Le sillon – Valérie Manteau

Mélange entre fiction et réalité, Le sillon est un roman engagé sur la Turquie d’aujourd’hui. Le lecteur suit les pérégrinations de la narratrice, qui a quitté Marseille pour rejoindre son amant à Istanbul. Celle-ci a pour projet d’écrire sur le journaliste arménien Hrant Dink, assassiné en pleine rue par un nationaliste dans la capitale turque en 2007. Hrant Dink était le fondateur de l’hebdomadaire bilingue Agos, publié en turc et en arménien. C’était aussi une fervent pacifiste et un défenseur de la cause arménienne. Il n’avait pas que des amis, notamment au niveau du gouvernement.

Parallèlement à ses recherches sur le journaliste, la narratrice décrit sa vie à Istanbul et le climat de tension lié à la situation politique. Elle fréquente les milieux d’opposition, ceux qui défendent la liberté d’expression et les Droits de l’Homme, ceux qui tentent de résister à la dictature du président turc. Elle fait également partie du comité de soutien à Aslı Erdoğan, romancière et journaliste emprisonnée en 2016 pour avoir soutenu le peuple kurde. Elle assiste à son procès, puis fait sa connaissance à sa sortie de prison. Tous ces passages sont intéressants mais on se perd parfois au gré des errances et de la vie privée de la narratrice.

Le sillon est un roman qui demande de l’attention, ce qui est parfois compliqué quand on lit la version audio. De plus, le rythme monotone de la  lecture que fait Valérie Manteau de son propre texte n’aide pas à maintenir l’intérêt. Cela dit, le propos est tout de même intéressant. Les remarques qui concernent les actes terroristes commis en Turquie et qui passent inaperçus en Occident alors que l’inverse n’est pas vrai font réfléchir. De même pour toutes les réflexions sur l’hypocrisie et l’indifférence de l’Europe vis à vis de l’immigration.

MANTEAU, Valérie, Le sillon, Audiolib, 2019.

7 réflexions sur « Le sillon – Valérie Manteau »

  1. Je me demandais ce que cela donnerait en version audio car effectivement, ce n’est pas une lecture facile. Visiblement, ce n’est pas très réussi. En version papier, j’ai plutôt aimé la découverte d’Istambul et la partie historique et politique mais l’histoire d’amour n’offre pas grand intérêt je trouve.

    1. Oui, je suis entièrement d’accord en ce qui concerne l’histoire d’amour. Elle aurait peut-être apporté quelque chose si l’aspect mixité culturelle avait été développé.

  2. Un livre qui doit mal passer en audio, tellement il fallait suivre, et en papier on peut vérifier plus aisément;
    Un bon livre (comme Sylire, l’histoire sentimentale (?) m’ laissée de côté)

    1. Je crois que c’est un livre compliqué même en version papier. Suivre les errances de la narratrice n’est pas toujours simple.

  3. J’ai toujours du mal avec les lectures audio, ma concentration est trop mis à l’épreuve. Et puis j’aime revenir en arrière, relire les passages que j’ai apprécié, il m’arrive même de lire deux fois la même page. J’avais noté ce titre là, maintenant je t’avoue être moins tentée après lecture de ton billet.

La parole est à vous !