Les choses humaines – Karine Tuil

Comment parler de ce roman sans trop en dire ? Je vais essayer de ne pas faire comme la quatrième de couverture tout en vous donnant quand même envie de le découvrir. Les thèmes abordés sont nombreux : l’ambition, le pouvoir,  la sexualité, les liens du sang, l’image que l’on entretient devant les autres. A travers la trajectoire d’une famille, celle du célèbre journaliste Jean Farel, Karine Tuil montre comment une vie peut basculer du jour au lendemain. Les Farel se trouvent confrontés à la justice et les certitudes de ce couple de pouvoir et de leur fils volent en éclats. Celles du lecteurs aussi. Ce dernier est renvoyé à ses propres contradictions et ne sait plus quoi penser de ce qui se joue devant ses yeux, au tribunal. La parole est donné à l’accusé et cela ne facilite pas la tâche…

Qui dit vrai ? Qui dit faux ? Peut-on prendre le risque d’envoyer un innocent en prison ? De laisser un coupable impuni ? Et la victime ? Est-elle entièrement victime ?

Au fil des pages, on déteste certains personnages puis on leur trouve des excuses. Même à jean Farel, ce journaliste qui ne veut pas laisser sa place à l’écran malgré son âge avancé, collectionne les femmes et se révèle prêt à tout pour briller en société. C’est un personnage détestable auquel la première partie du roman est consacrée. J’ai d’ailleurs trouvé le descriptif de sa vie un peu trop long, sans doute parce que j’ai lu la quatrième de couverture et que j’attendais un évènement qui arrive finalement assez tardivement. J’ai par contre dévoré les deux dernières parties, passant d’un point de vue à un autre, influencée par les mots que Karine Tuil prête à chacun des protagonistes de cette histoire. J’ai refermé le roman la tête pleine de questions. L’auteur est vraiment très forte pour interroger le monde contemporain et la justice. Je la découvre avec ce titre et je ne vais pas m’arrêter là.

TUIL, Karine, Les choses humaines, Gallimard, 2019.

14 réflexions sur « Les choses humaines – Karine Tuil »

  1. Comment ne pas trop en dire ? C’est bien d’avoir essayé mais ce livre est partout et sans le lire, on connaît déjà toute l’histoire 😉 donc je passerai directement à autre chose. D’autant plus que sur le sujet, j’avais déjà lu « les carcérale » de Magali Wiener. En tout cas, merci pour le bel effort, car c’est vrai que tu as su maintenir le secet.

    1. Je crois qu’il faut vraiment se laisser tenter. C’est un roman qui fait réfléchir et qui est très fort du point de vue de l’écriture.

  2. On en parle pas mal de ce livre et de cette auteur . Je ne sais pas , peut être un jour…le côté procès me freine un peu à vrai dire.
    Le souci des quatrièmes de couverture est toujours le même, donner envie sans en dire trop ni trahir le livre.

    1. Là c’est clairement de la trahison !
      Le procès, c’est justement ce qui est intéressant dans ce livre et met le lecteur face à ses contradictions.

La parole est à vous !