Les morues – Titiou Lecoq

Trentenaires féministes et un peu en décalage avec notre société, Alice, Gabrielle, Fred et Ema forment la bande des morues. Le roman s’ouvre sur l’enterrement de Charlotte, l’amie d’enfance d’Ema. Charlotte vivait en couple avec tout-mou, possédait un bel appart’, avait des projets, un super job, etc. Et pourtant, elle s’est suicidée. Enfin ça, c’est ce que tout le monde croit. Ema, elle, n’est pas du tout de cet avis. Charlotte travaillait sur la privatisation des services publics et semblait être au courant d’un certain nombre de scandales et autres délits d’initiés qu’elle était prête à dénoncés.

Ema décide de mener une enquête pour en savoir plus et demande de l’aide à Fred. Journaliste spécialisée dans la culture et le people, elle ne comprend pas grand choses aux problèmes économiques complexes sur lesquels travaillait Charlotte. La RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), pour elle, c’est du chinois. Pour Fred, ce n’est pas simple non plus mais disons qu’il y voit un peu plus clair qu’elle…

En parallèle de cette enquête, le lecteur suit les interrogations d’Ema la déjantée sur sa relation de couple avec Blester et les prises de position de Fred sur notre société de consommation dans laquelle les êtres humains sont en perpétuelle compétition les uns par rapport aux autres. Gabrielle et Alice tiennent une place secondaire mais néanmoins importante dans la bande des morues. Ces quatre excentriques se réunissent régulièrement pour établir une charte sur les rapports hommes-femmes et pour discuter de leurs problèmes personnels.

Si Les morues se lit avec plaisir, il est tout de même dommage que certains passages soient invraisemblables. Attention Spoiler ! Par exemple, je n’ai pas compris, malgrè le semblant d’explications psychologiques, comment Ema pouvait passer quasiment du jour au lendemain de relations sexuelles basées sur le sado-masochisme à une vie de couple plus que pépère où l’amour ne se fait plus que dans un lit. De même, les révélations aussi soudaines que confuses de Gabrielle sur sa double vie de petite amie d’homme politique et de prostituée m’ont paru peu plausibles. Et que dire du dénouement et de la responsabilité d’Antoine dans la mort de Charlotte ?

A trop vouloir jouer avec l’extravagance et l’effet de surprise, Titiou Lecoq entretient l’espoir du lecteur pour finalement le décevoir. Dommage car les personnages sont malgrè tout attachants.

LECOQ, Titiou, Les morues, Au Diable Vauvert, 2011.

7 pensées sur “Les morues – Titiou Lecoq”

  1. Je viens de lire ton billet et je suis tout à fait d’accord avec toi. Je l’ai lu cet été au Portugal et j’ai écrit ce billet depuis longtemps. En lisant le tien, je me suis aperçue que j’avais complétement oublié cette histoire de blog.

La parole est à vous !

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