Otages intimes – Jeanne Benameur

Étienne, photographe de guerre, s’est fait enlevé en pleine rue alors qu’il s’était arrêté un instant, attiré ou plutôt aimanté par l’attitude d’une femme. Elle tentait de fuir l’horreur avec sa famille dans un pays à feu et à sang. Son visage restera à jamais gravé dans sa mémoire. Le roman s’ouvre sur la libération d’Étienne et son retour parmi les siens.

Comment se reconstruire après avoir vécu l’humiliation, la faim et la peur de mourir à chaque seconde ? Les phrases de Jeanne Benameur, courtes, hachées, décrivent l’abîme dans lequel Étienne se trouve plongé. Les mots sont des refuges pour tenter de survivre.

Étienne a toujours été attiré par les pays en guerre. Informer, témoigner, c’est ce qui l’intéresse plus que tout. Peu importe le danger encouru. Emma, son amie, ne supportait plus de vivre avec la peur au ventre à chacun de ses départs. Il n’a pas su la retenir. Les mots ne sont pas venus. Pourquoi ?

A la campagne, chez sa mère, Étienne retrouve son ami d’enfance Enzo. L’homme est un taiseux qui exprime dans le travail du bois ce qu’il ne peut pas dire avec des mots. Jofranda, avocate à la Haye, faisait aussi partie du trio quand ils étaient enfants. Aujourd’hui, elle défend des femmes ayant vécu des atrocités dans les pays en guerre. Réussir à les faire parler c’est se donner une chance de faire condamner les bourreaux. Pour quelques jours, elle rejoint Étienne et Enzo.

Chacun des personnages s’interroge sur sa part d’otage, sur la force obscure tapie au plus profond de lui. Qu’est-ce qui détermine nos choix de vie ? Qu’est ce qui nous anime ou nous condamne ?

C’est une réflexion existentielle que propose Jeanne Benameur à travers ce roman. Comme souvent avec cet auteur, j’ai été happée du début à la fin, j’ai relu certains passages, certaines phrases et j’ai refermé le livre en sachant qu’il me faudra le relire.

Isabelle : « Les mots sont incroyablement forts. Au plus proche des émotions, de l’intime« .

Noukette : « Otages intimes est le livre que j’attendais… Au plus près de l’auteur, je l’ai reçu comme un cadeau, dans ma chair, dans mes tripes… Somptueux« .

Laure : c’est « un texte d’une beauté mélancolique et bouleversante« .

Leiloona : « Chaque phrase entre en résonance avec son lecteur qui a alors l’agréable sensation de toucher du doigt l’essentiel de la vie« .

Framboise : « ce roman est un véritable coup de coeur« .

Jérôme : Jeanne Benameur  » touche à l’intime avec une pudeur et une simplicité bouleversantes, avec une économie de moyens et d’effets qui donne à chaque mot une résonance unique« .

BENAMEUR, Jeanne, Otages intimes, Actes Sud, 2015.

21 pensées sur “Otages intimes – Jeanne Benameur”

  1. Ton billet me fait très envie et je pense que ce sera le prochain achat « rentrée littéraire » pour moi! (même si je vais essayer d’attendre d’avoir lu le Martinez

  2. Le premier noté dans ma LAL de la rentrée, je suis une fidèle de l’auteur et je le resterais ;0) Je rajoute ton lien avec les autres dans vos billets tentateurs. J’espère que tu as bien repris, je te souhaite un bel automne et un beau mois de septembre, gros bisous

La parole est à vous !

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