L’enfant qui – Jeanne Benameur

L’enfant vit seul avec son père et sa grand-mère dans un village de campagne, bordé par la forêt et la rivière. Sa mère, une fille du vent, a disparu du jour au lendemain sans que personne ne sache ni où ni comment. Elle l’a laissé, seul, avec un gouffre à la place du ventre. Seul face à ce père qui crie pour expulser sa souffrance et n’arrive pas à comprendre son enfant. Seul face à cette grand-mère dont l’amour ne suffit pas à combler le vide.

L’enfant se souvient de la robe rouge fané de sa mère, de son bracelet dont chaque perle était une larme, de sa langue que nul ne comprenait. Nul besoin de mots entre eux deux. L’amour d’une mère pour son fils n’a pas besoin de cela.

L’enfant tire désormais sa force de la terre et de tous ceux qui l’ont précédé dans la forêt. Il comprend le langage des éléments et le côté obscur de l’être humain.

Son père, lui, noie son chagrin au café du village. Il n’arrive pas à oublier cette femme qui lisait dans les lignes de la main et pour laquelle il éprouve encore un désir presque animal. Cette femme libre qui n’avait d’autre attache que la route. Cette femme qui l’aimante autant qu’elle le révulse.

La grand-mère, elle, n’a jamais aimé la fille du vent mais son petit-fils, ce n’est pas pareil, c’est son sang à elle aussi.

L’enfant qui est le roman de l’absence de la mère. C’est aussi celui de la solitude, du doute, du gouffre, de l’abîme, de la difficile construction de soi, de la liberté. Celui de l’intime.

On retrouve dans ce roman le style si particulier de Jeanne Benameur. Des phrases courtes, des propos parfois énigmatiques, une poésie et un rythme bien à elle.

Le lecteur doit accepter de ne pas tout comprendre et se laisser porter par ce conte, cette fable, avec le cœur ouvert. J’ai noté de nombreux passages mais je n’ai malheureusement pas été touchée comme je l’aurais souhaité. Je suis restée trop distante, je crois que je n’ai pas vraiment trouvé ma place. Dommage, vraiment…

BENAMEUR, Jeanne, L’enfant qui, Actes Sud, 2017.

18 réflexions sur « L’enfant qui – Jeanne Benameur »

  1. Ah, mais ça arrive, surtout avec ce genre de texte, où j’ai l’impression que c’est tout l’un ou tout l’autre, ça fonctionne … ou pas.

  2. D’accord avec ce que dit Brize. Je pense qu’il faut être dans un certain état d’esprit au moment où l’on commence ce genre de lecture. Pour se laisser porter, justement.

    1. Oui, je partage votre avis à toutes les deux. Je me souviens avoir eu un véritable coup de cœur pour « Laver les ombres ». Il est tombé pile au moment où j’avais besoin de ce genre de livre !

  3. Je comprends que tu ne sois pas rentrée dedans, finalement c’est un texte très personnel. On y retrouve les thématiques chères à l’auteure et ce texte est très cohérent avec le reste de son œuvre. Et j’ai adoré, tu le sais, mais je ne suis pas objective 😉

    1. Oui, c’est vrai, j’ai remarqué cette thématique récurrente chez l’auteur. Je n’ai pas été aussi enthousiaste que certains à la lectures des Demeurées par exemple. Ce n’est sans doute pas un hasard.

La parole est à vous !