Petits moments de bonheur

Il y a quelques temps, j’ai lu La grosse et ça m’a tellement plu que j’ai eu envie de découvrir un peu plus son auteur, Françoise Lefèvre.

Dans Consigne de minutes heureuses, l’écrivain saisie à merveille des instants de joie et de bonheur dans les petits riens qui font la vie. Avec beaucoup de sensibilité et d’émotion, elle décrit ces plaisirs simples qui permettent de dépasser la tristesse et la mélancolie et, parfois, d’être en harmonie avec soi-même et le monde qui nous entoure.

Chaque nouvelle permet à Françoise Lefèvre de se dévoiler un peu plus, de raconter un souvenir d’enfance, une amitié, un moment de communion avec la nature, etc. Mais qu’il est difficile de ne pas se laisser aller à la mélancolie, de ne pas sombrer au fond du trou : le bonheur est un combat permanent !

Quelques extraits :

« je me promenais au côté d’un amour invisible. Difficile de dire ce qu’est un amour invisible. Le vent brusquement changé en caresse sur son front. Une pluie fine et soudaine sur un trottoir brûlant. Un éblouissement qui dure quelques secondes. Impossible d’expliquer ce quelque chose en soi qui s’est installé plus fort, plus haut que le chagrin. […] Cette impression d’échapper  à soi-même, de se trouver en accord parfait avec un monde impalpable et d’y renaître sans cesse, cette impression existait déjà dans l’enfance.  Sentiment de na pas être tout à fait seule. A vrai dire de ne l’être jamais. De ne l’avoir jamais été. »

« Pour me donner du cœur à l’ouvrage, je bats le rappel des bonheurs simples qu’on sait rarement accueillir quand ils sont là.« 

« mes yeux se sont souvent posés sur des êtres apparemment ternes, rayonnant d’une lumière qui passe inaperçue. »

Lire l’avis de Florinette, qui m’a prêté ce livre avec beaucoup de gentillesse, et celui d’Anne.

LEFEVRE, Françoise, Consigne de minutes heureuses, Editions j’ai lu, 2000.

Les éditeurs, tous des nazes ?

Mary est heureuse, son manuscrit vient d’être accepté par un éditeur. Malheureusement, la joie est de courte durée car elle se voit proposer un contrat participatif c’est-à-dire une édition à compte d’auteur.
Et si les grands auteurs du XIXème siècle vivaient aujourd’hui, que leur diraient les éditeurs ? On proposerait à Flaubert de modifier la fin de Madame Bovary et de de remplacer le nom d’Emma par celui de Clara. Georges Sand et Balzac se verraient refuser leurs manuscrits pour diverses raisons. Quant à Victor Hugo, on lui conseillerait de se consacrer à la poésie plutôt qu’au roman!

 

Voilà un petit texte sur le monde de l’édition qui n’a rien d’extraordinaire mais qui mérite tout de même d’être lu ! Ne vous mèprenez pas, la conclusion de ce roman n’est pas que les éditeurs sont tous des nazes. Certes, ils ont tendance à ne pas écouter et à n’en faire qu’à leur tête mais il faut bien commencer un jour et sans eux, ce ne serait pas possible ! Alors, si les débuts sont difficiles, tant pis, il faut persévérer dans l’écriture. Le plaisir d’écrire, n’est-ce pas finalement l’essentiel ?

Merci à BelleSahi qui fait voyager ce livre. Lire l’avis d’Antigone et celui de Cathulu.

DOLLINGER, Mary, Journal désespéré d’un écrivain raté, Jacques André Editeur, 2007.

La MilléniumMania a encore frappé !

Comment passer à côté ? On en entend parler partout dans les médias, c’est chez tous les libraires et la blogosphère semble elle aussi frappée par la MilleniumMania : BelleSahi, Florinette, Julie, Cuné, CathuluGawou   et beaucoup d’autres encore… tous les avis sont identiques : c’est à dévorer de toute urgence si vous ne l’avez pas encore fait !

Quatrième de couverture :

« Ancien rédacteur de Millénium, revue d’investigations
sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros
industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans.
Dans le huis clos d’une île, la petite nièce de Henrik Vanger a
disparu, probablement assassinée, et quelqu’un se fait un malin plaisir
de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires.
Secondé par Lisbeth
Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social
mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en
diffamation qu’il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les
documents cent fois examinés, jusqu’au jour où une intuition lui fait
reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles
informations, suivant les méandres des haines familiales et des
scandales financiers, lancés bientôt dans le monde des tueurs
psychopathes, le journaliste tenace et l’écorchée vive vont résoudre
l’affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu’il faudrait peut-être
taire. »

Certes, ce roman n’est pas d’une qualité littéraire exceptionnelle mais l’intrigue est tellement bien menée que je me suis laissée emportée du début à la fin. Et tant pis pour les valises sous les yeux le lendemain matin au boulot… ça faisait longtemps quand même que je n’avais pas vécu ça !

Qu’est ce qui m’a fait tourner les pages les unes après les autres sans pouvoir refermer le livre ? Le suspens, bien entendu, mais aussi les multiples personnages, les intrigues secondaires, les relations de Mikael Blomkvist avec les femmes, l’étrangeté de Lisbeth Salander, l’honnêteté de certains personnages, la froideur et la méchanceté qui règnent dans la famille Vanger, etc.

Maintenant, il va falloir attendre que le tome 2 se libère à la médiathèque. Et il y a trois personnes qui ont réservé avant moi… L’attente risque d’être longue mais le plaisir de lire sera encore plus grand, du moins je l’espère !

LARSSON, Stieg, Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, Actes Sud, 2006.


Contre le racisme…

« L’autre, femme ou homme, de la même espèce que moi,
et pourtant différent, comment le regarder ?
Comment me comporter face à lui ?

Si je vois en lui un ennemi qui me menace, qui me fait peur
je ne songe qu’à me défendre contre lui, et pour mieux
me défendre, à l’attaquer. C’est cela le racisme.

Si je vois en lui un obstacle qui gêne ma progression,
je ne cherche qu’à le dépasser, à l’éliminer. C’est cela la compétition
qui transforme la vie de chacun en suite de batailles
parfois gagnées, en guerre toujours perdue.

Pour être réaliste, je dois voir en l’autre une source qui contribuera
à ma propre construction. Car je suis les liens que je tisse;
me priver d’échanges c’est m’appauvrir.
Le comprendre c’est participer à l’Humanitude. »

Albert Jacquard in La cour couleurs, Rue du monde, 1998.

« Les Giètes » de Fabrice Vigne

Maximilien vit dans un petit studio, au sein d’une résidence pour personnes âgées. Un jour, il retrouve le journal qu’il tenait quand il était jeune homme. C’est l’occasion pour lui de revenir sur son passé de militant communiste et d’amateur de Flaubert. Les désillusions politiques sont nombreuses mais les citations de Flaubert toujours d’actualité…

Le vieil homme a du mal à accepter son âge mais porte un regard plein d’humour sur sa situation et celle de ses camarades de la « Maison ». Son petit-fils Marlon, amateur de photographie, vient lui rendre visite régulièrement et agrémente ses semaines. Il entretient aussi des relations avec d’autres résidents et notamment avec Lilia, une dame d’origine russe qui vient bousculer un peu ses certitudes…

                                          

Les Giètes est publié dans le collection photo roman chez Thierry Magnier. Le principe de la collection est le suivant : « Une série de photographie dont il ignore tout est confiée à un écrivain. Il s’aventure alors dans l’écriture d’un roman où ces photographies croiseront la vie du héros pour la transformer ». Je trouve cette idée originale. Mais attention, contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette collection est destinée aux grands ados et aux adultes. En effet, il faut une certaine maturité pour comprendre les réflexions de ce grand-père qui, au crépuscule de sa vie, fait une sorte de bilan de ses convictions les plus fortes, porte un regard acerbe sur le monde qui l’entoure et cité régulièrement Flaubert pour illustrer ses propos.

Ce roman fait partie des coups de cœur de Sylire. C’est grâce à elle que j’ai découvert ce joli roman !

VIGNE, Fabrice, Les Giètes, Editions Thierry Magnier, 2007.

Blog en pause

Un long week-end ici…

… et quelques petits travaux à la maison.

« De manière à connaître le jour et l’heure » de Nicolas Cauchy

Dimanche 21 juin: Jean, homme d’affaire à la réussite sociale éclatante, fête son anniversaire avec sa femme, Sophie, ses enfants et ses petits-enfants. Gabriel, un vieil ami, débarque au moment du repas en se faisant passer pour un coursier. Seuls Sophie et Jean savent réellement de qui il s’agit mais ils n’en disent rien.

Samedi 27 juin : toute la famille est à nouveau réunie. Cette fois, c’est pour l’inhumation de Jean…

Chacun leur tour, Gabriel, Sophie et les enfants vont expliquer leur ressenti par rapport à cet évènement tragique mais aussi par rapport à tous les faux semblants, les jalousies, les histoires qui hantent cette famille bourgeoise en apparence si unie.

                                  

J’ai emprunté ce livre à la médiathèque suite à des critiques enthousiastes sur la blogosphère. J’ai bien aimé, mais sans plus. L’histoire est sympa mais je n’ai pas trop accroché car je trouve que l’auteur n’est pas allé au fond des choses. A mon avis, les sentiments de certains personnages mériteraient d’être plus fouillés. C’est tout de même une lecture agréable. L’analyse de relations entre les différents membres de la famille est intéressante : rapports d’influence, mariages de convenances, tromperies, mal être… Par certains aspects, ce livre m’a fait pensé à certains romans de Jean-Philippe Blondel.

De manière à connaître le jour est l’heure fait partie des coups de cœur de Clochette

CAUCHY, Nicolas, De manière à connaître le jour et l’heure, Robert Laffont, 20007.

Rencontre avec Marcus Malte

La semaine dernière, « mes » élèves ont rencontré Marcus Malte. Son livre L’échelle de Glasgow fait partie de la sélection du prix des dévoreurs de livres organisé dans le département de l’Eure.

Voici un petit compte-rendu de cette rencontre.

L’inspiration et le travail d’écriture :
Marcus Malte ne croit pas à l’inspiration. L’écriture, c’est plutôt du travail pour lui. L’élément déclencheur, c’est tout simplement la première phrase du livre. Elle doit bien sonner au niveau musical. Il ne sait pas où cette phrase va l’emmener mais ce qui est important, c’est qu’elle sonne juste. Il écrit à l’oreille en quelque sorte. Le sens vient après. L’histoire se dévoile petit à petit, l’idée globale germe et le travail sur la structure devient nécessaire.

Marcus malte se met dans la peau de chaque personnage pour écrire. Il pense qu’il y a une certaine par de schizophrénie chez les écrivains. En tous cas, lui n’est plus le même quand il écrit et c’est tant mieux car il se demande parfois comment il a pu écrire des choses pareilles.

En règle générale, il ne s’inspire pas d’évènements réels pour écrire ses romans. Parfois, il transforme la réalité. Pour L’échelle de Glasgow, l’idée du guitariste qui ne peut plus jouer en raison d’une maladie lui est venue de l’histoire vraie de Jason Becker, guitariste de métal atteint d’une sclérose latérale amyotrophique, qui ne peut plus marcher ni parler. Les noms des deux héros, Astro Man et Catfish, correspondent à deux titres de chansons de Jimmy Hendrix.

L’angoisse de la page blanche :
Marcus Malte a besoin d’écrire régulièrement. Il écrit assez lentement et est angoissé quand il n’a pas de travail en cours. Il pense qu’il faut une certaine part d’innocence, d’insouciance, d’inconscience par rapport aux autres livres déjà écrits par de bons auteurs pour se lancer dans l’écriture.

Le métier d’écrivain :
Marcus Malte vit de son métier d’écrivain mais aussi des rencontres avec les lecteurs et des ateliers d’écriture. Pendant longtemps, il a fait d’autres métiers et ne sait pas si la situation actuelle va pouvoir durer. Il a fallu 7 ou 8 ans entre l’écriture de son premier roman et sa publication. Comme tout le monde, il dit qu’il faut un immense coup de chance pour être édité quand on ne connaît personne dans le milieu.

Au départ, il écrivait des livres pour adultes, surtout des polars et des romans noirs. Il a aussi écrit des albums et des romans pour la jeunesse. Quand il était plus jeune, il écrivait des petits bouts d’histoires et des paroles de chansons. Aujourd’hui, il évite de relire ses livres car il ne voit que les défauts.

Le livre qu’il emporterait sur une île déserte :
Ce serait plutôt un carnet pour écrire !

La lecture :
Pour Marcus Malte, la lecture et l’écriture sont liées. On voit et on apprend d’autres choses en lisant. Il ne lit pas beaucoup de livres pour la jeunesse.

Pour en savoir un peu plus sur cet auteur, visitez son site !

Impossible de passer entre les mailles du filet !

On trouve ce petit « jeu » partout sur la blogosphère en ce moment. Impossible donc de passer entre les mailles du filet. C’est Delphine qui m’a taguée.

Voici les règles :   
    Ecrire le nom de la personne qui nous a tagué
    Préciser le règlement sur son blog
    Mentionner six choses sans importance sur soi
    Taguer six autres personnes en mettant leur lien
    Prévenir ces personnes sur leur blog

Attention : révélations……………….

1-J’ai peur des pigeons. Quand j’en croise un dans la rue, je me crispe et je fais un détour pour l’éviter si c’est possible. Pourquoi ? J’aime pas ces bêtes là et je crois que le livre de Patrick Suskind, Le pigeon,  y a contribué pour beaucoup.

2-Je suis devenue accro aux blogs depuis l’été dernier. Je fais attention car je ne veux pas que ça devienne maladif. J’ai créé ma page sur Netvibes très récemment pour pouvoir suivre l’actualité de mes blogs et sites favoris sans y passer trop de temps. Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous le conseille. C’est très simple d’utilisation et ça évite d’aller sur les blogs un par un pour voir ce qu’il y a de nouveau.

3-Je suis une grosse dormeuse. Il me faut 9 ou 10 heures de sommeil par nuit pour être en forme. Autant dire que c’est mission impossible quand je bosse !

4-J’aime bien les vieux meubles, notamment ceux qu’on déniche dans les brocantes, foires à tout ou salles des ventes. Je crois que c’est mon père qui m’a transmis le virus même si lui y passe beaucoup plus de temps que moi.

5-J’ai pas du tout mais alors pas du tout le sens de l’orientation. Quand on va quelque part et que je suis le copilote, c’est une vraie catastrophe. La solution serait peut être que je conduise et que Monsieur prenne la carte mais j’aime pas spécialement conduire alors…

6-Je fais beaucoup de sports, ça me permet de décompresser. Quand j’étais plus jeune, je faisais du hand-ball et j’ai même été en sport-étude au lycée. Aujourd’hui, je fais du yoga et de la natation toutes les semaines, de la course à pied de temps en temps et des randonnées l’été. J’adore me balader dans la nature, profiter du calme et découvrir de jolis paysages.

Voilà c’est fait. Je ne vais pas taguer d’autres personnes car je crois que ce petit jeu qui permet de savoir un peu plus qui se cache derrière l’écran a fait le tour !

« La mémoiré trouéé » d’Elisabeth Combres

Avril 1994 :  Emma, 4 ans, fillette d’origine Tutsi, assiste à l’assassinat de sa maman cachée derrière un fauteuil. Elle ne voit rien mais elle entend tout. Seule, elle part sur les routes comme des milliers d’autres rwandais obligés de fuir en raison du génocide. Elle trouve refuge chez une « juste », une femme hutu qui la cache et s’occupe d’elle malgré les risques.
Dix ans plus tard : Emma vit toujours chez Mukecuru, cette femme qui l’a sauvée, mais elle est renfermée sur elle même. Des cauchemars la hantent sans cesse. Petit à petit, elle se lit d’amitié avec Ndoli, un jeune tutsi à peine plus âgé qu’elle. Lui aussi est traumatisé par le génocide : pour sauver sa vie, il a dû dénoncer les siens. Depuis, sa conscience ne le laisse plus tranquille. Ensemble, Emma et Ndoli vont essayer de s’ouvrir au monde et de vivre, malgré tout.

                         

Emma, personnage principal de ce roman, ne peut laisser le lecteur insensible. Traumatisée par son passé, incapable de se souvenir du visage de sa mère, repliée sur elle même, on se demande comment elle trouve encore la force de continuer à vivre. La femme qui l’a recueillie, Mukecuru, est remarquable par sa sensibilité et sa pudeur : elle ne pose aucune question à Emma mais elle est toujours à l’écoute et sait se montrer présente quand la jeune fille traverse des crises.
Autre personnage important de ce roman, Ndoli est la figure de la culpabilité et de la folie. Sa souffrance est encore plus visible que celle d’Emma. Les villageois le jugent mal car il a provoqué la mort des siens en les dénonçant. Mais comment peut-on être coupable quand on a 7 ans et que les bourreaux vous disent « tu parles ou tu es mort » ?

Pas de sang, pas de description de massacre dans cette histoire mais plutôt de la pudeur et du ressenti. La violence vient des images qui naissent dans l’esprit du lecteur. L’auteur, Elisabeth Combres, a pris le parti de mettre en avant les traumatismes provoqués par le génocide rwandais plutôt que de choquer par des scènes de guerre. Malheureusement, on pourrait sans aucun problème transposer cette histoire  dans de nombreux pays quoi ont vécu ou vivent encore des catastrophes similaires (le Darfour par exemple, pour n’en citer qu’un…).

COMBRES, Elisabeth, La mémoire trouée, Gallimard jeunesse, 2007.

%d blogueurs aiment cette page :