Marche à l’étoile – Hélène Montarde

1854, Géorgie. Billy, 15 ans, s’enfuit de la plantation de coton d’East Mill dans laquelle il est esclave. Le jeune homme n’a pas prémédité son geste. Sa grand-mère vient de mourir après lui avoir confié le secret de ses origines et remis une magnifique boucle d’oreille qui appartenait à sa mère. Billy fait tomber ce précieux trésor chez son maître. Accusé de vol, il préfère s’enfuir avant d’avoir récupéré son bien plutôt que de subir les pires sévisses. Commence alors une longue marche vers le Nord des États-Unis avec pour objectif le Canada. 

Pourchassé par un chasseur d’esclaves, sa capture mise à prix, Billy doit être prudent. Il marche jusqu’à épuisement, privilégiant la forêt, la montagne et les endroits peu peuplés. Il s’aperçoit très vite qu’il a bien moins à craindre de la nuit et de ses éventuels dangers que du jour. Le lecteur est tenu en haleine, tremblant de peur à chaque instant pour lui. Que se passerait-il s’il était retrouvé ? Ce passage où, caché, il entend au loin le bruit des fers de dizaines et de dizaines d’esclaves en marche vers le Sud puis, les voit passer sous ses yeux, est terrible…

Sur sa route, Billy reçoit de l’aide. Celle d’une esclave qui lui donne à manger et un manteau. Celle des indiens. Il suit leurs pistes grâce à des indices que seuls les initiés peuvent connaître. Celle d’un homme qui le trouve quasiment mort de froid et d’épuisement dans la neige. Celle des Quakers pour qui tous les hommes sont égaux et l’aide envers son prochain un devoir. Billy emprunte alors l’underground rail road, ce réseau qui lui permet de se cacher de maisons en maisons et d’organiser sa fuite dans la direction voulue. Il fait aussi de mauvais rencontres, forcément, mais elles sont finalement assez minoritaires.

Le roman pourrait s’arrêter là et il serait déjà très fort. Mais Hélène Montarde a su lui donner une dimension plus profonde encore en mettant en scène un des descendants de Billy dans la deuxième partie du texte. Je n’en dirai pas plus mais c’est très intéressant car cela permet de découvrir un autre aspect de l’histoire de cet homme et de développer une vision plus distanciée de l’esclavage et de ses conséquences. Véritable cours d’histoire, Marche à l’étoile est un roman à lire absolument, dès la quatrième.

MONTARDE, Hélène, Marche à l’étoile, Rageot, 2017.

9 réflexions sur « Marche à l’étoile – Hélène Montarde »

  1. Tu en parles drôlement bien ! J’ai demande Underground Railroad aux matchs PM, je l’attends, mais depuis que j’ai lu La dernière fugitive récemment, je croise plein de livres sur ce sujet (je te le conseille d’ailleurs si tu ne l’as pas lu, même si ce n’est pas le sujet principal du livre).

    1. Merci pour le conseil ! Je vais également recevoir Underground railroad. Deux romans sur le même thématique en si peu de temps, c’est rare. J’espère qu’il me plaira autant !

    1. Je rougis derrière mon écran. Tu es la deuxième à me faire cette remarque et du coup, je viens de me relire pour voir ce qu’il a de si bien ce billet ! En tous cas, j’espère qu’il contribuera à faire découvrir ce roman qui le mérite vraiment.

La parole est à vous !