L’île aux enfants – Ariane Bois

Pauline, six ans, et sa sœur cadette Clémence font partie d’une famille très pauvre de l’île de La Réunion. Alors qu’elles remontent des seaux d’eau depuis la rivière jusqu’à leur case, elles sont enlevées et emmenées dans un foyer pour enfants tenu par des religieuses. Nous sommes dans les années 1960 et à cette époque là, la France veut repeupler les campagnes désertées. Comme deux milles petits réunionnais, Pauline et Clémence sont séparées et envoyées en métropole. Le choc est rude…

Dans le roman d’Ariane Bois, la fiction se mêle à la réalité d’un scandale d’État. Nous suivons le parcours de Pauline, qui se retrouve dans la Creuse sans qu’on lui explique ce qui lui arrive. Elle n’a aucune nouvelle de ses parents puis de sa sœur. Le traumatisme est terrible pour la fillette qui habite dans un premier temps dans une ferme avec un couple de rustres. Elle est cependant un peux mieux traitée que Gaétan, son compagnon d’infortune, exilé lui aussi, et à qui on fait faire toutes les corvées jusqu’à épuisement. Le garçon dort dans la grange par tous les temps et crève de faim.

Plus tard, Pauline est adoptée par un couple aimant qui préfère lui cacher son passé. Elle grandit, devient adulte et se marie. Après une période de révolte à l’adolescence, elle préfère renier ses origines et aller de l’avant. C’est sa fille Caroline qui, des années plus tard, pose des questions, découvre le scandale des « enfants de la Creuse » et mène l’enquête à laquelle la deuxième partie du roman est consacrée.

Avant de lire L’île aux enfants, je n’avais jamais entendu parler de ce fait honteux et révoltant qui a concerné deux mille petits réunionnais entre les années 1960 et le début des années 1980. L’histoire de Pauline et de son exil forcé ne m’a pas laissée insensible. L’aspect documentaire m’a beaucoup intéressée également. Malheureusement, la narration m’a peu convaincue, surtout dans sa deuxième partie. L’enquête de Caroline, la fille de Pauline, souffre de quelques facilités. Il manque à mon sens un souffle romanesque pour donner à cette histoire toute l’attention qu’elle mérite. C’est dommage mais cela reste tout de même une lecture intéressante pour celui qui n’a jamais entendu parler des enfants volés de La Réunion.

BOIS, Ariane, L’île aux enfants, Belfond, 2019.

15 réflexions sur « L’île aux enfants – Ariane Bois »

  1. J’en ai longuement entendu parler dans une émission de radio il y a pas mal d’années .. c’était révoltant et on n’en parle toujours pas beaucoup. Vu ton avis, je vais me passer du livre.

  2. J’ai lu l’auteure pour la première fois avec Le gardien de nos frères, j’avais beaucoup aimé. Je compte bien la relire, peut-être avec celui-ci.

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