader avec l’imagination !

-Oui, mais pendant qu’on s’évade, la vie, elle reste la même. On la rend juste plus supportable. » (p. 104)

Cathulu a « dévoré d’une traite ce roman très émouvant ».

Brize a écrit, à propos de l’auteur, « Telle une funambule, elle
réussit ce miracle d’équilibre qui consiste à évoquer, sur le fil tendu
de son récit, le plus grave sans jamais tomber dans le lourd
« .

Merci à Chezlesfilles et aux éditions Anne Carrière de m’avoir envoyé ce livre.

KHAYAT, Ondine, Le Pays sans Adultes, Anne Carrière, 2008.

12 réflexions sur « « Le Pays sans Adultes » d’Ondine Khayat »

  1. @Brize : je ne supporte pas ce genre d’histoires si elle ne sont pas bien écrites et s’il n’y a pas un minium d’espoir….
    @Aifelle : quand je l’ai commencé, j’ai eu du mal à le lâcher !
    @Sylire : c’est vrai que le début commence fort.
    @Karine : alors, bonne lecture !
    @Leiloona : moi aussi, je n’ai lu que de jolis billets pour le moment.
    @cathulu : de mon côté non plus, je n’ai rien lu dans la presse à ce sujet.

La parole est à vous !

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