Le photographe de Mauthausen – Rubio, Colombo et Landa

En 1941, Francisco Boix, jeune espagnol réfugié en France pour fuir le franquisme, est déporté dans le camp de concentration de Mauthausen. Affecté au service d’identification, son travail consiste à développer des photos. Officiellement, pour identifier les prisonniers à leur arrivée au camp. Officieusement, Boix doit aussi développer les clichés privés des nazis ainsi que ceux qui servent d’outil de propagande. Le jeune homme est vite repéré pour ses talents de photographe par Paul Ricken, un SS complètement cinglé qui prend son pied à mettre en scène des cadavres pour les photographier et ériger la mort en art.

Francisco Boix décide alors, avec l’aide d’autres réfugiés espagnols, de faire un tirage supplémentaire de ces clichés et de les planquer. Après la guerre, ils seront un témoignage précieux des crimes commis dans les camps et des preuves à charge contre les nazis. Les risques encourus par Boix et les siens sont énormes. Le vol qu’ils commettent est un véritable acte de résistance qui ne sera malheureusement pas reconnu à sa juste valeur à la libération.

La lecture de cette bande dessinée historique a été l’occasion pour moi de découvrir un aspect de la vie des camps que je ne connaissais pas. C’est à cela aussi que sert le devoir de mémoire… Le scénario de Salva Rubio est assez fidèle à la réalité. Un dossier documentaire très complet situé en fin d’ouvrage permet d’ailleurs de faire le point sur ce qu’on sait de la vie de Francisco Boix et de voir où le scénariste a été contraint de réaliser des adaptations. Le dessin semi-réaliste de Pedro J. Colombo ne m’a pas pleinement convaincue mais je dois reconnaître qu’il attire l’œil, tout comme certains cadrages et les couleurs bleu et gris d’Aintzane Landa. Au final, j’ai surtout apprécié cette BD pour son aspect documentaire.

RUBIO, Salva, COLOMBO, Pedro J., LANDA, Aintzane, Le photographe de Mauthausen, Le lombard, 2017.

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43 réflexions sur « Le photographe de Mauthausen – Rubio, Colombo et Landa »

    1. Forcément, avec un tel sujet, ça fait froid dans le dos. Mais honnêtement, j’ai lu bien plus glaçant et bien plus difficile à lire sur cette période de l’histoire.

    1. Je me rends compte que ces derniers temps, j’ai découvert bien des aspects de la guerre et des camps en lisant des romans ou de BD (Max, Kinderzimmer, etc.)

  1. Tout me plait dans cet album! Merci pour la découverte!
    Découvrir des destins héroïques et oubliés par le biais de la BD me subjugue comme me rend souvent un peu triste: comment a-t-on pu les oublier/ ne pas transmettre? Mais peut-être que Francisco Boix est davantage connu en Espagne…

    1. Non, Boix n’est pas connu en Espagne. L’holocauste mais aussi tout ce qui touche à la période de Franco, c’est quelque chose dont on ne parle pas où très peu. Le scénariste explique clairement dans la partie documentaire que, au sortir de la dictature, la population à accepté de se taire. Les générations actuelles commencent à vouloir lever le voile sur le silence, cette BD en est l’exemple. Cependant, je me pose une question. Les auteurs sont espagnols et la BD a été publiée en France (ce n’est pas une traduction) : Pourquoi ? Aucun éditeur intéressé ? Peu d’intérêt pour la BD en Espagne ?

      1. Cette question est intéressante!
        Je la poserai à ma soeur (prof d’espagnol) d’autant qu’elle s’est penchée sur la transmission de la guerre civile par le biais des BD avec ses élèves.
        Si j’ai une réponse, je te la donnerai 😉

        1. Merci ! Cette question me turlupine depuis que j’ai refermé le livre. Je voulais en parler dans mon billet et puis je ne l’ai pas fait, pensant que cela n’intéresserait que moi. Visiblement, je me suis trompée. Elle enseigne à quelle niveau ta sœur ? C’est génial de travailler sur ce sujet avec des élèves.

          1. Et non 😉 ça m’intéresse aussi beaucoup!
            Et le fait que tu aies mentionné la partie documentaire (un vrai plus selon moi), me rend davantage intéressée!
            Elle enseigne au collège surtout, un peu lycée (je ne suis pas sûre pour cette année) – dans les lycées français de Shanghai.

          2. L’auteur m’a donné la réponse : la BD va être publiée prochainement en Espagne également.

    1. Oui, et les auteurs qui nous font découvrir tous ces aspects méconnus sont précieux. Tu peux l’acheter sans problème pour les 3èmes. Il fait partie de la sélection d’un prix local de la BD historique à laquelle je participe avec des élèves volontaires.

    1. C’est plutôt la révolution russe la mode en ce moment, non ? Je viens de lire « Octobre 17 », un vrai cours d’histoire mais pas d’intérêt au niveau du scénario comme du graphisme.

  2. Avis partagé. Peu emballé par le graphisme, très intéressée par le dossier. Et j’aimerai bien connaître la réponse aux questions qui se pose sur cette édition en France et pas en Espagne.

    1. Moi aussi. Je ne sais pas du tout où avoir une réponse à cette question. Il faudrait que je regarde si le scénariste n’est pas sur les réseaux sociaux. Mon niveau d’Espagnol à l’écrit me freine cependant un peu. Ou alors il faudrait que je contacte l’éditeur. Peut-être qu’il me répondrait…

  3. Je ne lis pas de BD, mais j’avoue que ce sujet me paraît étrange pour une BD, mais comme elle est historique, ça passe.
    ce thème est très à l’honneur depuis quelques temps dans l’édition.

    1. Je n’en lisais quasiment pas avant mais depuis que je m’y suis mise, je ne suis pas déçue. J’aime beaucoup les BD documentaires et historiques parce qu’elles apportent des éclairages différents sur des sujets que l’on croit pourtant bien connaître.

La parole est à vous !