Les âmes englouties – Susanne Jansson

Afin d’effectuer des prélèvements pour sa thèse de biologie portant sur l’influence du réchauffement climatique sur le processus de décomposition dans les tourbières, Nathalie quitte temporairement Göteborg pour retourner dans la tourbière de son enfance. Plusieurs drames ont eu lieu dans cette région suédoise humide, boisée et reculée. L’un d’entre eux a contraint la jeune femme à quitter les lieux. Elle était alors enfant et n’y avait jamais remis les pieds jusqu’ici.

Installée dans une petite maison en bordure de forêt, Nathalie se comporte comme si elle ne connaissait ni l’endroit ni les personnes. L’atmosphère est très particulière. En raison du lieu d’abord mais aussi et surtout ce qui s’y passe. Des disparitions, des cadavres qui surgissent de la terre, des tombes, des secrets. Selon une légende, des offrandes aux Dieux et des sacrifices étaient pratiqués dans cette tourbière. Susanne Jansson, dont c’est le premier roman, entretient un climat d’angoisse dont il semble impossible de se dépêtrer.

Un nouvel évènement survient et relance le travail d’enquête de la police. L’artiste et photographe judicaire Maya s’intéresse particulièrement à cette affaire. Elle interroge les habitants de la tourbière. Goran par exemple, est persuadé que l’endroit est peuplé de revenants. Surprenant pour un ancien prof de physique ! Il a écrit de nombreux articles sur le sujet et tenté d’alerter la police à plusieurs reprises.

Du début à la fin, le lecteur se demande où l’auteur veut l’embarquer. Le dénouement confirmera-t-il l’hypothèse de Goran ? Cette incursion dans le surnaturel n’est pas du tout ma tasse de thé. Les âmes englouties n’en reste pas moins une lecture agréable dans laquelle le suspense est habillement entretenu. Le personnage de Maya est particulièrement intéressant, son travail d’artiste notamment mais aussi sa volonté d’éclaircir le mystère qui plane autour de la tourbière. D’autres sont moins fouillés, peut-être pas suffisamment exploités. Espérons que l’auteur corrigera ces petits « défauts » dans ses prochains romans. Il me semble en tous cas que Susanne Jansson est une nouvelle voix du polar scandinave à suivre, histoire de voir si son talent se confirme !

JANSSON, Susanne, Les âmes englouties, Presses de la cité, 2019.

16 réflexions sur « Les âmes englouties – Susanne Jansson »

    1. J’ai lu le livre il y a un moment aussi et curieusement je m’en souviens assez bien. Sans doute le contexte inhabituel dans lequel il se déroule…

  1. Tous les billets que je lis sur ce roman (qui me tente) concluent dans le même sens : sympa mais rien d’exceptionnel. Je le note quand même en réserve pour quand j’aurai envie d’une lecture détente.

  2. J’ai trouvé la fin un peu trop rapide, mais ça reste un bon polar d’ambiance, même si la couverture fait plus peur que le livre !

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