Attention, roman original !

Christopher Boone, 15 ans, est extraordinairement fort en mathématiques pour un adolescent. Il est incapable de mentir. Il déteste certaines couleurs au point de ne pas pouvoir manger les aliments qui sont de ces couleurs. Il hurle dès que quelqu’un le touche. Il a peur dès que quelque chose de nouveau se présente à lui. Parfois, quand il n’est pas bien, il grogne.

Même si ce n’est pas dit dans le livre, on le comprend tout de suite, Christopher est autiste.

Un jour, il découvre Wellington, le caniche de sa voisine, mort assassiné d’un coup de fourche. Il décide de mener l’enquête, même si cela lui cause des ennuis et que son père n’est pas d’accord. Ce qu’il ne sait pas, c’est que tout cela va lui permettre de découvrir la face cachée de sa propre histoire.

                           

Voilà un roman vraiment original, notamment en raison de son écriture. Christopher, le narrateur du bizarre incident du chien pendant la nuit, raconte son histoire avec beaucoup de distance. Il a du mal à exprimer ses sentiments et à comprendre ceux des autres mais on ne doute pas un seul instant de la véracité de ses propos. Son regard un peu « déconnecté » permet de pointer du doigt la complexité de notre monde et des rapports humains.

Si le sujet est douloureux (Christopher est un adolescent autiste qui se sent seul et ne comprend pas bien le monde qui l’entoure), l’humour attend le lecteur à chaque coin de pages à travers des situations inattendues que le jeune homme raconte en toute neutralité, sans avoir conscience d’être drôle (désolé, je n’ai pas d’extrait à vous proposer car je n’ai plus le livre sous la main…).

On se prend d’affectation pour ce personnage qui, par certains aspects, n’est pas si différent de ce que l’on est ou de ce que l’on aimerait être… A lire donc, sans aucune hésitation !

HADDON, Mark, Le bizarre incident du chien pendant la nuit, Pocket, 2005.

Non, je n’abandonne pas ce blog !

Mon dernier post date d’un mois, mais non je ne déserte pas la blogosphère ! Le déménagement, le mariage du cousin, les vacances, la mer qui m’attire irrésistiblement, la maison qui se transforme en pension de famille… : l’emploi du temps est bien chargé. J’ai quand même le temps de lire un peu entre deux. J’ai donc quelques billets en attente… Je vais essayer de m’y remettre… Promis après le 15 aout, je serai VRAIMENT de retour !

En attendant, je tenais à remercier toutes celles (et ceux?) qui ont laissé des commentaires sympas durant ce long mois d’absence.

 

Libérée ? c’est confirmé !

Un dépêche AFP est tombée il y a vingt minutes : »L’otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, les trois otages
Américains et onze militaires colombiens ont été libérés par l’armée
colombienne, a annoncé mercredi à Bogota le ministre colombien de
l’Intérieur, Juan Manuel Santos.
« 

La fin d’un cauchemar ???? Pour l’instant, aucune confirmation de l’Elysée…

22h20 : ça y est, c’est confirmé !

L’envers du décor…

Quatrième de couverture :
« Tu vois, si tu ne travailles pas bien à l’école, tu finiras caissière comme la dame. »

« C’est dit. C’est pesé, emballé, étiqueté. Et pourtant…

Elle
s’appelle Anna, elle a vingt-huit ans, un diplôme universitaire de
littérature et huit ans d’expérience derrière une caisse de
supermarché. Une caisse qui n’entend que les codes-barres. Un métier
peu propice aux échanges, invisible, des gestes automatiques… Entre
les bips qui ponctuent ses journées, Anna aurait pu se sentir devenir
un robot si elle n’avait eu l’idée de raconter son travail. Au fil
des jours, ces menues anecdotes qui la font rire, l’agacent ou
l’émeuvent sont ses tickets de caisse à elle.

Elle vous a vu passer à
la caisse. Vous avez été des clients faciles ou des emmerdeurs, riches
ou pauvres, complexés de la consommation ou frimeurs. Vous l’avez
confondue avec une plante verte ou vous lui avez dit bonjour, vous avez
trépigné à l’ouverture du magasin ou avez été l’habitué nonchalant des
fermetures. Anna, vous l’avez draguée, méprisée, insultée.

Il ne se
passe rien dans la vie d’une caissière ?

Maintenant, prenez votre
chariot et suivez Anna jusqu’à sa caisse. Celle que vous oubliez de
voir vous a bien vu et raconte. »

Les tribulations d’une caissière est la version papier du blog d’Anna Sam que je n’ai jamais fréquenté mais dont on a beaucoup entendu parler dans les médias au moment de la sortie du livre début juin. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette caissière hôtesse de caisse (ça fait plus classe…) n’a pas sa langue dans sa poche et qu’on ne s’ennuie pas avec elle ! Un petit exemple :

« Note de service

(Pour faire suite à diverses plaintes de clients)

Vous êtes enrhumée, caissière ? Vous êtes priée de rester chez vous. Votre médecin ne veut pas vous faire d’arrêt maladie parce que votre rhume est bénin ? Peu importe, restez chez vous, sale pestiférée ! Pourquoi ? Mais parce que vous touchez les articles du client avec vos mains pleines de germes et que vous risquez à tout instant d’éternuer et de vous « moucher dans son pain » !

Vous êtes enrhumée parce que les clients n’ont pas arrêté de vous éternuer et tousser dessus ? Et alors ? Le client est roi. C’est son droit de vous donner ses microbes et de ne pas avoir envie de récupérer les vôtres.

Bonnes vacances.

Votre direction bien aimée. » (p. 132)

Derrière la rigolade, bien entendu, la société de consommation, le monde de la grande distribution et les clients (c’est -à-dire nous !) sont pointés du doigt.

SAM, Anna, Les tribulations d’une caissière, Stock, 2008.

Rendez-vous au mois d’août !

Une longue pause s’impose…. (ça rime bien non, vous ne trouvez pas ? An ! Ah ! Ah ! j’ai besoin de vacances !)
Je viens de déménager, je n’ai donc plus de connexion à Internet…

Et une fois les cartons déballés, vous me trouverez peut être dans un endroit comme celui-ci…

Rendez-vous au mois d’août !

Swap Eternel Féminin

J’ai reçu mon colis il y a une dizaine de jours déjà mais il fallait attendre aujourd’hui pour publier le billet… alors j’ai suivi les consignes de la G.O du  , j’ai nommé Anjélica ! Avant toute chose, je tiens à la remercier car organiser un swap, c’est du boulot !

Voici le contenu de mon colis !

Avant…

Et après…

  • Un CD de Camille : j’adoooooooooore Camille !
  • Magnus de Sylvie Germain, auteur que je ne connais pas mais dont on m’a dit que du bien !
  •  Le petit prince cannibale de Françoise Lefèvre, écrivain que j’aime beaucoup et que Florinette m’a fait découvrir il y a quelque temps déjà.
  • Une jolie cartes, un carnet de notes et plein de Marque-ta-page !

MILLE MERCIS à MALICE, MA SWAPPEUSE

PS : ce blog est en pilote automatique pour cause de déménagement (= plus de connexion à Internet pour le moment). Ne vous étonnez donc pas si je ne réponds pas aux commentaires ! Malheureusement, il me faudra attendre le mois d’août pour vous lire et voir le contenu des colis des autres participants de ce swap.

Une fabuleuse histoire qui se raconte depuis la nuit des temps…

Ceux qui fréquentent le blog de BelleSahi n’ont pas pu passer à côté de son enthousiasme pour chacun des livres de Morpurgo. A force de lire ses billets, j’ai fini par me laisser convaincre de découvrir cet auteur anglais. Au pays de mes histoires reste pour moi un excellent souvenir de lecture. Aujourd’hui, c’est un livre tout à fait différent (mais toujours du même auteur !) dont je vais vous parler : Beowulf.

Beowulf est un héros viking légendaire, plein de bravoure et de sagesse, dont les exploits se racontent depuis la nuit des temps, notamment dans la littérature anglaise. Un jour, alors qu’on ne lui a rien demandé, il n’hésite pas à quitter son pays avec ses hommes pour venir en aide au roi  du Danemark. En effet, les danois sont terrorisés par un monstre maléfique, nommé Grendel, qui tue tous les habitants du royaume les uns après les autres, la nuit, pour assouvir sa soif de sang. Tout au long de sa vie, Beowulf mène ainsi des combats effroyables contre les forces des ténèbres.

 

Généralement, je n’aime pas du tout les histoires de monstres, de forces du mal, de guerriers sanguinaires, etc. Mais comme Beowulf est écrit par Mr Morpurgo en personne, je me suis laissée tenter et je ne regrette pas ! Ce texte n’a rien d’extraordinaire, il raconte une histoire qui ressemble à de nombreuses autres déjà entendues à droite et à gauche, mais on se laisse vite emporter par les talents de conteur de l’auteur.

Je vote donc OUI pour Michael Morpurgo ! Soldat Peaceful est déjà dans mes bagages pour cet été et Le royaume de Kensuké suivra sans doute prochainement !

MORPURGO, Mickaël, FOREMAN, Michaël, Beowulf, Gallimard jeunesse, 2007.

Un chevalier des temps modernes

Barnabé Bouton est amoureux de la belle du village, Rosa. Oui, mais voilà Rosa a plein d’amoureux et ne fait absolument pas attention à ce paysan qui vit avec ses parents et grands parents dans une ferme sans eau chaude ni électricité. Pour tout arranger, le jeune homme n’est pas spécialement beau et a des problèmes de poids. Ce n’est pas dit comme ça dans le roman mais pour Rosa, Barnabé est un plouc !

Qu’importe, Barnabé rêve de devenir un chevalier des temps modernes pour conquérir sa belle. Et entre le rêve et la réalité, il n’y a qu’un pas que le jeune garçon n’hésite pas à franchir. Abattage d’un champ de maïs transgénique, libération d’un troupeau de veaux promis à l’abattoir ou de volailles élevées sans avoir gambadé dehors, rien n’effraie le chevalier B.

C’est bien beau tout ça mais notre chevalier se retrouve pour quelques mois en prison. A son retour, il apprend que Rosa a quitté le village, s’est fâchée avec ses parents et est partie vivre à Paris. Le choc est rude mais son amour est indestructible. La vie à la campagne continue malgré tout, avec ses joies et ses peines.  Pendant ce temps là, Rosa, « tout là-bas dans la capitale, grille sa vie, vieillit en accéléré à coups de désillusions, court court court et s’essouffle, prend des cours de théâtre, fait la queue dans les castings, se laisse séduire par des promesses un jour sur deux, se réveille avec une gueule de bois tous les quatre matins, reprend espoir et repart comme un bon petit soldat maquillé, manucuré, body-buildé« .

Le monde dans lequel vit Rosa est bien différent de celui de Barnabé. D’un côté la campagne, l’authenticité et parfois l’archaïsme. De l’autre, la ville, le règne de l’illusion et la société de consommation. Le chevalier réussira t-il à revoir un jour sa belle ? Je ne vous en dit pas plus, je ne veux pas gâcher le plaisir….

 

Chevalier B. est un roman à la fois mélancolique et drôle. Au départ, j’ai éprouvé un sentiment de malaise vis à vis de ce jeune candide dont on pourrait se moquer TRÈS facilement. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, Barnabé n’est pas bête et possède une force de caractère incroyable. Les expériences les plus douloureuses glissent sur lui. Il ne se laisse jamais abattre car son amour pour Rosa est absolu et surpasse tout. Chevalier B. est en fait un roman d’apprentissage contemporain dans lequel le lecteur pourra trouver matière à réfléchir sur notre monde.

Martine Pouchain, avec son écriture pleine de vie -parfois proche de
l’oral- et d’humour, a réussi à m’emporter dans son histoire. Pour moi, ce n’est pas un coup de cœur mais un agréable moment de lecture !

POUCHAIN, Martine, Chevalier B., Éditions Sarbacanes, 2007.

A la mémoire des disparus d’Oradour sur Glane

Rolande Causse rend hommage à travers ce court texte poétique à tous les disparus d’Oradour sur Glane tués par balles ou brulés vifs dans l’église du village le 10 juin 1944 par des SS, 4 jours après le débarquement de Normandie et le début de la libération de la France. Elle raconte avec beaucoup de pudeur les derniers instants de vie avant le drame dans ce gros bourg du Limousin : les enfants à l’école, l’épouse de l’instituteur en train de se faire couper les cheveux, l’équipe de foot réunie en ce samedi, etc. Et puis, l’horreur, l’indicible, avec l’arrivée des soldats allemands.

Les dessins à l’aquarelle de Georges Lemoine illustrent magnifiquement le texte. J’aime beaucoup la première de couverture. Elle en dit long avec, au premier plan, les bottes et le bas du corps d’un soldat allemand en uniforme tourné vers le village dont on voit l’église et les habitations en flammes en arrière plan.

Jean-François s’est rendu à Oradour. Il raconte ce qu’il a ressenti là-bas et dit d’Oradour la douleur que « c’est une parfaite réussite ».

CAUSSE, Rolande et LEMOINE, Georges, Oradour la douleur, Syros jeunesse, 2001.

« Le cadenas du marché Yéhouda » de Michaël Sebban

Quatrième de couverture :

« Depuis qu’il est de retour en Israël, Lyahou (Éli S. en hébreu) ne
cesse de voir des choses bizarres. Ce deuxième cadenas rajouté au
restaurant de son copain Avi ; ce passant qui s’effondre juste avant
l’attentat de Yaffo Street ; cette improbable arnaque immobilière à
Emek Réfaïm ; ce marchand de souvenirs qui fait un infarctus après
avoir parlé à un enfant… Certains n’y verraient que des évènements
extraordinaires. Pas Lyahou, qui ne croit pas aux hasards, mais en la
Providence… et va découvrir que tout ceci a un lien. Un secret de
famille verrouillé à double tour.

Après La Terre promise pas encore,
Lehaïm et Kotel California, Le Cadenas du marché Yéhouda est le
quatrième volet des aventures d’Eli S. Un retour aux sources pour ce
personnage haut en couleurs pilier de bar, surfeur, amateur de cigares,
d’anisette et de textes mystiques – qui semble, enfin, avoir trouvé sa
terre promise.
 »

Cette quatrième de couverture m’a beaucoup attirée alors que je n’avais jamais entendu parler de ce roman ni de son auteur. Israël, le surf, un secret de famille, un personnage principal atypique qui passe des magouilles à la synagogue, une belle première de couverture : ce livre avait tout pour me plaire ! Oui, mais voilà, j’ai été déçue et je n’ai pas réussi à accrocher. Pourquoi ? Difficile à dire mais je crois que l’intrigue manque de profondeur à mon goût et que certains personnages mériteraient d’avoir une place plus importante… 

Je n’en dirai pas plus car j’ai toujours du mal à faire un billet sur un livre qui n’a pas retenu mon attention et qui ne restera pas dans ma mémoire…

SEBBAN, Michaël, Le cadenas du marché Yéhouda, Hachette, 2008.

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