Mémé – Philippe Torreton

Mémé, c’est un mot qui n’est presque plus utilisé aujourd’hui. C’est pourtant comme cela que le comédien et acteur Philippe Torreton appelait sa grand-mère maternelle. A plus de quarante ans, il dresse à travers ce texte le portrait tendre et émouvant de celle qui était au centre de son enfance.

Née pendant la Première Guerre mondiale dans la campagne haut-normande, sa mémé a passé sa vie à travailler, ou plutôt à trimer comme on dit en argot. Une vache, quelques poules, des lapins, un jardin : son quotidien était simple mais difficile. La vie ne lui a pas beaucoup souri. Un père et un frère morts pendant la Seconde Guerre mondiale. Deux maris décédés à sept ans d’intervalle. Et une famille à nourrir. Malgré tout cela, Mémé était forte comme un roc et ne s’apitoyait pas sur son sort. Elle ne s’arrêtait jamais de travailler, ne perdait pas de temps en futilités, utilisait tout jusqu’à la corde et ne jetait jamais rien. La société de consommation n’est jamais vraiment entrée dans sa maison d’ailleurs. Son bonheur ne résidait pas dans le matériel si bien qu’il était difficile de trouver une idée de cadeau pour elle à Noël ou pour son anniversaire.

Philippe Torreton se souvient de tous les moments de bonheur simples passés en sa compagnie mais surtout de tout ce qui fait ses racines, de tout ce qui fait ce qu’il est aujourd’hui. Ses mots vont droit au coeur et en lisant son texte, le lecteur retrouve la mémé de son enfance.

J’aimerais vraiment avoir le talent de l’auteur pour rendre un aussi bel hommage à Ma mémé. Celle qui a toujours répondu présente pour ses enfants et ses petits-enfants. Celle qui ne parlait pas beaucoup mais qui, en deux ou trois phrases, savait donner un conseil ou consoler. Celle qui avait toujours des gâteaux dans son buffet et un coca au frais au cas où on lui rendrait visite. A tel point que, quelques jours après sa mort, je suis allée chez elle, j’ai ouvert le frigo et j’ai trouvé cette fameuse canette rouge. Par réflexe, je l’ai ouverte et je me suis assise à la table de la cuisine comme je le faisais toujours. Sauf que cette fois-ci, il n’y avait personne en face de moi…

Je m’égare un peu mais vous l’aurez compris, ce livre m’a vraiment touchée. Parce que la mémé de Philippe Torreton habitait dans la région de mon enfance, parce que j’ai retrouvé des mots, le mode de vie, les lieux et les façons de penser qui ont été les miens ou ceux de ma famille pendant tant d’années. Mais aussi et surtout parce qu’à travers ses mots, j’ai retrouvé ma grand-mère.

TORRETON, Philippe, Mémé, L’Iconoclaste, 2014.

11 pensées sur “Mémé – Philippe Torreton”

  1. J’ai vraiment retrouvé ma grand-mère dans ce texte. Et je crois que sa
    force, c’est que tout le monde peut y retrouver plus ou moins la sienne.

  2. Tu sais que je l’ai vu lundi, quand il en parle, il fait revivre tout un monde que nous avons plus ou moins connu, surtout en Normandie, les expressions nous sont familières. Il est passionnant à écouter et le public lui était acquis. Il faut dire qu’il y avait pas mal de gens qui l’avaient connu enfant lorsque sa mère était instit. à Grand ou Petit Quevilly.

  3. Je l’avais repéré ce livre. Moi, ma mémé je l’appelais comme ça, et ma mère se fait appeler comme ça aussi par mon fils, parce que c’est une évidence pour elle, et pour moi aussi d’ailleurs. Ma mémé à moi était alsacienne et je pense que le livre de Torreton va parler à beaucoup d’entre nous, moi la première.

La parole est à vous !

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