L’écrivain de la famille – Grégoire Delacourt

Parce qu’il a écrit un poème de quelques vers à l’âge de sept ans, Édouard est considéré comme l’écrivain de la famille. Devenu adulte, il se rend compte qu’il n’est pas fait pour écrire des romans mais qu’il est très fort pour inventer des slogans publicitaires. Tant pis s’il déçoit son entourage, au moins, en faisant de la pub, il gagne sa vie.

Le travail est d’ailleurs le seul domaine dans lequel le narrateur réussit. Il porte un regard féroce sur sa propre existence et évoque les siens avec beaucoup de lucidité mais aussi de tendresse et de pudeur. Son père, traumatisé par ce qu’il a vécu en Algérie, n’est pas très bien dans sa peau. Sa mère a de plus en plus de mal à supporter cette vie dans laquelle elle étouffe. Le couple se sent impuissant devant le handicap de leur autre fils et finit par divorcer tant les incompréhensions sont devenues nombreuses.

Édouard grandit au milieu de cette famille qui a souvent du mal à trouver les mots pour dire les choses. On ne peut pas dire qu’il est malheureux. Ses parents l’aiment mais il lui manque quelque chose pour se sentir bien. Le bac en poche, il tente des études de comptabilité qui ne lui correspondent visiblement pas. Il se met en couple avec sa colocataire puis se marie, non par envie mais parce qu’il laisse la vie décider pour lui. Sa soeur, Claire, se retrouve enceinte d’un homme qui a pris la fuite. Et tout ce petit monde essaie de vivre tant bien que mal.

Grégoire Delacourt fait partie de ces écrivains dont on entend beaucoup parler en ce moment et je ne savais pas trop si j’avais envie de lire ses romans. Des avis très controversés, la crainte d’un trop plein de bon sentiments, d’une trop grande légèreté. Je m’étais dit que je laisserais le hasard faire. Quand je suis tombée dessus à la médiathèque, je l’ai donc emprunté sans même être certaine de le lire !

Les premières pages m’ont déçue, je me suis demandée si je n’allais pas laisser tomber et puis, finalement, je me suis laissée entraîner par l’histoire de cet homme si vulnérable. L’écrivain de la famille ne restera sans doute pas longtemps dans ma mémoire mais j’ai passé un agréable moment. On a tous un peu d’Édouard en nous, c’est sans doute pour cela que ce roman a fini par me plaire. Et puis, le regard à la fois tendre et sans concession qu’il porte sur les siens ainsi que son humour ont fait mouche.

Si je tombe sur son deuxième roman, La liste de mes envies, je l’emprunterai sans doute avec plus de conviction !

DELACOURT, Grégoire, L’écrivain de la famille; JC Lattès, 2011.

12 réflexions sur « L’écrivain de la famille – Grégoire Delacourt »

  1. Moi aussi je me suis souvent demandé ce que valait ce livre .. et je ne me sent vraiment pas attirée. Je crois que je vais faire l’impasse sur celui-ci.

  2. J’ai beaucoup aimé ce livre, malgré quelques phrases trop crues inutiles à mon avis. Par contre, j’ai adoré sans réserve la liste de mes envies. Alors bonne lecture !

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