Balade avec vue sur le chateau de Quéribus

Me voici de retour de vacances. Et oui, toutes les bonnes choses ont une fin…

L’année a commencé pour nous d’une belle manière : petite balade dans la montagne et pique-nique au grand air avec pour compagnons de route le soleil, le ciel bleu, l’odeur du thym et une vue formidable.

Sur le chemin, perdue au milieu de nulle part, une ruine qui servait de garde-frontière entre deux provinces. La végétation commence à prendre le dessus mais il reste quand même les traces des fenêtres et des portes ainsi que la barrière qui marquait la frontière. On devine encore l’écurie et les pièces à vivre.

Mais les plus intéressant dans cette promenade, c’est sans doute la vue sur le château de Quéribus. Considérée comme le dernier bastion cathare, tombée aux mains des croisés en 1255, la citadelle du XIème siècle domine la plaine de Roussillon.

Quéribus est perché sur un étroit piton rocheux à 728 mètres d’altitude. Sa position est stratégique : on voyait l’ennemi venir de loin !
Pas la peine de vous dire qu’en plein vent, il faut s’accrocher pour tenir debout !

 

Petite pause…


J’espère que vous avez tous et toutes passé un joyeux Noël. J’en profite pour vous souhaiter dès maintenant un bon réveillon de la Saint-Sylvestre et une bonne année 2008 car je serai absente pendant une bonne semaine.

Et oui, on s’en va dans les Pyrénées-Orientales pour passer le jour de l’an chez ma cousine.  J’espère qu’il y aura de la neige à Font-Romeu et qu’on pourra aller skier une journée ou deux. Le reste du programme de la semaine, c’est un gros ? J’ai tellement l’habitude d’aller là-bas l’été que je ne sais pas trop ce qu’on va faire cette fois-ci.

A Bientôt avec de nouvelles lectures (pour les voyages et les balades, on attendra les beaux jours) et bonnes ripailles à tous !

Un critique de l’absurdité de notre monde

Je suis tombée par hasard sur La cité heureuse à la médiathèque. Je n’en avais jamais entendu parler mais c’est le texte de présentation de l’éditeur qui a attiré mon attention :

« Bienvenue à Town Park, le centre historique d’une
capitale de la vieille Europe ! Monuments, rues médiévales, jardins et
immeubles, tout a été racheté par la Compagnie, un groupe de loisirs.
Les
touristes affluent. Les habitants vivent au milieu d’une fête
permanente. En échange de certains avantages, ils doivent porter des
costumes d’époque : peintres impressionnistes, belles dames du temps
jadis…

Longtemps réfractaire à la privatisation de sa ville, le héros
de La cité heureuse a pourtant fini, comme les autres, par céder aux
sirènes du changement. Figurant résigné du spectacle touristique, il
écrit des scénarios pour la télévision et mène une existence tranquille
à Town Park.

Mais son bonheur est fragile. Dans sa vie comme dans sa ville, tout commence à se déliter. »

                                     

La cité heureuse est une critique ironique et grinçante de notre société. Les ressemblances entre Town Park et le monde dans lequel on vit actuellement sont nombreuses : privatisation du système de santé, retournements de veste des décideurs, hiérarchie de plus en plus pesante dans les entreprises, absurdité de certaines décisions… Cependant, je n’ai pas accroché plus que ça à ce roman. Les personnages manquent de profondeur. L’histoire m’a peu intéressée car elle semble être là uniquement pour permettre une critique de notre société. Dans ce cas, un essai n’est-il pas préférable à un roman ?

DUTEURTRE, Benoît, La cité heureuse, Fayard, 2007.

« Le chien de Noureev » de Elke Heidenreich

Après un soirée bien arrosée chez l’écrivain Truman Capote, le célèbre danseur Noureev repart avec un chien mou et pataud. Très vite, ce chien devient son fidèle compagnon. C’est un peu surprenant quand on sait les nombreux déplacements que Noureev doit effectuer pour ses spectacles de danse. Mais le chien, rebaptisé Oblomov, est un peu particulier : il a l’âme russe, adore regarder son nouveau maître à l’opéra, dort sur un coussin de Brocart, mange dans de la porcelaine très fine et boit du champagne.
A la mort de Noureev, Oblomov est recueilli par une ballerine russe qui le surprend, une nuit, en train d’effectuer des pas de danse…

                                             

Le chien de Noureev est un beau petit texte, léger et agréable à lire malgré certaines longueurs au milieu de l’histoire. Les références littéraires et musicales sont nombreuses. Les amateurs de danse et de ballets russes, adolescents ou adultes, seront sans doute enchantés par cette lecture !

Un cochon pour la vie, du même auteur et publié chez le même éditeur, est également un beau petit roman, illustré avec goût.

HEIDENREICH, Elke, Le chien de Noureev, Editions Sarbacane, 2007.

« Madame Gargouille » d’Orianne Charpentier

Ezéchiel, 13 ans, aime bien faire les pires vacheries dans son immeuble pour embêter la concierge, une vieille femme ridée et méchante que lui et ses copains surnomment Gargouille.
Pourquoi Gargouille ? Parce que quand elle n’est pas contente, elle grogne. Et chacun de ses grognements ressemble à un gargouillis.
Alors, le jour ou Ezéchiel doit se rendre chez la Gargouille avec Lucie, sa petite sœur de six ans, parce tout va mal entre ses parents et qu’il n’y a personne pour les garder, il se sent très mal à l’aise… Petit à petit, il s’aperçoit que, malgré les apparences, Madame Gargouille n’est pas si méchante que cela. Elle est même très humaine et très attentive. Elle console le jeune homme qui se sent mal dans sa peau depuis que son père est parti de la maison. Elle répond aussi à ses questions, le rassure, lui qui doute beaucoup, se trouve trop grand, maladroit (notamment avec les filles…) et se compare à une asperge.
La loge de madame Gargouille devient petit à petit un refuge pour Ezéchiel qui se rend compte qu’il a très mal jugé la vieille dame.

                                             

A la lecture de ce « résumé », vous allez peut être vous dire : « encore un roman jeunesse sur le divorce des parents et le mal être des enfants en pleine période de puberté ». Oui, c’est vrai, le sujet est classique mais il est traité avec beaucoup d’humour et de sensibilité. La fin du roman mérite un mention spéciale pour son originalité. A la place de la facilité et du classique « tout va bien dans le meilleur des mondes », Orianne Charpentier, dont c’est le premier roman jeunesse, a préféré faire preuve d’imagination.

CHARPENTIER, Orianne, Madame Gargouille, Gallimard jeunesse, 2006.

Un bel hommage aux lycéens

En ce moment, je suis en train de lire Une veuve de papier de John Irving. C’est un bon roman mais le problème, c’est qu’il est gros et que depuis trois jours, j’ai acheté Un endroit pour vivre. J’ai découvert Jean-Philippe Blondel il y a peu et en ce moment, je dévore tous ces livres les uns après les autres. Alors voilà, hier soir, j’ai craqué. J’ai abandonné momentanément mon « pavé » pour ce court texte publié dans un collection pour adolescents où les textes sont destinés à être lus à voix haute.

Le narrateur a 16 ans. C’est un jeune homme sans histoires, plutôt réservé, qui aime être en retrait et préfère observer le monde dans lequel il vit plutôt que parler. Un jour, il assiste à une réunion avec tous les délégués de classe et leurs suppléants. Le nouveau proviseur fait remarquer que depuis quelques années les résultats aux examens baissent. Sa conclusion est la suivante : avant d’être un lieu de vie, le lycée est un lieu de travail. Il prend donc une « avalanche de mesures de rétorsion » : « Tenue impeccable, plus personne d’assis dans les couloirs, interdit de trainer dans les bâtiments, plus question non plus de « se frotter » – c’est le terme qu’il a employé – sur les bancs, les pelouses, n’importe où dans l’enceinte de l’établissement. Retour aux mots clés de la réussite : travail, discipline et correction » (p.36). Le narrateur pense que ses camarades vont réagir, qu’ils ne vont pas se laisser faire mais tout le monde encaisse sans broncher, même si beaucoup ne sont pas d’accord avec cette série de mesures.
Puis, en cours d’anglais, suite à une remarque d’un professeur, le déclic se produit. Le jeune homme décide de prendre le caméscope de son père et de filmer tout ce qui se passe autour de lui, dans le lycée. Les lycéens sont là pour travailler, d’accord, mais pourquoi toujours séparer vie et travail ?

 

Jean-Philippe Blondel est prof d’anglais dans un lycée et dans Un endroit pour vivre il rend un bel hommage aux lycéens, à leur joie de vivre, à leur force, à leur sensibilité, à leurs amours, leurs amitiés, à leur vie tout simplement. Il fait également quelques clins d’œil à son métier d’enseignant : c’est suite à un remarque de son prof d’anglais que le jeune narrateur prend la décision de filmer des moments de vie de ses camarades.

A la lecture de ce livre, je me suis faite la réflexion suivante : c’est vrai, on a trop souvent tendance à regarder nos élèves comme des jeunes gens qui sont là pour apprendre et on oublie parfois qu’ils ont une autre vie que celle d’élève. Avant d’être écoliers, collégiens ou lycéens, ils sont enfants ou adolescents comme nous sommes hommes ou femmes avant d’être enseignants.

BLONDEL, Jean-Philippe, Un endroit pour vivre, Actes Sud Junior, 2007.

« Ta photo dans le journal » de Marie Brantôme

Tout commence par une scène tragique : Pierrot gît par terre, son sang coule, il a reçu un coup de couteau dans le ventre. La mère Pinsart affirme au médecin appelé en urgence que c’est un accident, que Pierrot s’est blessé avec le couteau. Mais pour Laure, la narratrice, il s’agit bel et bien d’un meurtre : « Le médecin me jette un coup d’œil a la dérobée. Un pli soucieux barre son front. Que pense t-il ? A-t-il lu le message qu’affirme mon regard ? Un seul. « Assasins. » ».
Que s’est-il passé ? Comment en est-on arrivé à un évènement aussi tragique ? Pour répondre à ces questions, Laure, va revivre ses deux mois de vacances chez les Pinsart, de vagues connaissances de ses parents chez qui elle a été envoyée pour respirer le grand air, après la Seconde Guerre mondiale.
La jeune fille raconte son arrivée dans la famille et son amitié avec Pierrot, 13 ans, un garçon de l’assistance publique que les Pinsart ont recueilli pour faire les corvées pendant les vacances.  Dès les premières minutes, elle s’est aperçue que Pierrot était maltraité et humilié par toute la famille, et notamment par Francia, la fille du couple qui, à 30 ans, vit toujours chez ses parents parce qu’elle est handicapée mentale. Francia est la bonne à tout faire dans la maison (ménage, linge, repas…). Ellle est elle-même maltraitée par sa mère. D’une certaine manière, elle reproduit ce mauvais traitement sur Pierrot. De plus, elle est jalouse de l’amitié qui s’est nouée entre le jeune homme et Laure.

 

Ta photo dans le journal est un beau roman qui parle d’un thème difficile, la maltraitance. Même si l’histoire se passe juste après la Seconde Guerre mondiale, c’est un sujet toujours d’actualité. Laure est une jeune fille intelligente et sensible qui, notamment en raison de son éducation, ne va pas se laisser aller à la facilité en laissant Pierrot seul face aux Pinsart. Dès le départ, elle se sent mal à l’aise et prend sa défense. Avec beaucoup d’humour et de finesse, elle réussit à lui éviter certaines humiliations. Elle lui redonne également confiance en lui, en lui apprenant à lire et à écrire par exemple.


Ce roman fait partie des coups de cœur de Mireille.

BRANTOME, Marie, Ta photo dans le journal, Seuil, 2007.

Un cochon qui change la vie !

Clarabel en a parlé hier sur son blog, ce livre m’a tout de suite tenté et, oh ! bonheur, il était disponible à la médiathèque ce matin. Voici donc mon petit compte rendu de lecture…

Elisabeth travaille tellement qu’elle ne prend plus le temps de vivre. De là à dire que son travail est un refuge pour ne pas penser à autre chose, à son mal de vivre par exemple, il n’y a pas loin. Un soir, alors qu’elle est effondrée sur son tapis après une journée de 16h, son ex lui téléphone pour lui proposer de passer Noël tous les deux. Elle accepte avec joie. Passer cette journée de fête à s’envoyer des vannes aussi débiles que cyniques, c’est toujours mieux que d’être seule !

Voilà donc Elisabeth dans un grand magasin pour acheter de la moutarde de Meaux à son ex avant de prendre l’avion direction la Suisse. Mais c’est finalement avec un cochon en peluche tout de suite surnommé Erika qu’elle ressort de ce magasin. Erika n’est pas n’importe quelle peluche : elle a le pouvoir de faire sourire les gens, de les rendre gentils, voire même heureux. Tout au long de son trajet vers la Suisse, Erika va permettre à Elisabeth de faire des rencontres inattendues, de réfléchir sur sa vie de couple passée et de prendre une décision importante.

                                                

Un cochon pour la vie a été publié dans un édition pour la jeunesse mais pour moi, c’est un roman qui s’adresse aux adultes. Un jeune lecteur ne comprendrait sans doute pas beaucoup l’intérêt de cette histoire dont le personnage principal a environ la trentaine (et dont les préoccupations sont donc celles d’un adulte).
Les « pouvoirs » du cochon semblent contagieux : ils transforment Elisabeth, donnent à cette histoire une ambiance gaie et envoutante et le lecteur referme la dernière page avec le sourire aux lèvres!

HEIDENREICH, Elke, Un cochon pour la vie, Editions Sarbacane, 2007.

Une chanson, un souvenir

Le Juke Box, c’est cette machine que l’on trouvait autrefois dans les cafés et qui permettait, contre un peu d’argent, d’entendre les tubes du moment. Ah ! que de vieilles chansons et de vieux souvenirs…

Dans Juke Box, Jean-Philippe Blondel, nous propose de découvrir les souvenirs marquants des quarante premières années de la vie de Yoann et les chansons qui y sont associées. Enfance, adolescence, vie de famille, amitié, amour, drames, dépressions mais aussi grands moments de bonheur : autant de tranches de vie que de titres du hit-parade.

Avec beaucoup de sensibilités et d’émotions, Yoann raconte ses certitudes mais surtout ses doutes et ses errements. Après une enfance et une adolescence plus ou moins heureuse, le passage à la vie d’adulte est long et difficile, notamment en raison d’un drame familial. Mais heureusement, il s’accroche à la vie et réussit à trouver sa part de bonheur. Et les chansons sont toujours pour lui de fidèles compagnons.

                                                   

Les personnages de Jean-Philippe Blondel me touchent beaucoup par leur simplicité et leur vérité. Ce sont tout simplement de vrais êtres humains qui n’hésitent pas à se dévoiler, à se mettre à nu. C’est tellement rare dans notre société où il est préférable de masquer ses faiblesses pour ne pas se faire dévorer par les autres…

J’avais déjà adoré This is not a love song et je ne peux que dire du bien de Juke Box. Les pensées du narrateur résonnent en moi et me parlent, c’est pour cela que j’aime lire, c’est pour cela que les livres (et certaines chansons…) sont pour moi de fidèles compagnons de vie.

BLONDEL, Jean-Philippe, Juke Box, Robert Laffont, 2004.

« La petite fille de Monsieur Linh » de Philippe Claudel

Un vieil homme, Monsieur Linh, fuit son pays ravagé par la guerre en compagnie de sa petite fille, encore bébé. Il n’a plus qu’elle et c’est pour la sauver, pour lui donner une vie meilleure qu’il a décidé de prendre la bateau et de se rendre dans un pays inconnu de lui.
Arrivé sur place, il est perdu. Il ne reconnait aucune odeur, aucun bruit, aucun mot familier. Il fait froid. Les gens sont pressés et courent dans tous les sens. Personne ne semble faire attention à lui. Mais Monsieur Linh doit tenir, pour sa petite fille. Même si la vie au dortoir des réfugiés n’est pas très gaie. Même s’il a peur.
Heureusement, Monsieur Linh fait la rencontre de  Monsieur Bark, un homme dont il ne comprend pas la langue mais avec qui il noue une amitié profonde, sincère.

J’avais entendu beaucoup de bien de ce roman de Philippe Claudel et j’ai été déçue… Est-ce parce que j’ai deviné assez vite la fin? Est-ce le manque d’action, de suspens? Je ne sais pas mais une chose est certaine, il ne restera pas bien longtemps dans ma mémoire.
Même si je n’ai pas « accroché », je ne peux que souligner la qualité de l’écriture. Les phrases simples, claires et concises facilitent la lecture et n’empêchent en rien, bien au contraire, la compréhension des pensées des personnages. Ce roman aborde de façon originale et profonde les thèmes de l’exil, de la solitude, du regard sur l’autre et de l’amitié.

CLAUDEL, Philippe, La petite fille de Monsieur Linh, Le livre de poche, 2007.

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