Les Demeurées – Jeanne Benameur

« Les demeurées », c’est comme ça qu’on apelle Luce et La Varienne, sa mère, au village. On les traite aussi parfois d’abruties.

La Varienne est analphabète et muette. Ce n’est pas dit explicitement dans le texte mais on le comprend. Elle ne dit pas un mot et sort parfois quelques sons venus du plus profond d’elle même dans les moments où ses sentiments sont à fleur de peau. Elle vit repliée dans sa maison et ne voit jamais personne exepté pour son travail de bonne dans une habitation voisine.

Luce est en âge d’aller à l’école et Mademoiselle Solange, la maîtresse, veut absolument la faire accéder au savoir. Le premier jour de classe est un véritable déchirement pour La Varienne. Elle suit sa fille à distance comme un chien abandonné. La mère et l’enfant n’ont jamais été séparées. Très vite, Luce comprend qu’apprendre est une menace pour la relation fusionnelle qu’elle entretient avec sa mère. Et cela va aller loin, très loin…

On retrouve dans Les demeurées le style très épuré de Jeanne Benameur. Les mots sont utilisés avec économie mais cela n’empêche pas les émotions de transparaître, bien au contraire. La misère décrite dans le roman fait mal au coeur. Comment peut-on vivre en dehors du monde à ce point ? Luce et sa mère ne semblent même pas souffrir des moqueries, c’est assez surprenant…

Le dénouement, à l’image du livre, est à la fois beau et tragique. Et pour cette raison, Les demeurées n’est pas pour moi un coup de coeur. Quand la lumière vient du plus profond de la douleur, c’est beau mais c’est aussi terriblement cruel…

BENAMEUR, Jeanne, Les demeurées, Folio, 1999.

16 pensées sur “Les Demeurées – Jeanne Benameur”

  1. @Aifelle : je l’ai découverte par ses livres jeunesse et j’aime beaucoup aussi ses textes pour adultes. @Keisha : maudite PAL !
    @Leiloona : pas pour moi car j’ai toujours du mal avec les livres où il est question de souffrance.

  2. Pour moi ce fut un enorme coup de coeur! Lu apres Laver les ombres, j ai adore; car au dela de la souffrance ce sont les mots qui me happent …
    Tu aimeras sans doute plus Present? ; je n en ai pas parle sur mon blog mais ce fut aussi un coup de coeur!

  3. J’avais beaucoup beaucoup aimé ce livre. Je trouve que la fin correspond bien à l’histoire et nous permet de nous interroger de ce qui est nécessaire pour vivre … Ce qu’estime les autres, où ce dont on a besoin soi-même ?

La parole est à vous !

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