L’envers du décor…

Quatrième de couverture :
« Tu vois, si tu ne travailles pas bien à l’école, tu finiras caissière comme la dame. »

« C’est dit. C’est pesé, emballé, étiqueté. Et pourtant…

Elle
s’appelle Anna, elle a vingt-huit ans, un diplôme universitaire de
littérature et huit ans d’expérience derrière une caisse de
supermarché. Une caisse qui n’entend que les codes-barres. Un métier
peu propice aux échanges, invisible, des gestes automatiques… Entre
les bips qui ponctuent ses journées, Anna aurait pu se sentir devenir
un robot si elle n’avait eu l’idée de raconter son travail. Au fil
des jours, ces menues anecdotes qui la font rire, l’agacent ou
l’émeuvent sont ses tickets de caisse à elle.

Elle vous a vu passer à
la caisse. Vous avez été des clients faciles ou des emmerdeurs, riches
ou pauvres, complexés de la consommation ou frimeurs. Vous l’avez
confondue avec une plante verte ou vous lui avez dit bonjour, vous avez
trépigné à l’ouverture du magasin ou avez été l’habitué nonchalant des
fermetures. Anna, vous l’avez draguée, méprisée, insultée.

Il ne se
passe rien dans la vie d’une caissière ?

Maintenant, prenez votre
chariot et suivez Anna jusqu’à sa caisse. Celle que vous oubliez de
voir vous a bien vu et raconte. »

Les tribulations d’une caissière est la version papier du blog d’Anna Sam que je n’ai jamais fréquenté mais dont on a beaucoup entendu parler dans les médias au moment de la sortie du livre début juin. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette caissière hôtesse de caisse (ça fait plus classe…) n’a pas sa langue dans sa poche et qu’on ne s’ennuie pas avec elle ! Un petit exemple :

« Note de service

(Pour faire suite à diverses plaintes de clients)

Vous êtes enrhumée, caissière ? Vous êtes priée de rester chez vous. Votre médecin ne veut pas vous faire d’arrêt maladie parce que votre rhume est bénin ? Peu importe, restez chez vous, sale pestiférée ! Pourquoi ? Mais parce que vous touchez les articles du client avec vos mains pleines de germes et que vous risquez à tout instant d’éternuer et de vous « moucher dans son pain » !

Vous êtes enrhumée parce que les clients n’ont pas arrêté de vous éternuer et tousser dessus ? Et alors ? Le client est roi. C’est son droit de vous donner ses microbes et de ne pas avoir envie de récupérer les vôtres.

Bonnes vacances.

Votre direction bien aimée. » (p. 132)

Derrière la rigolade, bien entendu, la société de consommation, le monde de la grande distribution et les clients (c’est -à-dire nous !) sont pointés du doigt.

SAM, Anna, Les tribulations d’une caissière, Stock, 2008.

7 réflexions sur « L’envers du décor… »

  1. c’est bête, mais c’est ce que je dis à mes filles quand elles ne veulent pas bosser : tu finiras caissière à Intermarché ! La pauvre…

  2. J’ai un boulot similaire: je suis hôtesse d’accueil dans une clinique. Je ne suis pas sûre de rire avec ce livre…mais j’ai quand même envie de le lire.

  3. Je l’ai parcouru ce livre. Je sais que c’est un boulot ingrat mais j’étais sidéré par les anectodes citées sur les clients odieux, méprisants ou impolis. Je dis chapeau à toutes ces dames en caisse.

  4. @Ys : ce livre montre qu’on peut être diplômé et ne pas avoir d’autre choix que d’être caissière car il faut bien gagner sa vie… @Florinette : distrayant, oui mais ça amène aussi à se poser beaucoup de questions sur sa propre perception des caissières.
    @Anne : ma mère est à l’accueil dans une maison de retraite alors je te comprends…
    @Julie : oui, je crois qu’on peut leur dire chapeau car il en faut du courage pour bosser dans de telles conditions
    @Fleur :Bienvenue sur ce blog ! J’ai découvert aussi son blog récemment.

  5. Lu la semaine dernière. Très bon bouquin. Ce que les gens peuvent être irrespectueux des caissières !!!! le coup du mec qui téléphone en passant à la caisse, des clients de la dernière minute. Cela me donne envie d’écrire un bouquin sur mon métier. La relation clientèle, ça n’est jamais simple, ni toujours très agréable !!!

La parole est à vous !

%d blogueurs aiment cette page :