« Les amants de la mer rouge » de Sulaiman Addonia

Quatrième de couverture :

« Djeddah, fin des années 80. Nasser est un jeune Érythréen de vingt ans que les troubles politiques dans sa terre natale
ont forcé à émigrer en Arabie Saoudite où, pour gagner sa vie, il lave
les voitures. Là-bas, les femmes sont cachées sous leurs voiles et les
hommes ont les pleins pouvoirs. Seule prévaut la justice des riches et des puissants. Nasser grandit dans un climat brutal et ses
moindres faits et gestes sont épiés par la police religieuse tandis que
sa vie est rythmée par les sermons stridents de l’impitoyable imam de
la mosquée locale.

Jusqu’au jour où il reçoit – sacrilège – un mot
d’amour écrit par une inconnue. Bravant les chefs religieux et politiques, Nasser décide de vivre cette passion, tout en sachant qu’il risque sa vie s’il venait à être découvert.
« 

La vie de Nasser est un vrai cauchemar : encore enfant, il doit quitter sa mère pour aller vivre dans un monde meilleur. Il se retrouve en réalité dans un pays en « noir et blanc » -couleurs de la tenue vestimentaire des hommes et des femmes- qui ne correspond pas du tout à ce qu’il espérait. Très vite, il se rend compte qu’il est du mauvais côté car il refuse l’endoctrinement religieux. Il fait des petits boulots et doit parfois payer physiquement de sa personne pour rester dans ce pays où il n’est pas heureux. Mais il n’a pas le choix, il n’a aucun autre endroit où aller…

Pourtant, il ne renonce pas à ses rêves : revoir un jour sa mère (et peut être aussi son frère…) et tomber amoureux d’une femme, même s’il n’a pas le droit d’en côtoyer une seule car en Arabie Saoudite -comme dans d’autres pays où le fondamentalisme règne en maître- les hommes et les femmes vivent séparément et ne peuvent pas se parler s’ils ne sont pas mariés. Alors, quand une inconnue aux chaussures roses laisse tomber à ses pieds une lettre d’amour, Nasser décide de vivre le moment présent et d’aller jusqu’au bout pour conquérir sa liberté.

 

Un beau roman qui mérite d’être lu en raison de son sujet même si je n’ai pas vraiment réussi à m’identifier aux personnages et à me laisser totalement emporter par l’histoire. Les droits des femmes et la liberté des individus sont encore trop souvent bafoués par les fondamentalistes religieux et on ne le dénoncera jamais assez ! Il n’y a qu’à voir ce qui se passe au Pakistan en ce moment… et on pourrait parler de bien d’autres pays, malheureusement.

Quelques extraits :

« Je me suis tourné vers sa bibliothèque, remplie d’ouvrages venus des quatre coins du monde. Comme moi, elle vivait au travers de ses lectures ; ces pages écrites dans des pays lointains étaient son oxygène, sa nourriture. Nous vivions par procuration. Que faisons-nous là ? J’avais l’impression que les étagères allaient se renverser sur nous, comme pour nous chasser de la pièce, comme pour dire : « La vie se passe dehors. » Les livres étaient notre seul moyen d’évasion. Si seulement ils pouvaient déployer leurs couvertures et nous transporter là où nous voulions être, là où nous pourrions vivre ensemble et accomplir nos rêves ! » p.244

« Nasser, y a-t-il vraiment quelque chose en moi qui pousse les hommes vers le mal ? Pourquoi devrais-je m’inquiéter de l’enfer ou du paradis qui les attend, pourquoi serait-ce à moi de payer le prix de leur faiblesse ? Je ne suis qu’une femme qui voudrait mener sa vie librement. » p.247

L’avis de Keisha.

Merci à Suzanne de Chezlesfilles pour l’envoi de ce livre.

ADDONIA, Sulaiman, Les amants de la mer rouge, Flammarion, 2009.

11 réflexions sur « « Les amants de la mer rouge » de Sulaiman Addonia »

  1. Toujours pas intéressée … plutôt l’impression que l’auteur a mis dans ce livre tous les ingrédients (amour, violence, droits de l’homme bafoués) pour faire de ce roman un livre à sensations. Mais je me trompe peut-être …

  2. @Keisha : c’est vrai que par certains côtés, ça ressemble à un régime totalitaire.
    @Mère de la Mule : c’est grâce à Aifelle que j’ai fait connaissance de ton blog.
    @Anne : mon préféré sur ce sujet, c’est « Mille soleils splendide » de Khaled Hosseini. J’ai beaucoup pensé à ce livre en lisant « Les amants de la mer rouge ». @Aifelle : je suis d’accord avec toi !
    @Florinette : ce n’est effectivement pas une lecture « prioritaire ».
    @Leiloona : je ne trouve pas. Il manque juste quelque chose pour être transporté par l’histoire !

  3. Je viens de le terminer et je me demande si ce qui nous manque n’est justement pas le vécu en fait. Si le côté romance nous semble surfait, c’est peut-être aussi parce que nous ne vivons pas selon les mêmes codes. Je vais y réfléchir d’ici mon billet de demain.

  4. Je lis un livre beaucoup plus léger envoyé par Chez les filles , une relation épistolaire entre une libraire milanaise et son amour de jeunesse devenu architecte à New York. L’histoire me plait beaucoup.
    Le sujet abordé par Les amants de la mer rouge ne peut laisser indifférent. A propos de la condition des femmes, un livre sur l’inde vient de rejoindre ma déjà gigantesque PAL qui commence à ressembler à la tour de Pise (Une vie moins ordinaire de Baby Halder)
    Bon week end.

  5. comme je disais, je pense qu’en qualité de lectrice occidentale, ce roman a le mérite d’être lu, histoire que l’on n’oublie pas ce qui se passe dans ces pays! un roman à sensibilisation???

La parole est à vous !

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