Les brasseurs de la ville – Evains Wêche

Les brasseurs de la ville Evains Weche

Port-au-Prince. Son extrême misère. Ses habitants qui luttent jours après jours pour trouver de quoi se nourrir. Ses hommes et ses femmes qui vivent dans des logements de fortune. Sa corruption. Ses riches qui côtoient les pauvres. C’est tout cela que raconte Evains Wêche à travers l’histoire d’une famille haïtienne comme tant d’autres.

Elle est marchande ambulante de serviettes ou repasseuse chez les hommes célibataires à qui elle vend de temps en temps son corps pour gagner quelques pièces de plus. Il s’use sur les chantiers. Ils se connaissent depuis l’enfance et ont eu cinq enfants ensemble. Cinq bouches à nourrir.

L’aînée, Babette, est la source de tous leurs espoirs : elle a obtenu un diplôme à l’école et elle est belle. Monsieur Erickson, un homme bien plus âgé qu’elle, riche et marié, tombe sous son charme. Pour obtenir la fille, il n’hésite pas à faire preuve de générosité auprès des parents. Comment refuser quand on vit dans une misère si profonde ?

Les voix du père et de la mère s’entremêlent pour narrer une longue descente aux enfers. Le poids de la culpabilité est énorme. La famille n’a plus faim et dort dans un endroit décent mais les relations entre les différents membres se délitent depuis que Babette est devenue l’objet sexuel de Monsieur Erickson.

Premier roman d’Evains Wêche, Les brasseurs de la ville brosse un portrait terrible de la vie en Haïti. Le lecteur est plongé dans une misère profonde, dans un univers de lutte permanente de la vie contre la mort.

Malgré ce sujet intéressant et une écriture maîtrisée, je n’ai pas vraiment réussi à adhérer au roman. Le mélange des voix et les fréquents passages de le première à la deuxième personne du singulier m’ont quelque peu gênée. J’ai dû faire un effort à plusieurs reprises pour savoir si le narrateur était le père ou la mère. Ajoutez à cela une lecture morcelée et une fatigue importante et vous comprendrez sans doute pourquoi j’ai refermé le livre en me disant que je suis peut-être passée à côté de quelque chose.

WECHE, Evains, Les brasseurs de la ville, Philippe Rey, 2016.

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6 réflexions sur « Les brasseurs de la ville – Evains Wêche »

    1. Oui, j’ai l’impression que c’est pour cette raison que je suis passée à côté de celui-ci. Je suis d’autant plus déçue que le sujet m’intéresse.

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