Les oubliés de Prémontré – Jean-Denis Pendanx et Stéphane Piatszek

Septembre 1914. Environ 1300 malades sont hébergés à l’asile de Prémontré dans l’Aisne, près de Soissons. A l’approche de l’armée prussienne, qui fait route vers Paris, le directeur, le médecin-chef adjoint et d’autres prennent la fuite. Seul André Letombe, l’économe, ainsi que quelques gardiens et religieuses restent fidèles au poste. Letombe remue ciel et terre pour obtenir  de l’aide mais Pémontré est loin d’être une priorité pour les autorités. Les fous, qui s’en soucie ?

Le jeune Clément, qui vient de se faire embaucher, découvre la vie à l’asile et seconde l’économe. Sous la tutelle de l’armée prussienne, il faut être malin et faire attention à ce que l’on fait. André Letombe essaie de trouver des stratégies pour acheter de la nourriture malgré les prix qui flambent. L’hiver s’installe et le froid rend les conditions de vie encore plus difficile car le charbon manque. Certains malades en font les frais…

Continuer à s’occuper des oubliés de Prémontré dans ces conditions est un véritable acte de Résistance. Basé sur des faits réels, la fiction rend un bel hommage à ces hommes et ces femmes de valeur. André Letombe en est l’exemple le plus frappant. Jamais à court de ressources, il se bat jusqu’au bout, n’hésitant pas à mettre sa vie en péril. Le jeune Clément, au départ animé par des raisons que l’on ne découvrira qu’au fil des pages, joue un rôle majeur dans le scénario. C’est un personnage assez énigmatique et touchant. Un autre personnage intéressant est l’aliéniste allemand qui, bien que dans le camp ennemi, se soucie réellement des patients et apporte des connaissances médicales importantes.

Du point de vue graphique, le trait semi-réaliste de Jean-Denis Pendanx n’est pas forcément ma tasse de thé. J’ai cependant apprécié les couleurs et les reconstitutions de l’abbaye et du paysage qui l’entoure. Tout comme pour le scénario, on sent un solide travail de documentation. J’ai refermé le livre en regrettant qu’il ne soit pas un peu plus dense mais en une centaine de pages, c’est certainement difficile de faire mieux.

Les avis d’Aifelle et de Brize.

PENDANX, Jean-Denis, PIATZSEK, Christophe, Les oubliés de Prémontré, Futuropolis, 2018.

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35 réflexions sur « Les oubliés de Prémontré – Jean-Denis Pendanx et Stéphane Piatszek »

  1. Moi aussi j’aurais préféré qu’il soit plus dense, mais j’ai été contente de découvrir cette histoire, que j’ignorais totalement.

    1. J’aime beaucoup ce genre de BD. ça permet de découvrir l’histoire autrement. Je suis d’ailleurs en train d’en lire une autre sur la période des Grandes Découvertes qui est encore plus passionnante.

    1. A moins de connaître la région de Prémontré ou d’être un spécialiste de la Première Guerre, il y a peu de chance d’en entendre parler. On peut donc remercier Pendanx et Piatszek de l’avoir fait sortir de l’ombre !

    1. Je viens de regarder le lien. Effectivement, ça semble intéressant.
      Dans Prémontré, la thématique de la folie est assez secondaire. Le scénario met l’accent sur les encadrants qui font des pieds et des mains pour permettre aux malades de survivre.

La parole est à vous !