Le poisson mouillé – Volker Kutscher

Nous sommes en 1929, à Berlin. Les manifestations des communistes sont nombreuses et les affrontements avec la police musclés. Dans les clubs clandestins, la prostitution et la cocaïne règnent. Et puis, il y a ce cadavre repêché au fond du canal, dans une voiture. Il est mutilé et sa mort remonte à quelques heures avant la noyade. La police n’arrive pas à identifier le corps. Aucun indice. Aucun témoin. Décidément, rien ne va plus au château fort, le QG de la police berlinoise.

Le commissaire Gereon Rath de la brigade des mœurs, lui, a tout de suite reconnu le mort. Il s’agit d’un Russe croisé par hasard quelques jours plus tôt. Gereon décide faire cavalier seul et de commettre l’irréparable pour un policier. Plutôt que de livrer ses indices à son collègue de la criminelle -collègue qu’il ne supporte pas- il mène son enquête de son côté, sans rien dire à personne.

Prostitution, drogue, criminalité, communisme, national-socialisme : Gereon Rath va côtoyer tous les milieux clandestins du Berlin de la fin des années 1920. Son enquête va le mener vers de nombreux chemins tortueux jusqu’à ce que la vérité surgisse enfin.

550 pages  : voilà longtemps que je n’avais pas dévoré un roman aussi épais ! L’intrigue aux nombreuses ramifications est assez complexe mais heureusement l’auteur a placé quelques rappels ici ou là. Le rythme est soutenu et on ne s’ennuie jamais. Quant au dénouement, jamais je n’aurais pu le deviner même si, finalement, il n’est pas si surprenant que cela ! 

La toile de fond historique est très intéressante et montre bien les difficultés de cette période de l’entre-deux guerres. La Première Guerre mondiale hante encore les esprits, la peur du communisme est omniprésente et le national-socialisme commence à être bien organisé. La police berlinoise, elle, est sur tous les fronts et a du mal à être efficace. Il faut dire qu’elle n’est pas aidée par les nombreuses luttes entres personnes et les directives politiques venues d’en haut sans prise en compte de la réalité du terrain. De ce point de vue là, on pourrait se croire en France en 2010…

Le commissaire Gereon Rath n’est pas spécialement attachant -sa personnalité n’est pas très marquée- mais il n’est pas désagréable non plus. Par contre, sa petite histoire d’amour avec la jeune sténodactylo Charly n’est pas pour me déplaire. Il faut dire que la petite a du caractère et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Finalement, c’est peut-être la seule qui est totalement intègre dans cette histoire. C’est aussi  une des plus jeunes et des moins qualifiées. De là à dire que quand on vieillit et qu’on monte en grade, on devient corrompu ou menteur, il ‘y a qu’un pas que je ne franchirai pas.

Le deuxième volume des enquêtes du commissaire Rath est en cours de traduction. Je l’attends avec impatience. 

« Un excellent polar » pour Michel.

Merci à et aux éditions du Seuil pour l’envoi de ce livre.

KUTSCHER, Volker, Le poisson mouillé, Seuil, 2010.

10 réflexions sur « Le poisson mouillé – Volker Kutscher »

  1. @Aifelle : si ça te tente, je te le prête.
    @freude : un bon moment de lecture en perspective !
    @Keisha : j’étais un peu comme toi et j’ai regretté de ne pas être capable de dormir seulement quelques heures dans la nuit pour avoir plus de temps pour lire. @Mathilde : bonne lecture alors !
    @Leiloona : oui, je te comprends, c’est pas forcément le bon moment pour toi.
    @mango : même remarque qu’à Aifelle. Ce livre peut voyager.

La parole est à vous !

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