« La petite fille de Monsieur Linh » de Philippe Claudel

Un vieil homme, Monsieur Linh, fuit son pays ravagé par la guerre en compagnie de sa petite fille, encore bébé. Il n’a plus qu’elle et c’est pour la sauver, pour lui donner une vie meilleure qu’il a décidé de prendre la bateau et de se rendre dans un pays inconnu de lui.
Arrivé sur place, il est perdu. Il ne reconnait aucune odeur, aucun bruit, aucun mot familier. Il fait froid. Les gens sont pressés et courent dans tous les sens. Personne ne semble faire attention à lui. Mais Monsieur Linh doit tenir, pour sa petite fille. Même si la vie au dortoir des réfugiés n’est pas très gaie. Même s’il a peur.
Heureusement, Monsieur Linh fait la rencontre de  Monsieur Bark, un homme dont il ne comprend pas la langue mais avec qui il noue une amitié profonde, sincère.

J’avais entendu beaucoup de bien de ce roman de Philippe Claudel et j’ai été déçue… Est-ce parce que j’ai deviné assez vite la fin? Est-ce le manque d’action, de suspens? Je ne sais pas mais une chose est certaine, il ne restera pas bien longtemps dans ma mémoire.
Même si je n’ai pas « accroché », je ne peux que souligner la qualité de l’écriture. Les phrases simples, claires et concises facilitent la lecture et n’empêchent en rien, bien au contraire, la compréhension des pensées des personnages. Ce roman aborde de façon originale et profonde les thèmes de l’exil, de la solitude, du regard sur l’autre et de l’amitié.

CLAUDEL, Philippe, La petite fille de Monsieur Linh, Le livre de poche, 2007.

Entre tradition et modernité

Un titre en forme de question, Pourquoi ?, et des bougies sur un fond blanc en guise de première de couverture : surprenant pour un roman qui traite d’un sujet aussi difficile que l’excision, non ? C’est la seule chose qui m’a dérangée dans ce livre. Je me dis qu’il risque d’attirer de jeunes lecteurs, pas du tout préparés à ce genre de sujet. Ceci dit, Moka signe encore une fois un beau roman (et, bien souvent, ce ne sont pas les auteurs qui choisissent leur première de couverture !).

Wafa, 14 ans, vit à Cherbourg avec ses parents, ses frères et sœurs, sa grand-mère, son oncle et sa tante et ses cousins. Toute la famille est originaire de Somalie et Nawal, la grand-mère fait tout pour conserver les traditions, les bonnes comme les moins bonnes, celles qui sont autorisées comme celles qui ne le sont pas. Elle règne en maître sur la famille et personne n’ose remettre en question son autorité. Alors, quand Wafa comprend, à l’approche des six ans de sa petite sœur, Makeda, que l’heure est venue pour celle-ci d’être soumise à l’effroyable tradition de l’excision, elle décide de s’enfuir avec elle pour la protéger. Les deux fillettes se retrouvent seules à Paris. Où aller ? Où manger ? Où dormir ?

Pendant ce temps, à Cherbourg, les frères de Wafa se posent beaucoup de questions. Pourquoi la jeune fille, si respectueuse de la famille, si travailleuse à l’école comme à la maison, a t-elle disparu ? Pourquoi les adultes ne veulent-ils pas leur dire la vérité ? Pourquoi ne préviennent-ils pas la police ? Les garçons, et surtout Cali, le plus grand, se sentent écartelés entre le respect des traditions et de la famille et l’envie de découvrir la vérité, de ne pas laisser la grand-mère, Nawal, décider de tout.

                                                     

Ce roman dénonce la soumission des femmes à leur mari et à leur famille ainsi qu’à des traditions inhumaines dans certaines sociétés africaines. Il montre deux mondes séparés qui vivent l’un à côté de l’autre sans chercher à se comprendre : celui des hommes et celui des femmes. Mais heureusement, les jeunes générations forcent la marche vers la modernité : l’école et l’éducation y sont pour beaucoup. A mon sens, le guérisseur, appelé pour chasser un démon, a un rôle primordial dans cette histoire. Il montre qu’il est possible de trouver un équilibre entre tradition et modernité. En effet, ce guérisseur soigne grâce aux plantes, comme en Afrique, mais il est aussi parfaitement intégré à la société moderne : ses filles font des études, elles ne seront pas mariées de force, etc.

Fille des crocodiles de Marie-Florence Ehret dénonce également l’excision des petites filles.

MOKA, Pourquoi ?, L’école des loisirs, 2006.

« Contes d’Alexandrie » d’Eglal Errera

Les soirs de lune nouvelle, à Alexandrie, un homme qu’on appelait l’Alexandrin, donnait une fête en l’honneur des enfants de la ville. Il les recevait dans sa « maison basse et blanche avec une terrasse qui avançait sur la mer comme la proue d’un bateau » (p.7), et les écoutait parler et rire. En ce soir du moi de mai, « la fête ne se passa pas comme les autres fois : ce ne fut pas l’Alexandrin qui questionna et les enfants qui racontèrent mais lui qui parla et les enfants qui écoutèrent » (p.7-8). Dans un ambiance enchanteresse, Alexandrin raconte donc comment cinq rencontres ont bouleversé sa vie et fait de lui un homme heureux et aimé de tous.

Et son histoire est une belle leçon de tolérance. Alexandrin est un homme ouvert et sensible, humain, à l’écoute du monde qui l’entoure. Il vivait à une époque bien différente de la notre… « Et heureux, à Alexandrie, on l’était vraiment. Car, en ce temps-là, dans la ville entre l’eau et le désert d’Égypte, on savait vivre ensemble même si on ne se ressemblait pas, si on ne parlait pas la même langue et on ne goûtait pas aux mêmes plats.On était musulman, copte ou arménien, juif, grec ou italien, on venait de pays voisins ou de l’autre bout de la mer, on vivait là depuis toujours, depuis quelques centaines d’années seulement, ou moins encore. Cela n’avait pas d’importance.
Dans cette ville pas comme les autres, on disait qu’il n’y avait pas d’étrangers ou bien que tout le monde l’était. Et on aimait ça, ce mélange d’yeux bleus et noirs, de peaux claires  et cuivrées, d’accents et d’habitudes. On était heureux, vraiment. C’était il n’y a pas si longtemps. »

Encore une fois, Eglal Errera puise son inspiration dans sa ville natale, Alexandrie, et nous livre une histoire pleine de sensibilité et d’amour. Les photos d’Annie Assouline, retouchées et illustrées par Anne-Marie Adda, donnent un petit côté kitch et hors de temps à ce joli conte. Les jeunes lecteurs auront peut être besoin d’un adulte pour leur expliquer la portée symbolique de certains passages mais j’ai vraiment bien aimé ce livre.


ERRERA, Eglal, Contes d’Alexandrie, Actes Sud Junior, 2007.

« Le paradis d’en bas » d’Audren

Léopold vit avec ses parents et sa petite sœur dans un trois-pièces, au onzième étage d’une tour parisienne. Un jour, une lettre surprenante bouleverse leur vie : la mère du jeune garçon vient d’hériter d’une maison à Barbizon et d’une grosse somme d’argent. Toute la famille déménage et c’est le grand bonheur : une maison, un village où les habitants prennent le temps de vivre, de nouveaux camarades, la forêt, etc.

A l’école, Léopold découvre très vite que d’autres familles viennent aussi d’hériter d’une maison. Pour lui, c’est une drôle de coïncidence. Pour ses parents c’est un pur hasard. Il décide de mener l’enquête et forme un club avec trois camarades, tous dans la même situation que lui. Les quatre amis découvrent qu’ils ont tous un père ou une mère né sous X. Hasard ou coïncidence ?

                                              

Voilà un livre agréable à lire qui traite d’un sujet sérieux, l’accouchement sous X, sans entrer dans des considérations psychologiques trop lourdes ni s’apitoyer sur le sort des personnages. Une belle réussite !

Le héros, Léopold, est une petit garçon de 10 ans qui porte souvent un regard critique et juste vis à vis des adultes. Il aime les métaphores, comme son papa, ce qui est l’occasion pour l’auteur d’inventer de nombreux jeux autour du langage (on trouve aussi des anagrammes).

Le paradis d’en bas fait partie de plusieurs sélections de prix de littérature de jeunesse pour cette année et l’année prochaine. J’espère qu’il plaira aux jeunes lecteurs car il le mérite. En tous cas, ce livre est facile à lire et le suspens est entretenu jusqu’à la fin.

Son auteur, Audren, écrit des livres mais aussi des paroles de chansons ou des poèmes. Elle a également à son actif plusieurs CD ainsi que des musiques de films et de jeux vidéo.

Pour en savoir un petit peu plus sur cet auteur, visitez le site d’Audren

AUDREN, Le paradis d’en bas, L’école des loisirs, 2007.

« Paris Bagdad » d’Olivier Ravanello

Jules, 16 ans, est en vacances à Paris chez sa tante, Magali, reporter pour Paris Match. Ils sont sur le point de visiter le musée d’Orsay quand celle-ci reçoit un appel de son rédacteur en chef : elle doit partir en urgence en Irak pour faire un reportage. Jules ne peut pas rester tout seul à Paris alors il part avec elle. A Bagdad, il fait la connaissance de nombreux journalistes et découvre leur quotidien : tournage de reportages, directs au journal de 20 heures, écriture d’articles, prise de risques, attentats…

Quand Bilal, le copain de Jules, se fait enlever, personne ne veut le croire et les journalistes accordent peu d’importance à cette information banale pour un pays comme l’Irak. Mais le jeune adolescent ne compte pas en rester là….

                                                          

Paris Bagdad
apporte des informations sur la guerre en Irak et permettra sans doute aux adolescents d’y voir un peu clair dans ce conflit dont on entend parler très souvent à la télévision mais qui nous parait souvent compliqué vu de l’Occident. Ce n’est pas le seul intérêt de ce roman : il permet aussi de découvrir le métier de journaliste reporter dans un pays en guerre. Comment les journalistes travaillent ? Comment vivent-ils les horreurs auxquelles ils sont confrontés ? Quels risques doivent-ils prendre pour trouver l’information qui va attirer l’attention du lecteur ou du téléspectateur ? A la fin du livre, le lecteur peut découvrir l’évolution d’une dépêche AFP au fil des heures ou lire les carnet d’Olivier Ravanello dans lequel il prend des notes, prépare ses directs, etc.

L’auteur de Paris Bagdad, olivier Ravanello, est reporter sur LCI et TF1. Il a notamment couvert la guerre en Irak et a mis à profit son expérience pour écrire ce roman où fiction et réalité son mêlées. L’écriture, au style journaliste, est simple, claire et va droit au but. Le suspens est entretenu jusqu’à la fin. L’humour a aussi sa place. Bref : un roman super intéressant qui se lit d’une traite !

RAVANELLO, Olivier, Paris Bagdad, Grasset Jeunesse, 2007.

Un regard émouvant sur la guerre 14-18

Eté 1914 : Pierre et Élisabeth sont mariés depuis un an et se sont installés dans un village du Nord de la France où le jeune homme est instituteur quand la guerre éclate. Comme tous les hommes de 18 à 48 ans, Pierre est réquisitionné et doit se rendre sur le front. La séparation est atroce. Élisabeth remplace son mari à l’école et fait la classe. Heureusement, ils peuvent se donner des nouvelles régulièrement par lettres. Mais les semaines, les mois et les années se succèdent dans la boue des tranchées. Au village, les allemands occupent certaines maisons et pillent les biens des familles. La misère et la famine règnent.

                                                        

Encore un très beau livre de Dorothée Piatek. J’ai découvert cet auteur très récemment avec Je marchais MALGRE MOI dans les pas du diable et je trouve son écriture d’une grande qualité. De plus, ses personnages sont attachants, émouvants, sensibles.

J’ai bien aimé aussi les illustrations de Yann Hamonic qui mettent en évidence l’horreur de la guerre et complètent bien l’histoire écrite pas Dorothée Piatek.

 

PIATEK, Dorothée, HAMONIC, Yann, L’horizon bleu, Petit à petit, 2002.

« Je marchais MALGRE MOI dans les pas du diable » de Dorothée Piatek

1939 : l’armée allemande menace d’envahir Strasbourg et le gouvernement donne ordre à la population d’évacuer la capitale alsacienne. François, 15 ans, quitte sa ville natale et ses amis  pour fuir vers le Sud de la France en compagnie de ses parents et de son frère. Après de longues heures de train, la famille, accompagnée d’un voisin et ami juif, Mr Cohen, trouve refuge dans un village du Périgord, comme de nombreux strasbourgeois. C’est la drôle de guerre et la vie est difficile pour François et les siens.

Le jeune homme fait par hasard la connaissance d’Anne, une jeune fille à peine plus jeune que lui, réfugiée avec sa famille à Périgueux. Le père d’Anne, en raison de son travail, se rend souvent à Strasbourg. La jeune fille est donc au courant des dernières nouvelles d’Alsace. Petit à petit, Françoise tombe amoureux d’elle.

Hélas, Pétain signe l’armistice et tous les alsaciens doivent rentrer chez eux. Mr Cohen, lui, décide de rester dans le Sud de la France car il est juif. C’est un véritable déchirement pour François qui doit aussi quitter Anne dont le père a reçu l’ordre d’aller travailler à Toulon.

Le retour à Strasbourg est difficile. La ville est occupée par les allemands, les Français doivent obéir aux ordres et ne peuvent plus parler leur langue. Ils sont obligés de prendre des cours d’allemand. Les prénoms et noms de famille sont germanisés. Les alsaciens subissent des pressions de toutes parts et la population est embrigadée. Malgré lui, François va devoir marcher dans les pas du diable…

                                                          

J’ai adoré ce livre qui raconte, à travers un cas particulier, l’histoire des Malgré Nous, ces milliers de jeunes alsaciens et mosellans enrôles de force dans l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.
Un passage m’a particulièrement marqué : de retour à Strasbourg, le père de François se rend compte de la dure réalité de l’occupation et réunit ses fils pour leur dire que, même s’ils sont obligés d’obéir aux ordres de l’ennemi pour survivre, ils doivent rester français dans leur cœur.
« Gardez votre esprit critique, ne laissez personne intervenir dans la seule liberté qu’il vous reste. » (p. 111)

François, le personnage principal, est un jeune adolescent qui, à cause de la guerre, devient adulte avant l’heure. Il voit son camarade d’enfance se laisser embrigader par les nazis, il est séparé de son premier amour par la force des choses et il est amené à prendre des responsabilités qui ne devraient pas incomber à des jeunes gens de son âge. Cependant, il ne perd pas son sens critique, et ne comprend pas pourquoi il y a un tel racisme contre les juifs, les tziganes et les homosexuels.

Pour conclure, je dirai que Je marchais MALGRE MOI dans les pas du diable est un excellent roman de Dorothée Piatek publié par les éditions Petit à Petit, une petite maison d’édition normande qui publie généralement de très beaux livres. L’écriture est de qualité et les personnages d’une sensibilité et d’un courage remarquables.

PIATEK, Dorothée, Je marchais MALGRE MOI dans les pas du diable, Petit à petit, 2006.

La marche, quel bonheur !

Traverser la France d’Est en Ouest à pied, pendant trois mois, avec un âne, tel est le pari réussi d’Emmanuelle  Grün.  L’auteur explique ainsi son projet : « Certains rêves de liberté ne s’imaginent pas. Surtout là où le goudron quadrille le paysage. Surtout à notre époque où l’homme n’accorde de salut qu’aux divines machines et au clinquant des décors citadins, faits de néons et de paillettes, de dollars et d’artifices.
Je ne fuis donc pas une maison, mais une époque, avec ses cafouillages technocratiques, ses éblouissements et ses vanités. Car tenace est ma soif d’un bol d’air frais, de poésie et d’humanité
« .

Oui, effectivement, la marche permet de respirer, de prendre son temps, de rencontrer des gens et surtout de profiter simplement de la vie ! C’est pour cette raison que nous la pratiquons autant que possible aux beaux jours.

Dans son livre, Emmanuelle Grün raconte son quotidien, ses petits tracas, ses difficultés à trouver sa route sur des chemins de randonnée pas toujours bien balisés, ses moments de bonheur avec son âne Mousty, l’accueil chaleureux ou au contraire hostile qu’on lui a réservé dans les villages tout au long de sa traversée…. Bref un livre simple, agréable à lire, qui offre un bol d’air frais en cette période où il commence à faire froid et où marcher devient beaucoup moins agréable.

GRUN, Emmanuelle, Du soleil dans les yeux et le pas de l’âne comme un coeur qui bat, Yvelinédition, 2005.

Vacances !!!!!!!!!!!!!!!

Voici venu pour moi le temps des vacances !!! Pas de PC à La Rochelle donc le blog sera en pause pour une semaine ou peut être un peu plus. Oui, je résisterai à la tentation d’aller dans un cybercafé, non je ne consulterai pas mes mails et je n’irai pas sur mon blog !!!!!!!! Pas d’ordinateur, ça fait parfois du bien car à force, on devient accro…

Si vous avez deux ou trois minutes je vous propose d’aller voir cette petite vidéo dans laquelle vous trouverez le mode d’emploi du livre :

http://www.youtube.com/watch?v=pMf8DhEea1w&eurl=http://knowledgemouv.blogspot.com/

J’attends vos réactions!!!

A bientôt

Une très belle découverte !

Je ne connaissais pas Jean-Philippe Blondel jusqu’à hier. C’est grâce à Clochette que j’ai fait cette belle découverte. Quand j’ai commencé à lire This is not a love song,  je n’ai pas pu le lâcher. En moins d’une demi-journée, je l’ai lu en entier !

Vincent a 37 ans. Il vit avec sa femme et ses deux filles en Angleterre. Un jour, celle-ci décide de passer une semaine chez ses parents avec ses filles pour se faire dorloter, se reposer et prendre un peu de temps libre. Vincent ne sait pas trop quoi faire mais finalement, plutôt que de rester tout seul, il décide d’aller en France, chez ses parents. Il n’y retourne qu’une fois par an, en coup de vent car il ne se sent pas bien dans sa famille. C’est donc l’occasion d’y passer un peu plus de temps.

A 27 ans, il est parti vivre en Angleterre avec celle qui deviendra sa femme. A l’époque, il était un « loser » : petits boulots à droite et à gauche, multiples conquêtes féminines, fêtes entre copains, alcool… Il rencontre Susan une assistante anglaise issue d’une famille aisée, qui passe un an en France. Il se dit que cette histoire ne va peut être pas durer mais suivre Susan à son retour en Angleterre est pour Vincent un moyen de prendre un nouveau départ, de fuir sa famille, sa ville, ses amis… En Angleterre, personne ne le connaît, personne ne le juge et très vite il est à la tête d’une entreprise de sandwiches haut de gamme. Une belle réussite sociale pour un ancien « loser » !

A Londres, il oublie complètement son passé, ce passé qui va resurgir lors de cette semaine dans sa ville natale. Que sont devenus Olivier, son « deuxième meilleur ami », Fanny, son ex et surtout Etienne son ancien colocataire avec qui il a partagé sa vie pendant plusieurs années ?

Vincent est cynique et égoïste mais je me suis sentie très vite proche de ce personnage pas toujours en accord avec sa conscience. Il aime sa femme et ses enfants et ne profite pas de sa réussite pour écraser les autres. Simplement, il est très critique vis à vis de ses parents, de son frère et de son ancienne vie. Et sa conscience ne le laisse pas tranquille… J’ai aussi beaucoup aimé ses répliques cinglantes et son humour.

This is not a love song invite le lecteur à réfléchir sur son propre passé (est-ce qu’on a toujours agi de façon juste vis à vis des gens qui, à un moment donné, on fait partie de notre vie ?), sur le rapport à la famille, l’amitié, la réussite sociale…

Quelques passages qui m’ont particulièrement marqués :
« Je n’ai pas l’habitude de frapper un homme à terre. Je n’ai de toute façon pas l’habitude de frapper un homme. Je ne me bats pas. J’esquive. Je cours autour du ring jusqu’à épuisement de l’adversaire. Et, ensuite, je prends la courbe d’escampette. » (p. 99).

« Est-ce qu’on reste responsable des gens avec lesquels on a vécu, un fois que notre histoire commune s’est terminée ? » (p. 164).

A lire de toute urgence !

BLONDEL, Jean-Philippe, This is not a love song, Robert Laffont, 2007.

%d blogueurs aiment cette page :