« Garden of love » de Marcus Malte

Quatrième de couverture :

« Troublant, diabolique même, ce manuscrit qu’Alexandre Astrid reçoit par la poste ! Le titre : Garden of love. L’auteur : anonyme. Une provocation pour ce flic sur la touche, à la dérive, mais pas idiot pour autant. Loin de là. Il comprend vite qu’il s’agit de sa propre vie. Dévoyée. Dévoilée. Détruite. Voilà soudain Astrid renvoyé à ses plus douloureux et violents vertiges. Car l’auteur du texte brouille les pistes. Avec tant de perversion que s’ouvre un subtil jeu de manipulations, de peurs et de pleurs.
Comme dans un impitoyable palais des glaces où s’affronteraient passé et présent, raison et folie, Garden of love, est un roman palpitant, virtuose, peuplé de voix intimes qui susurrent à l’oreille confidences et mensonges, tentations et remords. Et tendent un redoutable piège. Avec un fier aplomb. »


Les quatrièmes de couverture des livres ne sont pas toujours d’une grande qualité mais cette fois-ci, je trouve que tout y est. Je ne saurais pas faire mieux pour résumer ce remarquable roman qui m’a tenu en halène jusqu’au bout grâce à une intrigue superbement menée.

L’auteur s’est amusé à brouiller les pistes (notamment grâce au thème de la schizophrénie) à mélanger la réalité et la fiction, le passé et le présent. Le lecteur doit donc accepter de ne pas tout comprendre et reconstituer les différentes pièces du puzzle petit à petit. J’ai parfois été un peu déroutée par les changements de narrateur, j’ai dû revenir en arrière à deux ou trois reprises car j’étais un peu perdue mais tout cela fait partie du jeu et ne m’a pas empêché de dévorer ce livre! De plus, l’écriture est d’une grande qualité, ce qui ne gâche rien au plaisir de lire, bien au contraire !

Si vous voulez en savoir plus sur cet auteur, je l’ai rencontré il y a quelques temps.

Hélène aussi a adoré ce roman.

Pour visiter le site de l’auteur, c’est ici.

MALTE, Marcus, Garden of love, Zulma, 2007.

Un minuscule inventaire de Jean-Philippe blondel

Antoine, la quarantaine, vit désormais seul : sa femme l’a quitté pour aller vivre avec un dentiste. Bien entendu, les deux enfants sont partis avec elle…

Un jour, il voit une publicité pour un vide-grenier dans le journal local et décide d’y participer pour faire du tri dans sa vie et repartir sur le bon chemin :

« pour être léger, pour être un nuage qui se déplace avec lenteur et grâce, je dois divorcer de mon trop-plein, me séparer des affaires qui traînent dans les recoins ou sur les étagères, de ces objets offerts ou achetés de plein gré qui pourrissent lentement sur des planches oubliées. Tous ces non-souvenirs qui encombrent les mémoires vides. Je dois dépoussiérer pour prendre mon envol« .

Mais voilà, la paire de boucles d’oreille, la petite couverture en laine jaune ou encore le hamac rouge, objets en apparences anodins, ne changent pas de propriétaires sans rappeler à Antoine de vieux souvenirs. Ce vide-grenier est l’occasion pour lui de faire un bilan.

Puis, passé et présent se rejoignent: les nouveaux propriétaires de tous ces objets dévoilent eux aussi leurs sentiments et expliquent les raisons de leur achat.

                               

La première fois que j’ai lu la quatrième de couverture de ce roman en librairie, je l’ai reposé en me disant que ça devait être un livre triste sans grand intérêt, un de plus sur le thème du divorce. Et puis, quelques semaines plus tard, j’ai décidé de l’acheter quand même car Jean-Philippe Blondel est un auteur que j’apprécie beaucoup. Jusqu’ici, aucun de ses livres ne m’a déçue, bien au contraire. Cette fois encore, je ne regrette rien !

Comme toujours chez cet auteur, on trouve des personnages vrais et sincères qui n’ont pas peur d’exprimer leur ressenti. Un minuscule inventaire explore les thèmes de l’amitié, des relations père-fils, de la transmission entre parents et enfants, du secret, du divorce et de la solitude.

Je me suis retrouvée dans le personnage d’Antoine car certains de ces questionnements et de ses sentiments sont aussi les miens. De plus, je n’ai jamais décidé de faire un vide-grenier mais il m’arrive parfois de tomber par hasard sur certains objets qui me rappellent de vieux souvenirs enfouis, bon ou mauvais.

Bref, vous l’aurez compris, je vous recommande vivement ce magnifique roman !

Lire l’avis de Lily, de Cathe, de Clochette, de Cuné, d’Anne, de Florinette et d’Hélène,

BLONDEL, Jean-Philippe, Un minuscule inventaire, Pocket, 2007.

Un outil très pratique !

Hier soir, j’avais pas mal de choses à faire et j’ai eu le malheur de me mettre devant l’ordinateur en rentrant du boulot : « juste quelques minutes, histoire de lire mes mails et de visiter un ou deux blogs pour décompresser ». Mais voilà, comme souvent, je me suis laissée engloutir par le Net !

Au moins, cette fois-ci, j’ai été efficace : j’ai installé ce petit moteur de recherche, à droite. Certains connaissent déjà (j’ai piqué l’idée sur d’autres blogs…). C’est un outil pratique qui permet de faire des recherches sur ce blog ou sur le web. Comme ça, pas besoin de créer un index des auteurs ou des titres pour retrouver de vieilles critiques !

ça y est, je l’ai vu !

Je ne vais pas vous raconter le film, vous faites sans doute partie des 12 ou 13 millions de spectateurs qui l’ont déjà vu. Et si ce n’est pas le cas, il est IMPOSSIBLE de ne pas en avoir entendu parler !

Alors, comme tout le monde ou presque, je trouve ce film excellent et j’ai beaucoup rigolé. Un vrai rayon de soleil en ce lundi de Pâques pluvieux et froid !

Bien entendu, j’ai vu tellement d’extraits à la télévision que l’effet de surprise a parfois été gâché. Et puis, y’a aussi m’pèr et m’mèr qu’ont pas arrêté de nous raconter leurs scènes préférées! Y savent pas tenir leur langue !

J’espère que Bienvenue chez les cht’is deviendra un film culte, un de ces films qu’on voit et revoit sans jamais se lasser. En tous cas, il le mérite !

Et j’attends avec impatience le prochain spectacle de Dany Boon, parce que ça fait tellement du bien de rire et que j’aime beaucoup son humour !

De retour du salon de livre !

Aujourd’hui, pour la première fois, je suis allée au salon du livre. C’était une journée géniale mais fatigante ! L’avantage d’y aller le dernier jour, c’est qu’il n’y a pas trop de monde (le matin, il n’y avait quasiment personne). L’inconvénient, c’est que beaucoup d’auteur connus ont fait leurs dédicaces les jours précédents…
Voici mes achats :

Davdi Golder d’Irène Némirovsky
Les autres, d’Alice Ferney
Garden of love de Marcus Malte
1979 de Jean-Philippe Blondel
Camaradesdeclasse de Didier Daeninckx

A cela, s’ajoutent quelques petits cadeaux des éditeurs: des marques-pages publicitaires, un CD avec des extraits d’œuvres littéraires d’Israël et un superbe carnet de notes aux couleurs de la première de couverture du livre d’Alice Ferney, Les autres.

J’ai été TRÈS TRÈS raisonnable, vous ne pourrez pas dire le contraire ! A vrai dire je me suis limitée bien entendu en raison de mon budget mais surtout parce que je trouve que certains livres sont hors de prix. Des livres de poche autour de 10 euros et des grands formats à plus de 20 : vive la culture accessible à tous !

L’île aux peintres de Claire Mazard

Quatrième de couverture :
« Clément et son père Thierry entretiennent des relations difficiles.
Sur les conseils de sa mère, Clément décide cependant de lui offrir un
cadeau pour sa fête. Il trouve dans une brocante un tableau
représentant le portrait d’un jeune homme ressemblant fortement à
Thierry, sur fond de palmiers et de maisons coloniales. Intrigué par
cette ressemblance et par la réaction de son père lorsqu’il lui offre
le cadeau, Clément décide de mener l’enquête. Il découvre alors un
manuscrit qui va lui révéler l’incroyable vérité et lui permettre de
mieux comprendre ce père qui était resté un inconnu pour lui. »

Voici un roman sympathique sur les relations père-fils et sur le poids du passé. On découvre petit à petit, en même temps que Clément, le contenu de ce manuscrit trouvé par le plus grand des hasards dans une brocante et qui va permettre au jeune ado et à son père de se réconcilier. Le suspens -que s’est-il passé d’important pendant la jeunesse du père?- est maintenu jusqu’au bout ou presque mais je m’attendais à une révélation plus importante. Je suis donc restée un peu sur ma faim même si j’ai passé un agréable moment de lecture !

Un extrait :
En cours, Boris me glisse des petits papiers. Ses réflexions du moment.

« Ne pas se prendre au sérieux, plus difficile qu’on ne croit. »

« L’important dans la vie : se regarder avec des yeux extérieurs. »

« De temps en temps, arrêter son existence et la saisir en son entier. »

« A chacun de lire le roman de sa vie. A chacun d’aimer son propre personnage dans le roman de la vie. Simplement. Sans orgueil. »

J’ai gardé tous ces petits papier.

MAZARD, Claire, L’île aux peintres, Seuil, 2007.

Un petit poème sur le livre

Le livre

          Le livre est l’animal le plus familier que l’on puisse connaître, rêver, trouver. Les livres sont fidèles, s’ouvrent facilement. Ils volent en compagnie, voir « étagères ». Les livres restent. On achète parfois moins de livres qu’on peut en lire, parfois plus (overbooking). Le livre reste un moyen de transport fulgurant. Le livre reste. Le livre est. On ne peut en dire autant de tout le monde.


Jacques Rebotier

Réconciliation avec Philippe Claudel

Il y a quelques temps déjà, suite à de nombreuses critiques élogieuses sur la blogosphère, j’ai lu La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel mais je n’ai pas vraiment accroché. Et puis Le rapport de Brodeck a obtenu le prix Goncourt des lycéens (le seul prix littéraire auquel je fais confiance…) et une fois encore, je n’ai entendu que des avis positifs. Je me suis donc lancée dans la lecture de ce roman, non sans quelques réticences, et j’ai adoré !

Quatrième de couverture :
« Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache.
Moi, je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.
Mais les autres m’ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études. » J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses. Nous, on ne sait pas faire cela. On s’embrouillerait, mais toi, tu diras et alors ils te croiront. »

L’histoire se passe juste après la guerre, dans un petit village, non loin de la frontière avec l’ennemi. Cette guerre, elle n’est pas explicitement nommée mais on pense tout de suite à la Seconde Guerre Mondiale puisqu’il est question de camp de concentration. Mais après tout, ça pourrait être n’importe quelle guerre… On ne sait pas non plus où se situe le village : peut être en Alsace ou peut être ailleurs.

Dans ce contexte, Brodeck, le narrateur, accepte sous la contrainte d’écrire un rapport sur un évènement tragique qui vient de se dérouler au village et dont un étranger, rejeté par la population en raison de sa différence, a été victime. Cet évènement, Brodeck n’y a pas assisté et ne le cautionne absolument pas mais tout le village ne pense pas comme lui.

L’écriture du rapport fait ressurgir des souvenirs personnels atroces (les aller-retours entre le passé et le présent sont très nombreux tout au long du roman) mais malgré tout cela, Brodeck est encore capable de continuer à vivre et à aimer.

                        

Que dire sur ce magnifique texte ? L’écriture est d’une qualité remarquable, le personnage de Brodeck est saisissant de douleur et de vérité, l’analyse des sentiments et des attitudes des gens, en temps de guerre mais aussi après, est époustouflante. Je pourrais poursuivre les éloges longtemps… Vous l’aurez compris, ce roman m’a réconciliée avec Philippe Claudel !

Lire l’avis de Sylire, d’Anne, de BelleSahi, de Gambadou, d’Eissel et de Caro[line].    

CLAUDEL Philippe, Le rapport de Brodeck, Stock, 207.

« Be safe » de Xavier-Laurent Petit

Jeremy et son frère Oskar passent leurs journées à jouer de la musique dans le garage de la maison familiale. Si Oskar va au lycée, Jeremy, lui, a arrêté l’école et ne trouve pas de travail. Un jour, sur le parking d’un supermarché, ils croisent les sergents recruteurs de l’armée. En quelques minutes, Jeremy signe un contrat de quatre ans en échange d’un emploi dans la construction de ponts.

De retour à la maison, les choses se compliquent… Le père de Jeremy n’accepte pas l’engagement de son fils, sa mère a peur et Oskar réalise qu’il va se retrouver tout seul. Mais Jeremy part quand même. Il a du talent au tir et devient très vite membre des forces spéciales. C’est bien différent de la construction de ponts promise au début…

Comme beaucoup de jeunes de son âge, il part « là-bas ». Ce n’est pas dit explicitement mais « là-bas », c’est bien entendu l’Irak, pays dans lequel les soldats américains s’enlisent dans une guerre sans fin et perdent parfois la vie…

Oskar, quant à lui, se fait petit à petit à l’absence de Jérémy et forme un nouveau groupe de musique avec Makra, une jeune fille dont le frère est également engagé dans l’armée.

 

Be safe est un roman antimilitariste qui dénonce de façon à peine voilée l’engagement américain en Irak. La guerre du Vietnam en prend aussi pour son grade même si l’auteur s’y attarde moins. Les premiers temps, Jeremy n’a pas beaucoup de recul sur l’armée car il est endoctriné. Oskar, le narrateur, voit les choses de l’extérieur. Il vit dans la peur quotidienne mais heureusement, la jeune Makra est là pour partager ses peines et ses joies.

Ce roman est très riche et très dense. Il fait réfléchir sur la guerre mais propose également des choses plus légères à travers l’histoire d’amour entre Makra et Oskar et le succès de leur groupe de musique. Bref, c’est encore une belle réussite de Xavier-Laurent Petit !

PETIT, Xavier-Laurent, Be Safe, L’Ecole des loisirs, 2007.

Petits moments de bonheur

Il y a quelques temps, j’ai lu La grosse et ça m’a tellement plu que j’ai eu envie de découvrir un peu plus son auteur, Françoise Lefèvre.

Dans Consigne de minutes heureuses, l’écrivain saisie à merveille des instants de joie et de bonheur dans les petits riens qui font la vie. Avec beaucoup de sensibilité et d’émotion, elle décrit ces plaisirs simples qui permettent de dépasser la tristesse et la mélancolie et, parfois, d’être en harmonie avec soi-même et le monde qui nous entoure.

Chaque nouvelle permet à Françoise Lefèvre de se dévoiler un peu plus, de raconter un souvenir d’enfance, une amitié, un moment de communion avec la nature, etc. Mais qu’il est difficile de ne pas se laisser aller à la mélancolie, de ne pas sombrer au fond du trou : le bonheur est un combat permanent !

Quelques extraits :

« je me promenais au côté d’un amour invisible. Difficile de dire ce qu’est un amour invisible. Le vent brusquement changé en caresse sur son front. Une pluie fine et soudaine sur un trottoir brûlant. Un éblouissement qui dure quelques secondes. Impossible d’expliquer ce quelque chose en soi qui s’est installé plus fort, plus haut que le chagrin. […] Cette impression d’échapper  à soi-même, de se trouver en accord parfait avec un monde impalpable et d’y renaître sans cesse, cette impression existait déjà dans l’enfance.  Sentiment de na pas être tout à fait seule. A vrai dire de ne l’être jamais. De ne l’avoir jamais été. »

« Pour me donner du cœur à l’ouvrage, je bats le rappel des bonheurs simples qu’on sait rarement accueillir quand ils sont là.« 

« mes yeux se sont souvent posés sur des êtres apparemment ternes, rayonnant d’une lumière qui passe inaperçue. »

Lire l’avis de Florinette, qui m’a prêté ce livre avec beaucoup de gentillesse, et celui d’Anne.

LEFEVRE, Françoise, Consigne de minutes heureuses, Editions j’ai lu, 2000.

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