L’odeur des pommes – Mark Behr

Fin 1973. Marnus Erasmus, jeune afrikaner de 10 ans, vit dans une belle maison dominant False Bay, au Cap. Son père, militaire de haut rang, reçoit régulièrement la visite d’étrangers dont il faut cacher la véritable identité. Marnus ne comprend pas vraiment pourquoi mais il est habitué a faire ce que ses parents lui disent et il a apprit à ne pas vivre dans le pêché alors il ne dira rien. Sa mère, ex-chanteuse de talent, élève ses deux enfants -Marnus surnommé « mon petit négrillon » et Ilse, sa sœur aîné- en leur donnant la meilleure éducation possible.

Et voilà une courte citation qui donne le ton de ce qu’est la bonne éducation pour la famille Erasmus comme pour beaucoup d’autres familles afrikaners de cette époque là :

« Papa dit qu’un des problèmes, c’est que les meilleurs Noirs ont été pris par les marchands d’esclaves. Le sang qui est resté en Afrique est le sang des Noirs les plus stupides -raison pour laquelle on ne peut trouver nulle part un Noir bien éduqué. […]. L’Amérique a les noirs les plus intelligents et elle pense qu’elle peut venir apprendre à la République comment traiter les nôtres. Le monde entier fait tout pour faire croire à nous peuplades primitives que la République leur appartient en fait. » p.106

Lorsqu’il n’étudie pas, Marnus partage ses moments de jeux avec son frère de sang, Frikkie. Il est encore trop jeune pour se rendre vraiment compte de ce qui se passe autour de lui. Un jour, un général chilien venu soutenir le gouvernement de l’Apartheid vient faire un petit séjour dans la maison familiale. L’idéologie raciste se dévoile pleinement, à peine cachée derrière la morale religieuse. Marnus est le témoin muet de ce qui se passe autour de lui. Il raconte tout avec ses yeux d’enfants, sans recul, sans esprit critique.

Des années plus tard, fidèle à son père, il endosse le costume militaire et part combattre le communisme en Angola.

Derrière l’innocence du jeune héros de L’odeur des pommes, c’est toute l’horreur du régime de l’Apartheid qui est décrite. Terrifiant…

Merci à et aux éditions JC Lattès pour l’envoi de ce livre.

BEHR, Mark, L’odeur des pommes, JC Lattès,2010.

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