Les grandes et les petites choses – Rachel Khan

les grandes et les petites choses

Nina Gary, 18 ans, est étudiante en droit à Assas, la célèbre université parisienne. Elle habite avec ses parents, son frère et son grand-père dans le 20ème arrondissement. D’origine juive par sa mère et africaine par son père, elle a une identité plurielle. A la maison, le français, l’anglais, l’arabe, le wolof et l’hébreu se mélangent au gré des conversations.

La mère de Nina est née en 1940. Elle ne doit sa survie qu’au fait d’avoir été cachée pendant la guerre. Toute sa famille est morte en déportation, excepté Yoram, le grand-père de Nina. Ce dernier est proche de sa petite fille et lui transmet la culture juive.

Le père de Nina a quitté l’Afrique de l’Ouest après la décolonisation pour venir vivre en France. Il est professeur d’anglais et a une passion dévorante pour les définitions et la précision du vocabulaire. Il a d’ailleurs rencontré sa femme dans une librairie.

Petite, Nina aurait aimé faire de la danse classique mais sa prof, après lui avoir demandé pendant des mois et des mois de rentrer ses fesses, a fini par lui dire qu’elle n’avait pas le profil. Sa morphologie n’était pas en harmonie avec celle des autres alors que c’est un élément primordial pour former un corps de ballet.

A Assas, Nina se sent en décalage par rapport aux autres étudiants. L’image qu’ils ont d’elle ne correspond pas à la réalité. Un de ses professeurs est persuadé qu’elle est seule et que ses parents vivent en Afrique. Lors d’une soirée, on attend d’elle qu’elle se déchaîne sur un morceau de hip-hop alors que ce n’est pas vraiment son type de musique. Ce sont deux exemples parmi tant d’autres.

En pleine quête identitaire, Nina a l’impression de devoir choisir entre son père et sa mère, entre l’Afrique et la judéité, entre la vie bourgeoise de ses camarades, la sienne et celle des banlieues. Écartelée, tiraillée, elle finit par ne plus vraiment savoir qui elle est. Même à l’athlétisme où elle court le plus vite possible vers son avenir, Nina est perdue et fait n’importe quoi. Le chemin pour se trouver est long et semé d’embûches mais la jeune femme y parvient finalement avec brio.

Nina Gary est le nom de comédienne de Rachel Khan, l’auteur. L’écrivain et la narratrice ont en commun leurs origines, leurs résultats sportifs, leur intérêt pour le droit et sans doute beaucoup d’autres choses encore. On sent le vécu dans ce roman d’apprentissage. Les problématiques évoquées ont un aspect universel. Il n’est pas nécessaire d’avoir des origines aussi plurielles pour ressentir la nécessité de se chercher et de trouver sa place avant de passer à l’âge adulte.

Le seul petit reproche que je ferais à ce roman est son manque d’approfondissement. Certains personnages  auraient mérité d’être un peu plus fouillés et quelques passages développés plus longuement. Cela ne m’a pas empêchée de dévorer Les grandes et les petits choses et d’être touchée par la trajectoire de Nina.

KHAN, Rachel, Les grandes et les petites choses, Éditions Anne Carrière, 2016.

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16 pensées sur “Les grandes et les petites choses – Rachel Khan”

    1. Je ne savais pas, je vais aller lire son avis alors. Ce livre n’est pas un indispensable mais il mérite vraiment d’été lu.

  1. Je suis comme toi, assez partagée, j’ai beaucoup aimé, et en même temps quelque chose m’a retenu, le style… une certaine légèreté qui empêche l’émotion, je ne sais pas. Cela dit c’est un livre qui reste en mémoire.

    1. Ce n’est pas un indispensable mais il fait tout de même partie des romans que j’ai appréciés. À toi de voir….

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