« L’ERRANT » d’Emile Leballais

En 1975, Emile Leballais et sa femme viennent d’acheter un corps de ferme en Normandie, près d’Evreux, quand un inconnu se présente à leur porte et demande « auriez vous du travail pour moi ? ». Il y a beaucoup de travaux à faire pour retaper cette maison et l’errant, qui se prénomme Ange, semble s’y connaitre. Il s’impose avec finesse et réagit très vite comme si les propriétaires étaient d’accord pour qu’il reste chez eux et se lance dans la restauration de la maison. Ange va finalement retaper toute la propriété avec beaucoup de soin et de courage et faire petit à petit partie de la famille. Lors des longues soirées devant le feu de cheminée, il raconte son enfance,le décès de sa mère, sa vie d’errant, le guerre… On aimerait en savoir plus mais Ange ne se livre que petit à petit, quand il en a envie.

Je brule d’envie de raconter la fin de cette histoire mais si je le fais, la lecture perdra de son intérêt ! J’ai lu ce livre plein de sensibilité et de poésie d’une traite et je l’ai trouvé vraiment passionnant. Qui à notre époque, accepterait d’embaucher un inconnu venu sonner à la porte pour demander du travail sans lui poser des questions, lui demander d’où il vient, où il a travaillé avant, pourquoi il n’a pas de maison à lui ? Ange est un homme mystérieux et énigmatique, plein de courage et de talent. Il a choisi sa vie d’errant et l’assume malgré les difficultés. Quel courage !

Je ne peux rien vous dire sur cet auteur normand puisque mes recherches sur Internet ont été infructueuses. Il a publiè quelques autres livres aux Editions Gilles Gallas, un maison d’édition qui publie à compte d’auteur.

Un grand merci à ma maman qui a découvert ce livre par hasard dans un petit salon du livre et qui me l’a fait dédicacer !

LEBALLAIS, Emile, L’errant, Editions Gilles Gallas, 2005.

« Les guetteurs d’Azulis » d’Eric Boisset

Un soir, Abel aperçoit un avion s’écraser depuis la fenêtre de sa chambre. Il décide tout de suite de se rendre sur place mais des militaires l’empêchent d’accèder au site et lui disent qu’il a dû rêver, qu’il ne s’est rien passé. Le lendemain, les journaux ne parlent pas du crash et personne ne semble au courant. Abel est pris pour un rigolo qui invente des histoires. Qu’à cela ne tienne, il retourne avec Drak, son ami le corbeau, sur le lieu du drame et prend des photos.
Sur la route du retour, il tombe nez à nez avec une jeune fille étrange qui lui demande de l’aide. Il découvre petit à petit qu’Ea est une jeune extraterrestre de la planète Azulis envoyée en mission sur Terre. Les militaires sont à ses trousses et une course poursuite s’engage entre les deux jeunes adolescents et les autorités. Abel n’est pas au bout de ses peines : le présence des extraterrestres est classée secret-défense et les civiles ne doivent absolument pas être au courant.

Quand on est documentaliste dans un collège, on est parfois obligé de lire certains lire. Les guetteurs d’Azulis fait partie de la sélection d’un prix de littérature de jeunesse organisé dans mon département alors c’est quand même mieux de l’avoir lu pour pouvoir en parler avec les élèves ! J’avoue que dès le départ, le sujet ne branchait pas trop : les extraterrestres, bof !

Finalement Les guetteurs d’Azulis se laisse lire même si la fin est un peu décevante. En même temps, je ne vois pas trop ce que l’auteur aurait pu trouver d’autre avec un sujet comme celui-ci. Le roman est rythmé, agréable à lire, plein d’humour et, heureusement, il n’y a pas que les extraterrestres dans l’histoire :
-les deux adolescents qui vivent dans des mondes complément différents apprennent à se connaitre petit à petit et nous donnent une belle leçon de tolérance ;
-Abel se bat pour ce qui lui parait juste alors que la solution de facilité aurait été d’oublier bien vite sa rencontre avec Ea ;
-l’amitié entre Abel et son corbeau est le prétexte a une critique des humains et de leurs à priori.

Au final, c’est un roman plutôt sympa qui, je pense plaira à bon nombre d’adolescents.

BOISSET, Eric, Les guetteurs d’Azulis, Magnard Jeunesse, 2007.

« Mujnak, La mer d’Aral assassinée » d’Alain Surget

Gengis, un jeune adolescent, habite à Mujnak, une petite ville qui se trouvait il n’y a pas si longtemps au bord de la mer d’Aral. Mais aujourd’hui, la mer est partie et les vieux bateaux rouillent dans le désert. Il n’y a plus de port, le sel est partout, les pesticides polluent l’eau et les aliments que le habitants consomment, les femmes donnent naissance à des bébés morts nés ou mal formés.
Malgré les menaces et les intimidations, Gengis et sa camarade Djazzia vont tenter d’alerter le monde et de sauver leur village. Mais « ramener la mer » est une mission vouée à l’échec.

Voilà un livre sur lequel je suis tombée par hasard, en flânant à la médiathèque. C’est le sujet qui m’a attirée. Mujnak, La mer d’Aral assassinée ne restera sans doute pas longtemps dans ma mémoire mais l’auteur, Alain Surget, a le mérite d’expliquer la catastrophe écologique et humanitaire de la mer d’Aral aux enfants. Ce n’est pas si souvent que l’on trouve de la littérature de jeunesse qui traite  de ce sujet.

SURGET, Alain, Mujnak, La mer d’Aral assassinée, Oskar jeunesse, 2007.

L’Ouzbékistan, un pays non démocratique

L’Ouzbékistan est une ex République Soviétique. Le pays est indépendant depuis 1991 et Karimov en est le président depuis cette date. Il faut dire qu’avec l’interdiction des partis d’opposition, la victoire aux élections est plus facile ! Officiellement, l’Ouzbékistan est une République laïque et démocratique. En réalité, si le pays est laïc, il n’est absolument pas démocratique. Celui qui décide de tout, c’est le président Karimov. Contrôle des médias, harcèlement policier, emprisonnements arbitraires… sont bien une réalité. Un jour, en discutant avec notre guide ouzbek de la catastrophe écologique et humanitaire de la mer d’Aral, il nous a dit que nous en savions sans doute plus que lui sur le sujet : les ouzbeks ne savent que ce que Karimov veut bien qu’ils sachent…

Depuis l’indépendance, les salaires ne suffisent pas pour vivre d’où le recourt très fréquent aux pots de vin : ça permet de compléter les salaires des enseignants, gendarmes, douaniers… A la frontière entre le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, à chaque fois qu’une voiture passe chargée d’aliments ou de boissons, le conducteur « offre » une infime partie de son chargement (un melon, une bouteille de soda…) au douanier à qui il a à faire.
Les habitants complètent leurs revenus comme ils peuvent pour survivre. Sur la célèbre place du Registan à Samarcande, un gendarme nous a proposé de monter au minaret au lever du jour, en échange d’un petit billet bien entendu.
Grâce à ces « petits plus », les ouzbeks améliorent un peu leur quotidien mais dès qu’un membre de la famille est malade, ça devient l’enfer car l’hôpital est payant. Ceux qui n’ont pas d’argent ne sont pas soignés. A l’époque soviétique, c’était gratuit. Il fallait payer les médicaments que l’hôpital ne fournissait pas mais on pouvait se faire soigner.
Pour toutes ses raisons, certains anciens pensent que c’était mieux sous l’Union Soviétique. Bien entendu, les jeunes ne sont pas du tout d’accord et souhaitent aller de l’avant.

Nous avons découvert ces réalités parce que nous nous sommes informés avant de partir et parce que nous avons posé des questions mais malheureusement il est possible de visiter l’Ouzbékistan sans se rendre compte de tout cela. Comme dans beaucoup d’endroits, les touristes sont très bien accueillis et dans les grandes villes, il faut vraiment sortir des quartiers touristiques pour voir les vraies conditions de vie des habitants.

« Africa trek 2 » de Sonia et Alexandre Poussin

Toujours aussi passionnantes les aventures de Sonia et Alexandre Poussin ! Petit rappel : ce couple a traversé l’Afrique à pied en suivant la vallée du rift, depuis l’Afrique de Sud jusqu’en Israël (voir ma note du mois d’août « Africa trek 1 »).

Dans Africa Trek 2, les deux marcheurs racontent le deuxième partie de leur voyage, du Kilimandjaro au lac Tibériade, soit 14 000 kilomètres. Voici un petit extrait. Ils sont en Ethiopie, les conditions de vie sont très difficiles et ils font l’objet d’injures et de jets de pierre incessants :

« nous ne voulons pas tricher avec l’espace, avec le temps, avec le fil de notre marche, avec le sens que nous avons voulu lui donner, avec toutes les promesses et les prières dont nous sommes porteurs, avec le souvenir de nos « sauveurs d’un jour » qui nous ont accueillis justement parce que nous marchions. Tous ces gens qui ne peuvent pas tricher avec leurs conditions de vie, qui ne peuvent pas prendre de bus ou des expédients pour s’épargner des souffrances. Endosser la condition des Africains, ça paraît snob, dans la bouche d’un Occidental, mais, pour nous, ça veut dire, depuis deux ans, vivre sur les mêmes pistes, sous le même soleil, dormir sur le même sol, se gratter les mêmes puces, c’est manger la même nourriture, c’est encourir les mêmes risques, les lions, les maladies, c’est endosser les mêmes souffrances, la faim, la soif, la crasse, et … les pierres … sachant que tous, de toute façon, souffrent au centuple, et que notre marche c’est de la rigolade aux yeux de ce qu’ils endurent tous les jours, toute leur vie. Alors que nous, nous avons le choix. Et que nous l’avons fait ce choix. Et qu’il faut l’assumer. » (p.352)

Heureusement, si ce voyage se fait dans des conditions parfois très difficiles, Sonia et Alexandre vivent beaucoup de grands moments de bonheur : rencontres avec les habitants, découverte des rituels secrets des jeunes mariés soudanaises, partage de la vie des Massaïs, cohabitation avec une caravane de dromadaires, escalade de la pyramide de Chéops…

On referme le livre en se disant qu’un troisième tome aurait sans doute été tout aussi passionnant. Je n’ai pas encore cédé à la tentation d’acheter le DVD tourné pendant ce voyage mais ça ne saurait tarder !

Pour ceux qui veulent en savoir un petit peu plus sur cette formidable aventure :

http://www.africatrek.com/weblog/

POUSSIN, Sonia et Alexandre, Africa trek 2, Robert Lafont, 2007.

Quelques photos d’Ouzbékistan

J’ai mis en dans un nouvel album les photos de l’Ouzbékistan. J’en ai tellement que le choix n’a pas été facile à faire ! Il ne me reste plus que les commentaires à écrire mais je ne suis pas certaine d’avoir le temps ce week-end : et oui c’est les journées du patrimoine et je vais en profiter pour faire une ou deux visites ! Et puis, j’ai envie de bouquiner un peu aussi !

Petit conte d’Asie Centrale

Il était une fois un roi qui avait peur de vieillir et voulait rester toute sa vie beau et jeune. Pour ne pas voir les autres vieillir autour de lui, il décide faire décapiter tous les plus de cinquante ans. C’est une véritable horreur, les gens se cachent mais le roi arrive à les trouver quand même. Il n’y a quasiment plus de gens de plus de cinquante ans dans tout le royaume.

Un jeune homme décide de cacher son père dans les montagnes pour lui sauver la vie. Il lui rend visite tous les jours pour lui donner à manger, en faisant bien attention de ne pas se faire suivre par les hommes du roi.

Un jour, en se promenant, le roi voit un très beau vase rempli de fleurs magnifiques dans le fond d’un lac. Il promet une récompense à celui qui le lui amènera. Un premier jeune homme se jette à l’eau puis, un deuxième, un troisième, un quatrième… Le roi enrage : »ces jeunes hommes sont des empotés ! ». Les uns après les autres, tous les jeunes du royaume échouent : il n’y a rien au fond du lac.

Lors d’une de ses visites quotidiennes, le jeune homme qui a caché son père dans la montagne lui raconte cette histoire. Le père réfléchit et demande à son fils :
– « Est-ce qu’il y a un arbre sur les rives du lac ? »
– « Oui, il y a un arbre énorme » répond le fils
– « Est-ce que cet arbre se reflète dans l’eau ? »
– « Oui, je crois »
– « Et bien, mon fils, le vase est sans doute dans l’arbre et pas dans le lac. »

Le soir même, le jeune homme se rend au bord du lac, lève la tête et aperçoit le vase dans l’arbre. Il le ramène au roi mais négocie auparavant la vie de son père.
– « Mon roi, j’ai trouvé le vase que vous souhaitiez tant. »
– « Alors, je te dois une récompense. Que souhaites-tu ? »
– « Roi, je vois ai trahi en cachant mon père, qui a plus de cinquante ans, dans les monatgnes. Je ne veux pas qu’il meure. Laissez le vivre, c’est la seule récompense que je souhaite. »

Le roi accepte cette récompense car il a fait une promesse mais il ne veut pas voir ce vieil homme sur son chemin : « Si je le croise, je le tue ».

Le roi interroge quand même le jeune homme pour savoir comment il a fait pour trouver le vase. C’est alors que le roi se rend compte qu’un seul homme a trouvé là où tous les jeunes ont échoué. Il décide donc de ne plus tuer les plus de cinquante ans : « Finalement, vieillir n’a pas que des mauvais côtés ! ».

Moralité : les vieux (terme pas du tout péjoratif en Asie Centrale, bien au contraire) savent distinguer la vérité de l’apparence (le reflet de la réalité) et le savoir et la connaissance viennent avec l’âge. Les vieux ont donc un rôle très important en Asie Centrale.

Pendjikent

Pendjikent est une ville tadjike de 50 000 habitants, située dans une vallée, à environ 1h en voiture de la frontière avec l’Ouzbékistan.

Le fleuve Zeravchan, qui prend sa source dans les montagnes du Tadjikistan, borde la vallée. Son nom signifie « semeur d’or ». L’or c’est bien sûr l’eau. Il n’y a sans doute aucun rapport avec le métal précieux, encore exploité aujourd’hui au Tadjikistan.

Dans la ville moderne, se trouve le musée Rudaki, du nom d’un célèbre poète samanide, considéré comme le père de la poésie persane, qui serait né à Pendjikent. On trouve pas mal de choses sur l’histoire du pays dans ce musée. Seul période peu abordée : la guerre civile qui a suivi l’indépendance.

Les vestiges de l’ancienne cité sogdienne, fondée au Vème siècle et abandonnée au VIIIème lors de l’arrivée des arabes, sont situés sur une terrasse à 6km de la ville moderne. Le site a été découvert en 1953 et depuis, de nombreuses fouilles ont été entreprises.

C’est à cet endroit que nous faisons une rencontre surprenante pour moi : Nathalie Lapierre, une collègue professeur documentaliste dans un établissement scolaire parisien, passionnée d’archéologie, qui passe tous ses étés à Pendjikent nous propose de nous faire visiter le site. Et oui, même quand on part en vacances très loin, on  retrouve des collègues !

Ses explications sont les bienvenues car avec le temps (pluie, sècheresse, neige…) beaucoup d’endroits fouillés sont revenus à l’état ancien. Dans ces conditions, pas facile de distinguer les deux temples, la citadelle, les remparts, le marché, les habitations… Des peintures murales ont été découvertes il y a quelques années. C’est parce qu’elles ont brulé qu’on les a retrouvées en aussi bon état. Malheureusement, comme beaucoup de ce qui a été découvert à Pendjikent, on ne peut pas les voir. Elles ont sans doute été emportées à Tachkent (capitale de l’Ouzbékistan) ou à Saint-Pétersbourg.

Sur le site, il n’y a pas un arbre qui pousse et l’herbe est complètement grillée. Comme il n’y pas eu de pot de vin de versé, il n’y a pas d’eau…

 

L’âne, un moyen de transport

En Asie centrale, l’âne est un véritable moyen de transport. Les hommes montent dessus comme sur un cheval, avec ou sans selle, et se déplacent ainsi dans les montagnes et les campagnes. C’est pratique pour aller dans les endroits où les voitures ne peuvent pas passer et c’est surtout beaucoup moins cher !

L’animal sert aussi à transporter le foin, les marchandises…et les sacs des touristes ! Sans les ânes, le trek aurait été très difficile pour moi… Porter un sac à dos, même avec le minimum indispensable, plus la tente et la nourriture, c’est pas évident quand on fait des journées à plus de 1000 mètres de dénivelé!

Avez-vous déjà entendu un âne braire ? Oui sans doute, mais peut-être pas en pleine montagne, quand il n’y pas un bruit et que ça résonne un maximum. C’est impressionnant ! En pleine nuit, on se demande ce qui se passe !

Avez vous essayer de monter sur un âne? De lui faire suivre un chemin alors que celui-ci aimerait bien aller ailleurs ? L’expression « têtu comme un âne » n’a pas été inventée pour rien. Mais heureusement, les habitants d’Asie centrale sont plus doués que nous pour ce genre de chose.

Pendant le trek, ce sont principalement des adolescents qui conduisent les ânes. Chacun est responsable de deux ou trois bêtes et les suit tout en les dirigeant à la voix et au bâton. Ce n’est pas un travail de tout repos car les ânes avancent vite. Parfois, il faut courir pour les suivre. Quand ils sont chargés au maximum, que la pente est raide et que les pierres glissent, il arrive qu’ils tombent. Dans ce cas, il faut les aider à se relever et ce n’est pas une mince affaire. Généralement, ils repartent un peu hagard après un moment de panique.

Tous les jours, les ânes partent après nous et arrivent bien avant. Et les adolescents ont l’air en pleine forme, ce qui n’est pas notre cas après une journée de marche !

Ce travail leur permet de rapporter de l’argent à leur famille Il faut du courage pour faire ce qu’ils font.

La vie dans les montagnes du Tadjikistan : suite

A chaque fois que nous passons dans un endroit habité, les gens se rassemblent autour de nous pour nous observer. Nous sommes l’attraction : mieux que la télévision ! Je revois encore cet enfant, dans un village, qui nous voit arriver de loin en 4×4 russe et qui coure comme un fou, sandalettes aux pieds, pour être au bord de la route au moment où nous passons.

Dans les montagnes, des enfants nous proposent des abricots, plus loin, c’est le yogourt, le thé ou le pain : pas une demi-journée de marche sans qu’on vienne nous parler ou qu’on nous propose quelque chose à manger. Quand on prend une photo et que les gens se voient sur l’écran, ils sont vraiment fiers. Vive le numérique !

Un jour, après 9 ou 10 heures de marche une petite fille m’attend sur le chemin pour m’offrir un bouquet de fleurs. Je suis très touchée. Un cadeau alors que je ne la connais même pas! Elle nous accompagne pendant 100 mètres. Je suis tellement dans ma bulle, centrée sur mon effort, que je ne m’aperçois même pas qu’elle boite. Elle s’est cassée la jambe quand elle était plus petite mais ici, ce n’est pas simple de se soigner… C’est dans sa famille que nous nous arrêtons pour boire la thé. Un vrai festin nous attend ! Serrés à quinze dans l’unique pièce de la maison, nous sommes accueillis comme des rois. Pas facile de communiquer mais les sourires en disent long ! Notre guide offre aux enfants des photos prises par d’autres touristes, c’est un trésor précieux !

Ce même jour, un dernier effort après le réconfort : 40 minutes de marche avec un dénivelé dont je me souviendrai longtemps et nous arrivons au camp. Il ne reste plus qu’à monter la tente. 3200 mètres d’altitude, le soleil se couche, le décor est magnifique. Ce soir là, après 11h de marche, nous ne ferons pas long feu !

Le lendemain matin, à l’aube, alors que nous ne sommes pas encore levés, la petite fille de la veille est là avec deux ou trois autres enfants. Les touristes qui se lavent les dents, c’est un vrai spectacle non ? Je me demande bien ce qu’ils peuvent penser en nous regardant. La petite fille, dont je n’ai malheureusement pas retenu le nom, veut nous donner une paire de chaussette. C’est incroyable !

Pour les nomades, c’est un honneur de nous recevoir chez eux. Le top, c’est de pouvoir raconter tout aux voisins dans les moindres détails ! Qu’est-ce qui se dit sur nous? Mystère…

En une semaine, un seul et unique  village  déroge à la règle de l’hospitalité.  Le chemin passe au pied des maisons mais on nous dit de passer ailleurs. Finalement, on y va quand même et tout le monde se cache à notre approche. Dès qu’on avance un peu, les enfants réapparaissent et les femmes suivent, faisant semblant de surveiller leurs progénitures pour ne pas perdre la face. Ah, la curiosité ! Ici, on refuse l’électricité, la télévision… Ce sont des fondamentalistes… Reste de la guerre civile qui a eu lieu après l’indépendance du pays ? 

Heureusement, une fois n’est pas coutume et l’hospitalité des tadjiks ne fait aucun doute !

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