Petites reines – Jimmy Lévy

Deux femmes,  deux civilisations, deux générations, deux récits qui se font écho avec une même volonté de survivre.

La première petite reine est une adolescente née dans une tribu primitive. A sa naissance, comme le veut la tradition clanique quand la femme du chef accouche d’une fille, son père est découpé et jeté aux chiens. Sa mère se fait violer par le nouveau chef et tous les hommes de la tribu. Une heure après avoir donné la vie, elle est morte. Pour la petite fille dont la vie est vouée à l’avenir de la tribu, on considère que c’est une chance de grandir débarrassée de ce qui l’a précédée. Élevée par de vieilles femmes, elle sera bientôt en âge d’être livrée au chef. Celui-ci surveille chaque jour les signes d’apparition de sa poitrine et l’arrivée de ses premières règles. La petite reine, elle, espère trouver une solution pour ne pas devenir la femme du meurtrier de ses parents.

La deuxième petite reine est une vieille californienne riche qui aimerait que ses terribles souvenirs la laissent enfin tranquille. Elle vit seule en bord de mer et crache son venin sur le médecin ou la personne qui vient lui rendre visite chaque semaine pour vérifier qu’elle prend correctement ses médicaments, qu’elle est toujours un minimum autonome et qu’elle ne devient pas sénile.

Le récit, écrit à la première personne, alterne le destin de ces deux femmes que tout oppose mais qui se battent seules, chacune de leur côté, pour survivre à ce que les hommes leur ont infligé. Le langage est cru. Celui de l’adolescente parce qu’elle n’a pas les mots, parce que le sexe n’est pas considéré de la même manière dans sa civilisation que dans la nôtre. Celui de la veille femme par provocation, par esprit de vengeance. Un texte très fort, un texte qui brûle et consume tout autour de lui.

LÉVY, Jimmy, Petites reines, Le Cherche midi, 2017.

6 réflexions sur « Petites reines – Jimmy Lévy »

    1. Oui, mais par contre je suis certaine que certains détesteront, notamment en raison du langage cru et de l’aspect très sombre.

La parole est à vous !