« Accès direct à la plage » de Jean-Philippe Blondel

Des gens ordinaires, qui ont pour seul point commun de passer leurs vacances dans des locations au bord de la mer, racontent leur vie, leur destin, leurs pensées du moment. Des familles, des couples, des célibataires, des jeunes et des moins jeunes se croisent sans le savoir et laissent transparaître leurs doutes, leurs hésitations, leurs errements.

                         

Même si Accès direct à la plage n’est pas mon roman préféré de Jean-Philippe Blondel, je dois dire que je me suis laissée entrainer très facilement par ce livre. Comme toujours chez cet auteur, les individus sont vrais et révèlent leurs pensées les plus profondes. L’authenticité, voilà la principale qualité de ses personnages !

BLONDEL, Jean-Philippe, Accès direct à la plage, Pocket, 2004.

« La grosse » de Françoise Lefèvre

La grosse est un livre voyageur. Après être parti du bassin d’Arcachon, il a fait un petit tour par les Côtes-d’Armor avant d’arriver en Normandie, chez moi ! C’est donc à mon tour d’écrire un petit billet sur ce merveilleux roman.

Quatrième de couverture :
Rien ne
prédestinait Céline Rabouillot à devenir garde-barrière. Elle lit des
livres, parle trois langues, comprend les enfants comme personne. Elle
accompagne un homme âgé qui a aimé les abeilles, la bonne chère et les
grands crus de Bourgogne. Mais elle est grosse, trop grosse pour les
« autres » que dérangent ses manières et ses habitudes. Et la voilà —
elle qui porte le poids de l’absence, le chagrin d’un enfant mort —
vouée à la haine sournoise de ceux qui n’acceptent la différence sous
aucune de ses manifestations.
Dans ce récit tragique, aux pages tour à tour fiévreuses et révoltées,
Françoise Lefèvre, en même temps qu’elle évoque cette cruauté par
phrases impitoyables, s’attache à révéler la somme de grâce et de
tendresse qui fait de Céline Rabouillot un être de passion, une Marie
Madeleine d’aujourd’hui.

 

A travers les souffrances de Céline, c’est toute la méchanceté de l’homme vis à vis de ses semblables  qui est mise en avant.   Celui qui est un peu différent (gros, maigre, géant, nain, handicapé…) est très souvent montré du doigt et stigmatisé. L’apparence règne, l’être intérieur importe peu. Nous vivons dans un monde cruel ! Et Françoise Lefèvre va jusqu’au bout pour dénoncer cette cruauté. Elle n’épargne aucun travers, aucune bassesse du genre humain. Tout y passe : la mère qui ne pense qu’à elle et n’est pas à l’écoute de ses enfants, le boucher avare, les employeurs qui se sentent supérieurs, les villageois jaloux qui inventent des ragots pour faire mal, etc.
Malgré tout cela, Céline reste digne, pleine d’amour et de tendresse. Quelle femme formidable !

Voici un petit extrait :
Aujourd’hui, Marie Madeleine, si on la rencontrait, on ne la reconnaîtrait pas. C’est qu’elle est au cœur de bien des femmes anonymes. Surtout anonymes. Agissant sur les frontières. Sous les bombardements. Dans les hôpitaux, hospices, crèches. Et dans l’ombre de leurs maisons ou de leurs appartements. Aujourd’hui, Marie Madeleine ne se retire pas dans une grotte. Elle accomplit sans relâche une œuvre invisible. Elle est au SMIC. Ou sans emploi. On ne dit plus au chômage, mais en « recherche d’emploi ». Elle est mal payée pour accomplir son travail d’infirmière ou d’institutrice. Elle fait des heures supplémentaires qu’on oublie de lui régler. Elle est en carte. En fiche. Son nom, ses fonctions sont entrés dans l’ordinateur.

Anne et Florinette ont également aimé cette histoire si belle mais si triste…

La grosse va maintenant prendre la direction de Rennes. J’espère qu’il voyagera encore dans de nombreuses régions car il mérite d’être connu !

LEFEVRE, Françoise, La grosse, Actes Sud, 1994.

Partez à la découverte de la Normandie sur les traces d’Arsène Lupin

Quatrième de couverture :

L’Aiguille creuse d’Etretat, les tours blanches de l’abbaye de
Jumièges, le vieux phare de Tancarville, le tombeau de Rollon sous les ruines de Thibermesnil, les îles
englouties de la Seine, les marées d’équinoxe de la-Barre-y-va….
Autant de lieux mystérieux
dont les énigmes sont percées par Arsène Lupin, dans de fascinantes
chasses aux trésors, au cœur du triangle d’or, le fameux triangle
cauchois imaginé par Maurice Leblanc.

Imaginé ? Est-ce si sûr ? Et si les aventures d’Arsène Lupin dissimulaient
un code ? Un sens secret ? La clé d’un trésor normand, bien réel celui-là ?

Le célèbre porfesseur Roland Bergton en est convaincu. Il dispose d’une
journée pour percer l’énigme, avec pour seuls indices une pièce d’or
trouvée sous les falaises, une nouvelle inachevée de Maurice Leblanc… et
l’aide d’une jeune étudiante en histoire, aussi brillante que séduisante.

Si vous n’êtes pas normand, ce roman vous donnera peut-être envie de découvrir la Seine-Maritime et le Pays de Caux  pour décoder les indices laissés par Arsène Lupin dans ces principaux écrits. Si vous l’êtes, il vous rappellera sans doute des endroits magnifiques, comme ceux ci…

Je ne me souviens pas avoir lu de romans de Maurice Leblanc alors je crois que je vais me lancer dans L’aiguille Creuse, histoire de prolonger un peu plus la balade dans cette magnifique région. Et vivement le Printemps, qu’on puisse repartir en randonnée !


BUSSI, Michel, Code Lupin, Editions PTC, 2007.

« Les glorieuses résurrections » d’Alice dekker

Un jeune médecin tient le journal de ses longs mois passés dans une maison de santé accueillant des jeunes femmes rescapées des camps de concentration. Dans un cadre sublime, au cœur des Alpes Suisses, toute une équipe tente de soigner celles qui ont vécu l’innommable et de leur redonner goût à la vie.

Mais pour le jeune médecin, cette expérience s’accompagne de nombreux doutes et remises en questions : « Pour avoir tenté d’aider des rescapées de l’enfer à voir clair en elles par-delà les souffrances et les humiliations, pour que leur vie échappe aux sanies qui la dévoraient, je n’ai pas veillé à la lumière qui éclairait ma propre vie. A lutter contre les démons des autres, j’ai laissé les miens reprendre du terrain. Me voilà face à mes poisons, meurtrissures et amertumes, mais je n’ai pas de honte à dire que l’on doit toujours se préférer lorsqu’il s’agit de combattre son intime douleur ».

Tout comme ces femmes, le jeune médecin sonde le fond de son âme pour retrouver son être intime. Petit à petit, il parcourt le chemin qui la ramène vers la lumière. Désormais, il ne sera plus le même : « Je me sens riche, plus riche que jamais de tout ce que j’ai vécu ici. Je me sens rempli de force et de confiance, comme si j’étais dépositaire d’une parcelle d’éternité ».

                                  

La première fois que j’ai entendu parler de ce livre je me suis dit que le sujet était intéressant mais que l’atmosphère devait être plombante. Bref, j’avais peur de refermer ce roman avec le cafard. Mais ça n’a pas du tout été le cas, bien au contraire ! Les glorieuses résurrections, ce titre n’a pas été choisi par hasard ! Un formidable espoir et une incroyable foi en la vie se dégagent de ces pages. C’est sans doute parce que le jeune médecin sait écouter son cœur et son être intérieur qu’il trouve autant de force en lui. Une belle leçon de vie !

Les glorieuses résurrections est le premier roman d’Alice Dekker.

Lire l’avis de Clarabel.

DEKKER, Alice, Les Glorieuses résurrections, Arléa, 2007.

‘L’arpenteuse » d’Isabelle Mestre

Quatrième de couverture (extrait) :

Adolescente, Marguerite a perdu sa mère. Son père a sombré dans le chagrin, ses frères et sœurs ont été dispersés, la famille a éclaté : elle a dû prendre en main son destin. Quelques années plus tard, à Paris, elle a rencontré Auguste : mariage, maternité, images du bonheur familial… Mais la nostalgie de l’enfance et l’absence douloureuse de sa mère hantent toujours Marguerite…
Traversant la ville comme une silhouette énigmatique, comme si la vie n’avait pas de prise sur elle, Marguerite fascine et séduit ceux qui la croisent. Son existence est transfigurée par son étrange rapport au monde : elle perçoit tous les drames à travers un voile d’indifférence.

Marguerite est une femme sur laquelle tout passe et rien n’accroche : pas d’amour ni de haine, pas de tendresse, pas d’amitié, pas de joie ni de tristesse… Rien. Elle traverse la vie, c’est tout. « Si je mourrais demain, que saurait-on de moi à mettre dans ma tombe ? se demande Marguerite. Je n’en sais rien moi même. » : cette réponse résume à elle seule le personnage.

En tant que lectrice, il m’a été impossible de m’identifier à Marguerite. J’ai eu beaucoup de mal à comprendre cette femme qui offre des cadeaux de Noël parce qu’il le faut et en reçoit avec une totale indifférence. Néanmoins, elle ne m’a pas laissée insensible, bien au contraire. Sa vie est pour moi un véritable enfer. J’ai presque éprouvé de la compassion pour cette femme qui ne se rend même pas compte de ce qu’elle perd et du mal qu’elle fait autour d’elle.

Quant à l’écriture, elle est magnifique. Une fois passées les premières pages, on s’habitue très vite à ces  phrases courtes et hachées qui décrivent avec justesse les méandres de la vie de Marguerite et des siens. 

L’arpenteuse est le premier roman d’Isabelle Mestre. Et c’est une belle réussite !

MESTRE, Isabelle, L’arpenteuse, Mercure de France, 2007.

Envie d’être là….

Ce soir, j’aimerais bien être là… Au calme, tranquille, paisible…

Cette photo a été prise dans les Pyrénées Orientales, à côté des ruines du château d’Opoul, un soir d’hiver.

« Le prince bégayant » de François Place

Quelque part dans un pays d’Afrique, on fête une naissance royale en répandant du lait partout et en chantant : un jeune prince vient de voir le jour. Le prince grandit. Il est beau, fort et plein de talents. Mais « Parfois on préfèrerait ne pas être né
                          Ou alors seulement
                                      Pour se laisser vivre

                                    Juste manger boire dormir
                                    Sous les étoiles
                                     Comme un animal
                                     Ne pas rendre compte
                                     Ni aux dieux ni aux hommes
                                                             Etre simplement
                                                            Sans avant ni après
                                                            Une respiration un souffle
                                                      Et puis disparaître

                                                          Sans laisser d’autres traces

                                                            Qu’un pas sur l’herbe
                                                            Aussitôt effacé »

Si le jeune prince préfèrerait ne pas être né, c’est parce que son bégaiement le rend fou de colère. C’est un redoutable guerrier, fort et courageux, qui remporte de nombreuses victoires, mais dès qu’il prend la parole
                                                  « Il perd en un instant
                                                                 Les effets de la gloire
                                                                 Et de la majesté »

Heureusement, un jour, au moment de donner la mort à un ennemi, le jeune prince se rend compte qu’il est en train de perdre toute humanité. Il décide alors de s’exiler et découvre un monde où les mots ne sont pas indispensables pour communiquer : celui des animaux et de la nature.

                                                                  « Le bonheur est ici
                                                                                    Loin du fracas des armes
                                                                                    Le bonheur est ici
                                                                                    Loin des regards fuyants
                                                                                    Et des sourires serviles »

                                             

Le prince bégayant est une belle histoire, pleine de sagesse, d’humanité et de poésie, qui s’inscrit dans la tradition des récits initiatiques. Les illustrations sont magnifiques et pleines de vie : en les regardant, on se retrouve directement en Afrique ! J’ai beaucoup aimé l’écriture en vers et la « morale » de ce conte mais je ne vous en dis pas plus… A vous de le lire et d’en retenir ce qui vous parle !

PLACE François, Le prince bégayant, Gallimard jeunesse, 2006.

Un dimanche matin de janvier dans le Pays de Caux

Quelques photos prises ce matin dans le Pays de Caux (Seine-Maritime), dans un petit village nommé Sainte Gertrude. Il faisait froid et le ciel était brumeux au réveil…

… mais petit à petit, le soleil a réussi à percer.

Ah, ce qu’il est agréable de se promener dans la campagne ! Prendre son temps, profiter du calme et admirer le paysage…

Voyage dans l’Himalaya

Quatrième de couverture :

« Au cœur de l’Himalaya est un voyage de plus de six mois au travers d’une des régions les plus sublimes et les plus étonnantes au monde. Les photographies se succèdent et découvrent un paysage inoubliable : celui de monts enneigés et de pentes vertigineuses. Un univers qui offre la surprise de se colorer dès que l’humain surgit : robe des moines, drapeaux de prières, saris aux riches coloris… La fascination pour cette région retirée naît du contraste entre la toute-puissance de la montagne et l’humble présence humaine, qu’elle prenne la forme de rizières en terrasses au bord du roc escarpé, ou celle d’une vieille femme portant son propre poids de bois mort. Propice à une intense vie spirituelle et religieuse, cette immense chaîne de montagnes est également parsemée de monastères isolés et d’existences résistant inlassablement à la rudesse du climat et à la géographie du lieu… »

                                                              

Pakistan, Inde, Népal, Tibet, Chine, Bhoutan et Bangladesh, c’est un magnifique voyage dans les différents pays qui composent l’Himalaya que nous offre le photographe Basile Pao. Difficile pour moi de décrire ses photos, toutes plus magnifiques les unes que les autres ! Je préfère ne rien dire et vous laissez découvrir par vous même…

Notre prochain voyage est déjà programmé  (ce sera La Réunion) mais l’Himalaya sera sans doute le suivant, du moins nous l’espérons. Reste à choisir le pays. Et ce n’est pas une tâche facile tant cette chaine montagneuse possède de trésors…

PAO, Basil, Au cœur de l’Himalaya, National Géographic, 2005.

« Une bouteille dans la mer de Gaza » de Valérie Zenatti

Tal est une jeune israélienne de 17 ans. Un jour, elle confie une bouteille avec une lettre à son frère, militaire dans la bande de Gaza, pour qu’il la jette à la mer. Elle espère que quelqu’un, en Palestine, lui répondra.

L’idée d’écrire cette lettre lui est venue à la suite d’un attentat qui a eu lieu à deux pas de chez elle. Tal veut avoir un avenir, grandir dans un monde en paix et vivre vieille. Elle n’en peut plus d’avoir peur et de vivre dans cette ambiance. Peut être qu’en lisant sa lettre, quelqu’un, dans l’autre camp, comprendra qu’elle aussi trouve cette guerre absurde et qu’elle ne souhaite qu’une seule chose : sa fin.

Un jeune palestinien trouve la bouteille sur la plage et de nombreux échanges par mail commencent entre « Gazaman » et Tal. Au début, Gazaman est très distant, moqueur, et même méchant. Mais petit à petit, grâce à la persévérance de Tal, il se dévoile : comme elle, il souffre, ne peut pas vivre comme il le souhaiterait, a peur à cause des attentats, etc.

                              

Tal est une jeune fille très intelligente qui a beaucoup de recul sur tout ce qui se passe autour d’elle. Ses échanges avec Gazaman montrent que les palestiniens ne sont pas tous des extrémistes et veulent vivre en paix, tout comme les israéliens. Ils permettent aussi de dépasser la haine et la violence. Grâce au dialogue, les deux adolescents arrivent à se comprendre mutuellement. Une belle note d’espoir dans un conflit qui s’enlise!

« Un jour, vous, nous, nous nous apercevrons qu’il n’y a pas de gagnant possible dans la violence, que c’est une guerre de perdant. Un gâchis. » (p166).

ZENATTI, Valérie, Une bouteille dans la mer de Gaza, L’école des loisirs, 2005.

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