Une fabuleuse histoire qui se raconte depuis la nuit des temps…

Ceux qui fréquentent le blog de BelleSahi n’ont pas pu passer à côté de son enthousiasme pour chacun des livres de Morpurgo. A force de lire ses billets, j’ai fini par me laisser convaincre de découvrir cet auteur anglais. Au pays de mes histoires reste pour moi un excellent souvenir de lecture. Aujourd’hui, c’est un livre tout à fait différent (mais toujours du même auteur !) dont je vais vous parler : Beowulf.

Beowulf est un héros viking légendaire, plein de bravoure et de sagesse, dont les exploits se racontent depuis la nuit des temps, notamment dans la littérature anglaise. Un jour, alors qu’on ne lui a rien demandé, il n’hésite pas à quitter son pays avec ses hommes pour venir en aide au roi  du Danemark. En effet, les danois sont terrorisés par un monstre maléfique, nommé Grendel, qui tue tous les habitants du royaume les uns après les autres, la nuit, pour assouvir sa soif de sang. Tout au long de sa vie, Beowulf mène ainsi des combats effroyables contre les forces des ténèbres.

 

Généralement, je n’aime pas du tout les histoires de monstres, de forces du mal, de guerriers sanguinaires, etc. Mais comme Beowulf est écrit par Mr Morpurgo en personne, je me suis laissée tenter et je ne regrette pas ! Ce texte n’a rien d’extraordinaire, il raconte une histoire qui ressemble à de nombreuses autres déjà entendues à droite et à gauche, mais on se laisse vite emporter par les talents de conteur de l’auteur.

Je vote donc OUI pour Michael Morpurgo ! Soldat Peaceful est déjà dans mes bagages pour cet été et Le royaume de Kensuké suivra sans doute prochainement !

MORPURGO, Mickaël, FOREMAN, Michaël, Beowulf, Gallimard jeunesse, 2007.

Un chevalier des temps modernes

Barnabé Bouton est amoureux de la belle du village, Rosa. Oui, mais voilà Rosa a plein d’amoureux et ne fait absolument pas attention à ce paysan qui vit avec ses parents et grands parents dans une ferme sans eau chaude ni électricité. Pour tout arranger, le jeune homme n’est pas spécialement beau et a des problèmes de poids. Ce n’est pas dit comme ça dans le roman mais pour Rosa, Barnabé est un plouc !

Qu’importe, Barnabé rêve de devenir un chevalier des temps modernes pour conquérir sa belle. Et entre le rêve et la réalité, il n’y a qu’un pas que le jeune garçon n’hésite pas à franchir. Abattage d’un champ de maïs transgénique, libération d’un troupeau de veaux promis à l’abattoir ou de volailles élevées sans avoir gambadé dehors, rien n’effraie le chevalier B.

C’est bien beau tout ça mais notre chevalier se retrouve pour quelques mois en prison. A son retour, il apprend que Rosa a quitté le village, s’est fâchée avec ses parents et est partie vivre à Paris. Le choc est rude mais son amour est indestructible. La vie à la campagne continue malgré tout, avec ses joies et ses peines.  Pendant ce temps là, Rosa, « tout là-bas dans la capitale, grille sa vie, vieillit en accéléré à coups de désillusions, court court court et s’essouffle, prend des cours de théâtre, fait la queue dans les castings, se laisse séduire par des promesses un jour sur deux, se réveille avec une gueule de bois tous les quatre matins, reprend espoir et repart comme un bon petit soldat maquillé, manucuré, body-buildé« .

Le monde dans lequel vit Rosa est bien différent de celui de Barnabé. D’un côté la campagne, l’authenticité et parfois l’archaïsme. De l’autre, la ville, le règne de l’illusion et la société de consommation. Le chevalier réussira t-il à revoir un jour sa belle ? Je ne vous en dit pas plus, je ne veux pas gâcher le plaisir….

 

Chevalier B. est un roman à la fois mélancolique et drôle. Au départ, j’ai éprouvé un sentiment de malaise vis à vis de ce jeune candide dont on pourrait se moquer TRÈS facilement. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, Barnabé n’est pas bête et possède une force de caractère incroyable. Les expériences les plus douloureuses glissent sur lui. Il ne se laisse jamais abattre car son amour pour Rosa est absolu et surpasse tout. Chevalier B. est en fait un roman d’apprentissage contemporain dans lequel le lecteur pourra trouver matière à réfléchir sur notre monde.

Martine Pouchain, avec son écriture pleine de vie -parfois proche de
l’oral- et d’humour, a réussi à m’emporter dans son histoire. Pour moi, ce n’est pas un coup de cœur mais un agréable moment de lecture !

POUCHAIN, Martine, Chevalier B., Éditions Sarbacanes, 2007.

A la mémoire des disparus d’Oradour sur Glane

Rolande Causse rend hommage à travers ce court texte poétique à tous les disparus d’Oradour sur Glane tués par balles ou brulés vifs dans l’église du village le 10 juin 1944 par des SS, 4 jours après le débarquement de Normandie et le début de la libération de la France. Elle raconte avec beaucoup de pudeur les derniers instants de vie avant le drame dans ce gros bourg du Limousin : les enfants à l’école, l’épouse de l’instituteur en train de se faire couper les cheveux, l’équipe de foot réunie en ce samedi, etc. Et puis, l’horreur, l’indicible, avec l’arrivée des soldats allemands.

Les dessins à l’aquarelle de Georges Lemoine illustrent magnifiquement le texte. J’aime beaucoup la première de couverture. Elle en dit long avec, au premier plan, les bottes et le bas du corps d’un soldat allemand en uniforme tourné vers le village dont on voit l’église et les habitations en flammes en arrière plan.

Jean-François s’est rendu à Oradour. Il raconte ce qu’il a ressenti là-bas et dit d’Oradour la douleur que « c’est une parfaite réussite ».

CAUSSE, Rolande et LEMOINE, Georges, Oradour la douleur, Syros jeunesse, 2001.

« Le cadenas du marché Yéhouda » de Michaël Sebban

Quatrième de couverture :

« Depuis qu’il est de retour en Israël, Lyahou (Éli S. en hébreu) ne
cesse de voir des choses bizarres. Ce deuxième cadenas rajouté au
restaurant de son copain Avi ; ce passant qui s’effondre juste avant
l’attentat de Yaffo Street ; cette improbable arnaque immobilière à
Emek Réfaïm ; ce marchand de souvenirs qui fait un infarctus après
avoir parlé à un enfant… Certains n’y verraient que des évènements
extraordinaires. Pas Lyahou, qui ne croit pas aux hasards, mais en la
Providence… et va découvrir que tout ceci a un lien. Un secret de
famille verrouillé à double tour.

Après La Terre promise pas encore,
Lehaïm et Kotel California, Le Cadenas du marché Yéhouda est le
quatrième volet des aventures d’Eli S. Un retour aux sources pour ce
personnage haut en couleurs pilier de bar, surfeur, amateur de cigares,
d’anisette et de textes mystiques – qui semble, enfin, avoir trouvé sa
terre promise.
 »

Cette quatrième de couverture m’a beaucoup attirée alors que je n’avais jamais entendu parler de ce roman ni de son auteur. Israël, le surf, un secret de famille, un personnage principal atypique qui passe des magouilles à la synagogue, une belle première de couverture : ce livre avait tout pour me plaire ! Oui, mais voilà, j’ai été déçue et je n’ai pas réussi à accrocher. Pourquoi ? Difficile à dire mais je crois que l’intrigue manque de profondeur à mon goût et que certains personnages mériteraient d’avoir une place plus importante… 

Je n’en dirai pas plus car j’ai toujours du mal à faire un billet sur un livre qui n’a pas retenu mon attention et qui ne restera pas dans ma mémoire…

SEBBAN, Michaël, Le cadenas du marché Yéhouda, Hachette, 2008.

Maus

Art Spiegelman, célèbre dessinateur new-yorkais, connu notamment grâce à l’immense succès de Maus (prix Pulitzer 1992), raconte la vie de Vladek, son père, émigré juif polonais survivant d’Auschwitz. L’originalité de cette BD en noir et blanc réside dans le fait que les juifs sont représentés par des souris et les nazis par des chats.

Outre l’aspect historique, le livre montre également les répercutions psychologiques du génocide juif et les conséquences pour les générations « d’après ». En effet, Art et son père ont des relations très conflictuelles qu’ils ne parviendront pas à apaiser. Vladek est trop radin et trop exigeant vis à vis de son entourage. Art, lui, culpabilise de ne pas avoir vécu l’horreur, d’être en vie, de ne pas faire aussi bien que son père le souhaiterait, d’avoir du succès grâce à la tragédie vécue par sa famille, etc.

J’avais déjà lu cette BD il y a deux ou trois ans mais je n’ai pas pu résister quand elle m’est passée à nouveau entre les mains.  Il fallait que je la relise… Le sujet est bien évidement très dur mais je trouve que c’est plus facile à lire que les romans ou les témoignages historiques sur le même sujet. Et puis, les touches d’humour apportées par le dessinateur au sujet de son père apaisent un peu les choses…

C’est une BD à ne pas manquer si vous ne la connaissez pas encore !

Kathel a aussi fait un billet sur Maus aujourdh’ui.

SPIEGELMAN, Art, Maus, Flammarion, 1998.

p.123

Finette m’a taguée. Et ça tombe très bien car avec le déménagement, je n’ai pas du tout le temps de lire et encore moins d’être régulière sur ce blog… Donc voici un petit tag très rapide. La règle est la suivante : prendre le livre le plus proche, trouver la cinquième phrase puis recopier les quatre suivantes.

« Je ne pouvais lui expliquer, et m’expliquer à moi-même,
que je devais à quelqu’un trois années de ma vie,
et ensuite ma vie entière.
Et que Massada ne tombe pas une seconde fois.

Lorsque Kineret a dit de sa voix douce la célèbre incantation Et que Massada ne tombe pas une seconde fois, nous étions en larmes, prêtes à prendre les armes et à nous faire dégommer dans la minute pour protéger notre petit pays. Ce pays où les veuves ont trente ans, où les canons ne se sont jamais tus et où, lorsque l’on dit le fils du voisin est « tombé », chacun sait que c’est à la guerre.« 

Quand j’étais soldate m’a été offert par Lucie dans le cadre du Swap littérature jeunesse. Je ne l’ai pas encore lu car je le réserve pour ce été. Tout ce que je peux vous dire c’est que c’est l’histoire de Valérie, 18 ans à la fin des années 80, obligée de faire son service militaire dans l’armée israélienne pendant deux ans comme toutes les jeunes filles de son pays.

Hier soir dans ma boîte aux lettres…

Hier soir, en rentrant du boulot, après une journée bien speed (comme d’habitude en ce moment…), il y avait un petit paquet dans ma boîte aux lettres. Je me suis dit : « tiens, voilà le livre que j’avais prêté à Florinette« . Elle m’a envoyé un mail mardi pour me dire qu’elle venait de le poster donc c’était logique…

Mais non, heureuse surprise, c’était le livre envoyé gratuitement dans le cadre de l’opération Masse critique de Babélio.

Maintenant, il va falloir que je trouve un peu de temps pour le lire, entre deux cartons de déménagement. Ou que j’attende les vacances, dans moins de trois semaines ! Recevoir des livres gratuitement, j’adore !

« Mille soleils splendides » de Khaled Hosseini

En Afghanistan, dans un pays en proie à la guerre depuis des années et des années, les destins de deux femmes s’entremêlent.

La première, Mariam, passe son enfance dans la campagne des environs d’Herat avec sa mère. Son père, Jalil, ne vit pas avec elle car Mariam est une enfant illégitime, née d’une union hors mariage entre une gouvernante et son riche employeur. Le jour où la jeune fille se rend en ville pour retrouver son père -qui devait l’emmener voir un film au cinéma pour son anniversaire mais qui n’est jamais venu la chercher- sa mère se suicide. Elle n’a pas supporté que sa fille l’abandonne pour cet homme qui est son père mais qui a honte d’elle et n’a pas le courage d’assumer ses actes. Puisque Mariam est désormais orpheline, Jalil n’a pas d’autre choix que de la recueillir sous son toit. Ses femmes s’arrangent très vite pour se débarrasser d’elle en la mariant avec le premier venu. Il s’agit d’un homme veuf prénommé Rachid. Il est d’une trentaine d’année son aîné et habite à Kaboul, très loin d’Herat. A à peine 15 ans, Mariam se retrouve donc mariée de force avec un inconnu et part habiter dans un ville où elle ne connaît personne. L’enfer commence pour elle à ce moment là…

La deuxième femme de ce roman s’appelle Laila. Elle est élevée à Kaboul par ses parents, dans un famille cultivée où les femmes sont libres et non soumises au dictat des hommes. Son ami d’enfance, Tariq, est toujours à ses côtés. Ils grandissent ensemble et tombent amoureux l’un de l’autre. Mais la guerre fait rage en Afghanistan, les massacres sont incessants, les bombes pleuvent de partout et tout le monde meurt dans la capitale. Tariq décide donc de s’enfuir avec sa famille et demande Laila en mariage pour qu’elle puisse partir avec lui. La jeune fille ne peut se résoudre à quitter ses parents. Sa mère veut rester chez elle car ses deux fils sont des martyrs morts pour le pays et elle aurait l’impression des les trahir en s’enfuyant à l’étranger. Tarik et Laila sont donc séparés. Au moment où les parents de Laila se décident enfin à quitter Kaboul, une bombe s’abat sur leur maison. Laila, seule survivante, est recueillie par Mariam et Rachid. Elle aussi n’a plus de famille et se retrouve seule au monde, elle aussi se voit contrainte d’épouser Rachid…

C’est à partir de ce moment là que le destin de Mariam se mêle à celui de Laila. Au départ rivales, les deux femmes vont apprendre à se connaître et à s’entraider pour faire face à leur tyran de mari.

                              

J’ai beaucoup aimé ce roman même si au départ j’ai été un peu déçue par rapport à ce que j’ai lu sur la quatrième de couverture : je pensais que les destins de Mariam et Laila se croisaient dès le début mais ce n’est pas du tout le cas. Les 200 premières pages sont consacrées à leur vie chacune de leur côté.

Passé cette « déception », je me suis complètement laissée absorber par ce roman qui met en avant le destin tragique de deux femmes soumises à la brutalité de leur mari, à la folie d’un régime politique qui les considère comme des moins que rien et aux dures réalités de la vie en temps de guerre. Certains passages remuent les tripes et on se dit que de nombreuses femmes afghanes vivent sans doute les mêmes atrocités que les deux héroïnes. C’est un roman mais il pourrait s’agir de la réalité…

Solenn et Gambadou ont beaucoup aimé ce livre également.

HOSSEINI, Khaled, Mille soleils splendides, Belfond, 2007.

Pour la défense du prix unique du livre

Le projet de loi de « Modernisation de l’économie », actuellement en discussion dans notre pays, propose un amendement remettant en question la loi Lang sur le prix unique du livre. Cette loi est régulièrement remise en question et c’est grave car il en va de la survie de nos libraires.

Gawou a écrit un billet très intéressant sur le sujet avec des explications et des liens qui permettent de comprendre les enjeux de cette loi et l’importance de la défense du prix unique du livre. Je vous conseille vivement de le lire !

Soirée théâtre

J’ai lu Le petit Chaperon Uf il y a quelques temps déjà et j’avais adoré. Ce soir, je suis allée voir la pièce à Évreux et je n’ai pas été déçue ! Le texte de Jean-Claude Grumberg est mis en scène par Sylvie Orcier et les deux rôles principaux, celui du caporal Wolf et du Chaperon, sont joués par Hervé Briaux et Laurence Cordier.

Un des objectifs de cette pièce est de dénoncer le nazisme et le génocide juif sans jamais les nommer. Ainsi, l’auteur souhaite susciter le questionnement et le débat chez les spectateurs. Je pense que c’est un bon moyen pour discuter de cette période tragique de l’histoire, notamment avec les plus jeunes. 

Si le sujet est cruel, la mise en scène laisse beaucoup de place à la fantaisie, notamment à travers les costumes et la musique. On rit souvent, la cape du petit Chaperon est magnifique et le loup a l’air à la fois ridicule et terrible.
La musique est omniprésente tout au long de la pièce et, chose assez rare, tous les comédiens jouent d’au moins un instrument. Selon les moments, la musique renforce le côté tragique ou absurde de l’histoire.

Bref, j’ai passé un super moment, malheureusement trop court puisque la pièce ne dure que cinquante minutes. Un petit bémol cependant : le magnifique théâtre à l’italienne d’Evreux étant en travaux depuis un ou deux ans, la Scène Nationale Evreux-Louviers fait de son mieux pour trouver des lieux adéquates et cette fois-ci, la représentation s’est déroulée dans un gymnase… avec des gradins inconfortables au possible…

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