Blog en pause

Un long week-end ici…

… et quelques petits travaux à la maison.

« De manière à connaître le jour et l’heure » de Nicolas Cauchy

Dimanche 21 juin: Jean, homme d’affaire à la réussite sociale éclatante, fête son anniversaire avec sa femme, Sophie, ses enfants et ses petits-enfants. Gabriel, un vieil ami, débarque au moment du repas en se faisant passer pour un coursier. Seuls Sophie et Jean savent réellement de qui il s’agit mais ils n’en disent rien.

Samedi 27 juin : toute la famille est à nouveau réunie. Cette fois, c’est pour l’inhumation de Jean…

Chacun leur tour, Gabriel, Sophie et les enfants vont expliquer leur ressenti par rapport à cet évènement tragique mais aussi par rapport à tous les faux semblants, les jalousies, les histoires qui hantent cette famille bourgeoise en apparence si unie.

                                  

J’ai emprunté ce livre à la médiathèque suite à des critiques enthousiastes sur la blogosphère. J’ai bien aimé, mais sans plus. L’histoire est sympa mais je n’ai pas trop accroché car je trouve que l’auteur n’est pas allé au fond des choses. A mon avis, les sentiments de certains personnages mériteraient d’être plus fouillés. C’est tout de même une lecture agréable. L’analyse de relations entre les différents membres de la famille est intéressante : rapports d’influence, mariages de convenances, tromperies, mal être… Par certains aspects, ce livre m’a fait pensé à certains romans de Jean-Philippe Blondel.

De manière à connaître le jour est l’heure fait partie des coups de cœur de Clochette

CAUCHY, Nicolas, De manière à connaître le jour et l’heure, Robert Laffont, 20007.

Rencontre avec Marcus Malte

La semaine dernière, « mes » élèves ont rencontré Marcus Malte. Son livre L’échelle de Glasgow fait partie de la sélection du prix des dévoreurs de livres organisé dans le département de l’Eure.

Voici un petit compte-rendu de cette rencontre.

L’inspiration et le travail d’écriture :
Marcus Malte ne croit pas à l’inspiration. L’écriture, c’est plutôt du travail pour lui. L’élément déclencheur, c’est tout simplement la première phrase du livre. Elle doit bien sonner au niveau musical. Il ne sait pas où cette phrase va l’emmener mais ce qui est important, c’est qu’elle sonne juste. Il écrit à l’oreille en quelque sorte. Le sens vient après. L’histoire se dévoile petit à petit, l’idée globale germe et le travail sur la structure devient nécessaire.

Marcus malte se met dans la peau de chaque personnage pour écrire. Il pense qu’il y a une certaine par de schizophrénie chez les écrivains. En tous cas, lui n’est plus le même quand il écrit et c’est tant mieux car il se demande parfois comment il a pu écrire des choses pareilles.

En règle générale, il ne s’inspire pas d’évènements réels pour écrire ses romans. Parfois, il transforme la réalité. Pour L’échelle de Glasgow, l’idée du guitariste qui ne peut plus jouer en raison d’une maladie lui est venue de l’histoire vraie de Jason Becker, guitariste de métal atteint d’une sclérose latérale amyotrophique, qui ne peut plus marcher ni parler. Les noms des deux héros, Astro Man et Catfish, correspondent à deux titres de chansons de Jimmy Hendrix.

L’angoisse de la page blanche :
Marcus Malte a besoin d’écrire régulièrement. Il écrit assez lentement et est angoissé quand il n’a pas de travail en cours. Il pense qu’il faut une certaine part d’innocence, d’insouciance, d’inconscience par rapport aux autres livres déjà écrits par de bons auteurs pour se lancer dans l’écriture.

Le métier d’écrivain :
Marcus Malte vit de son métier d’écrivain mais aussi des rencontres avec les lecteurs et des ateliers d’écriture. Pendant longtemps, il a fait d’autres métiers et ne sait pas si la situation actuelle va pouvoir durer. Il a fallu 7 ou 8 ans entre l’écriture de son premier roman et sa publication. Comme tout le monde, il dit qu’il faut un immense coup de chance pour être édité quand on ne connaît personne dans le milieu.

Au départ, il écrivait des livres pour adultes, surtout des polars et des romans noirs. Il a aussi écrit des albums et des romans pour la jeunesse. Quand il était plus jeune, il écrivait des petits bouts d’histoires et des paroles de chansons. Aujourd’hui, il évite de relire ses livres car il ne voit que les défauts.

Le livre qu’il emporterait sur une île déserte :
Ce serait plutôt un carnet pour écrire !

La lecture :
Pour Marcus Malte, la lecture et l’écriture sont liées. On voit et on apprend d’autres choses en lisant. Il ne lit pas beaucoup de livres pour la jeunesse.

Pour en savoir un peu plus sur cet auteur, visitez son site !

Impossible de passer entre les mailles du filet !

On trouve ce petit « jeu » partout sur la blogosphère en ce moment. Impossible donc de passer entre les mailles du filet. C’est Delphine qui m’a taguée.

Voici les règles :   
    Ecrire le nom de la personne qui nous a tagué
    Préciser le règlement sur son blog
    Mentionner six choses sans importance sur soi
    Taguer six autres personnes en mettant leur lien
    Prévenir ces personnes sur leur blog

Attention : révélations……………….

1-J’ai peur des pigeons. Quand j’en croise un dans la rue, je me crispe et je fais un détour pour l’éviter si c’est possible. Pourquoi ? J’aime pas ces bêtes là et je crois que le livre de Patrick Suskind, Le pigeon,  y a contribué pour beaucoup.

2-Je suis devenue accro aux blogs depuis l’été dernier. Je fais attention car je ne veux pas que ça devienne maladif. J’ai créé ma page sur Netvibes très récemment pour pouvoir suivre l’actualité de mes blogs et sites favoris sans y passer trop de temps. Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous le conseille. C’est très simple d’utilisation et ça évite d’aller sur les blogs un par un pour voir ce qu’il y a de nouveau.

3-Je suis une grosse dormeuse. Il me faut 9 ou 10 heures de sommeil par nuit pour être en forme. Autant dire que c’est mission impossible quand je bosse !

4-J’aime bien les vieux meubles, notamment ceux qu’on déniche dans les brocantes, foires à tout ou salles des ventes. Je crois que c’est mon père qui m’a transmis le virus même si lui y passe beaucoup plus de temps que moi.

5-J’ai pas du tout mais alors pas du tout le sens de l’orientation. Quand on va quelque part et que je suis le copilote, c’est une vraie catastrophe. La solution serait peut être que je conduise et que Monsieur prenne la carte mais j’aime pas spécialement conduire alors…

6-Je fais beaucoup de sports, ça me permet de décompresser. Quand j’étais plus jeune, je faisais du hand-ball et j’ai même été en sport-étude au lycée. Aujourd’hui, je fais du yoga et de la natation toutes les semaines, de la course à pied de temps en temps et des randonnées l’été. J’adore me balader dans la nature, profiter du calme et découvrir de jolis paysages.

Voilà c’est fait. Je ne vais pas taguer d’autres personnes car je crois que ce petit jeu qui permet de savoir un peu plus qui se cache derrière l’écran a fait le tour !

« La mémoiré trouéé » d’Elisabeth Combres

Avril 1994 :  Emma, 4 ans, fillette d’origine Tutsi, assiste à l’assassinat de sa maman cachée derrière un fauteuil. Elle ne voit rien mais elle entend tout. Seule, elle part sur les routes comme des milliers d’autres rwandais obligés de fuir en raison du génocide. Elle trouve refuge chez une « juste », une femme hutu qui la cache et s’occupe d’elle malgré les risques.
Dix ans plus tard : Emma vit toujours chez Mukecuru, cette femme qui l’a sauvée, mais elle est renfermée sur elle même. Des cauchemars la hantent sans cesse. Petit à petit, elle se lit d’amitié avec Ndoli, un jeune tutsi à peine plus âgé qu’elle. Lui aussi est traumatisé par le génocide : pour sauver sa vie, il a dû dénoncer les siens. Depuis, sa conscience ne le laisse plus tranquille. Ensemble, Emma et Ndoli vont essayer de s’ouvrir au monde et de vivre, malgré tout.

                         

Emma, personnage principal de ce roman, ne peut laisser le lecteur insensible. Traumatisée par son passé, incapable de se souvenir du visage de sa mère, repliée sur elle même, on se demande comment elle trouve encore la force de continuer à vivre. La femme qui l’a recueillie, Mukecuru, est remarquable par sa sensibilité et sa pudeur : elle ne pose aucune question à Emma mais elle est toujours à l’écoute et sait se montrer présente quand la jeune fille traverse des crises.
Autre personnage important de ce roman, Ndoli est la figure de la culpabilité et de la folie. Sa souffrance est encore plus visible que celle d’Emma. Les villageois le jugent mal car il a provoqué la mort des siens en les dénonçant. Mais comment peut-on être coupable quand on a 7 ans et que les bourreaux vous disent « tu parles ou tu es mort » ?

Pas de sang, pas de description de massacre dans cette histoire mais plutôt de la pudeur et du ressenti. La violence vient des images qui naissent dans l’esprit du lecteur. L’auteur, Elisabeth Combres, a pris le parti de mettre en avant les traumatismes provoqués par le génocide rwandais plutôt que de choquer par des scènes de guerre. Malheureusement, on pourrait sans aucun problème transposer cette histoire  dans de nombreux pays quoi ont vécu ou vivent encore des catastrophes similaires (le Darfour par exemple, pour n’en citer qu’un…).

COMBRES, Elisabeth, La mémoire trouée, Gallimard jeunesse, 2007.

« Une vie française » de Jean-Paul Dubois

Paul Blick est le fils d’un concessionnaire Simca et d’une correctrice de presse. De la fin des années 50 au début des années 2000, il nous raconte sa vie, à Toulouse : enfance triste en raison de la mort de son frère aîné, premiers émois amoureux, études de sociologie, débuts dans la vie active, mariage avec la fille du patron, enfants, passion pour la photographie, etc.

Paul Blick est aussi un témoin parmi des millions d’autres de l’histoire de la Vème République. De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mittérand, Chirac : les mandats des présidents se succèdent mais les illusions, les désillusions et les lâchetés semblent toujours les mêmes !

                                 

Un vie française propose un va et vient sympathique entre l’histoire d’un anonyme, Paul Blick, et les moments marquants de la Vème république. Les thèmes abordés sont multiples : travail, amour, trahison, relations parents-enfants, vie de couple, crise d’identité, vieillissement, espoirs, désespoirs, etc. On passe vite du comique au tragique et du rire au larme. Jean-Paul Dubois manie l’humour et l’ironie à merveille. Bref, la lecture de ce roman a été pour moi un agréable moment !

DUBOIS, jean-Paul, Une vie française, Editions de l’olivier, 2005.

« Accès direct à la plage » de Jean-Philippe Blondel

Des gens ordinaires, qui ont pour seul point commun de passer leurs vacances dans des locations au bord de la mer, racontent leur vie, leur destin, leurs pensées du moment. Des familles, des couples, des célibataires, des jeunes et des moins jeunes se croisent sans le savoir et laissent transparaître leurs doutes, leurs hésitations, leurs errements.

                         

Même si Accès direct à la plage n’est pas mon roman préféré de Jean-Philippe Blondel, je dois dire que je me suis laissée entrainer très facilement par ce livre. Comme toujours chez cet auteur, les individus sont vrais et révèlent leurs pensées les plus profondes. L’authenticité, voilà la principale qualité de ses personnages !

BLONDEL, Jean-Philippe, Accès direct à la plage, Pocket, 2004.

« La grosse » de Françoise Lefèvre

La grosse est un livre voyageur. Après être parti du bassin d’Arcachon, il a fait un petit tour par les Côtes-d’Armor avant d’arriver en Normandie, chez moi ! C’est donc à mon tour d’écrire un petit billet sur ce merveilleux roman.

Quatrième de couverture :
Rien ne
prédestinait Céline Rabouillot à devenir garde-barrière. Elle lit des
livres, parle trois langues, comprend les enfants comme personne. Elle
accompagne un homme âgé qui a aimé les abeilles, la bonne chère et les
grands crus de Bourgogne. Mais elle est grosse, trop grosse pour les
« autres » que dérangent ses manières et ses habitudes. Et la voilà —
elle qui porte le poids de l’absence, le chagrin d’un enfant mort —
vouée à la haine sournoise de ceux qui n’acceptent la différence sous
aucune de ses manifestations.
Dans ce récit tragique, aux pages tour à tour fiévreuses et révoltées,
Françoise Lefèvre, en même temps qu’elle évoque cette cruauté par
phrases impitoyables, s’attache à révéler la somme de grâce et de
tendresse qui fait de Céline Rabouillot un être de passion, une Marie
Madeleine d’aujourd’hui.

 

A travers les souffrances de Céline, c’est toute la méchanceté de l’homme vis à vis de ses semblables  qui est mise en avant.   Celui qui est un peu différent (gros, maigre, géant, nain, handicapé…) est très souvent montré du doigt et stigmatisé. L’apparence règne, l’être intérieur importe peu. Nous vivons dans un monde cruel ! Et Françoise Lefèvre va jusqu’au bout pour dénoncer cette cruauté. Elle n’épargne aucun travers, aucune bassesse du genre humain. Tout y passe : la mère qui ne pense qu’à elle et n’est pas à l’écoute de ses enfants, le boucher avare, les employeurs qui se sentent supérieurs, les villageois jaloux qui inventent des ragots pour faire mal, etc.
Malgré tout cela, Céline reste digne, pleine d’amour et de tendresse. Quelle femme formidable !

Voici un petit extrait :
Aujourd’hui, Marie Madeleine, si on la rencontrait, on ne la reconnaîtrait pas. C’est qu’elle est au cœur de bien des femmes anonymes. Surtout anonymes. Agissant sur les frontières. Sous les bombardements. Dans les hôpitaux, hospices, crèches. Et dans l’ombre de leurs maisons ou de leurs appartements. Aujourd’hui, Marie Madeleine ne se retire pas dans une grotte. Elle accomplit sans relâche une œuvre invisible. Elle est au SMIC. Ou sans emploi. On ne dit plus au chômage, mais en « recherche d’emploi ». Elle est mal payée pour accomplir son travail d’infirmière ou d’institutrice. Elle fait des heures supplémentaires qu’on oublie de lui régler. Elle est en carte. En fiche. Son nom, ses fonctions sont entrés dans l’ordinateur.

Anne et Florinette ont également aimé cette histoire si belle mais si triste…

La grosse va maintenant prendre la direction de Rennes. J’espère qu’il voyagera encore dans de nombreuses régions car il mérite d’être connu !

LEFEVRE, Françoise, La grosse, Actes Sud, 1994.

Partez à la découverte de la Normandie sur les traces d’Arsène Lupin

Quatrième de couverture :

L’Aiguille creuse d’Etretat, les tours blanches de l’abbaye de
Jumièges, le vieux phare de Tancarville, le tombeau de Rollon sous les ruines de Thibermesnil, les îles
englouties de la Seine, les marées d’équinoxe de la-Barre-y-va….
Autant de lieux mystérieux
dont les énigmes sont percées par Arsène Lupin, dans de fascinantes
chasses aux trésors, au cœur du triangle d’or, le fameux triangle
cauchois imaginé par Maurice Leblanc.

Imaginé ? Est-ce si sûr ? Et si les aventures d’Arsène Lupin dissimulaient
un code ? Un sens secret ? La clé d’un trésor normand, bien réel celui-là ?

Le célèbre porfesseur Roland Bergton en est convaincu. Il dispose d’une
journée pour percer l’énigme, avec pour seuls indices une pièce d’or
trouvée sous les falaises, une nouvelle inachevée de Maurice Leblanc… et
l’aide d’une jeune étudiante en histoire, aussi brillante que séduisante.

Si vous n’êtes pas normand, ce roman vous donnera peut-être envie de découvrir la Seine-Maritime et le Pays de Caux  pour décoder les indices laissés par Arsène Lupin dans ces principaux écrits. Si vous l’êtes, il vous rappellera sans doute des endroits magnifiques, comme ceux ci…

Je ne me souviens pas avoir lu de romans de Maurice Leblanc alors je crois que je vais me lancer dans L’aiguille Creuse, histoire de prolonger un peu plus la balade dans cette magnifique région. Et vivement le Printemps, qu’on puisse repartir en randonnée !


BUSSI, Michel, Code Lupin, Editions PTC, 2007.

« Les glorieuses résurrections » d’Alice dekker

Un jeune médecin tient le journal de ses longs mois passés dans une maison de santé accueillant des jeunes femmes rescapées des camps de concentration. Dans un cadre sublime, au cœur des Alpes Suisses, toute une équipe tente de soigner celles qui ont vécu l’innommable et de leur redonner goût à la vie.

Mais pour le jeune médecin, cette expérience s’accompagne de nombreux doutes et remises en questions : « Pour avoir tenté d’aider des rescapées de l’enfer à voir clair en elles par-delà les souffrances et les humiliations, pour que leur vie échappe aux sanies qui la dévoraient, je n’ai pas veillé à la lumière qui éclairait ma propre vie. A lutter contre les démons des autres, j’ai laissé les miens reprendre du terrain. Me voilà face à mes poisons, meurtrissures et amertumes, mais je n’ai pas de honte à dire que l’on doit toujours se préférer lorsqu’il s’agit de combattre son intime douleur ».

Tout comme ces femmes, le jeune médecin sonde le fond de son âme pour retrouver son être intime. Petit à petit, il parcourt le chemin qui la ramène vers la lumière. Désormais, il ne sera plus le même : « Je me sens riche, plus riche que jamais de tout ce que j’ai vécu ici. Je me sens rempli de force et de confiance, comme si j’étais dépositaire d’une parcelle d’éternité ».

                                  

La première fois que j’ai entendu parler de ce livre je me suis dit que le sujet était intéressant mais que l’atmosphère devait être plombante. Bref, j’avais peur de refermer ce roman avec le cafard. Mais ça n’a pas du tout été le cas, bien au contraire ! Les glorieuses résurrections, ce titre n’a pas été choisi par hasard ! Un formidable espoir et une incroyable foi en la vie se dégagent de ces pages. C’est sans doute parce que le jeune médecin sait écouter son cœur et son être intérieur qu’il trouve autant de force en lui. Une belle leçon de vie !

Les glorieuses résurrections est le premier roman d’Alice Dekker.

Lire l’avis de Clarabel.

DEKKER, Alice, Les Glorieuses résurrections, Arléa, 2007.

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