Phobie – Fanny Vandermeersch

Sophia n’a pas besoin de travailler pour obtenir d’excellents résultats en classe. Il lui suffit d’écouter et tout rentre facilement. Ses parents, habitués, à la voir réussir brillamment, ne s’occupent pas de son travail scolaire.

A l’entrée au collège, tout change. Sophia voit ses notes baisser et même si ce n’est que très légèrement, elle est complètement déstabilisée. Progressivement, elle perd pied, n’arrive plus à se concentrer, travaille beaucoup pour des résultats pas à la hauteur.

Avec les copines, c’est compliqué également. Sophia a l’impression d’être insignifiante ou la risée du monde. L’exercice de montée à la corde pendant lequel elle fait un malaise tellement elle est paralysée par la peur du regard des autres est un véritable traumatisme pour elle.

Petit à petit, Sophia s’enferme dans une spirale infernale et n’ose pas se confier. Ses parents passent leur temps à se disputer et elle a l’impression d’en être responsable. Pour ne pas les décevoir, elle ment sur ses notes et ses absences de plus en plus fréquentes. Forcément, cela ne dure qu’un temps…

Mettre des mots sur la phobie scolaire est d’une importance capitale. Nombreux sont les élèves qui en souffrent et les familles qui doivent y faire face. Quant aux profs, il faut bien avouer qu’on se sent souvent impuissants, voire même aveugles, face à ça. Cette année encore, je me suis retrouvée face à un ado qui se tapait la tête contre les murs des toilettes le jour de la rentrée. Sa psy dit qu’il faut le forcer à aller en classe. J’aimerais bien savoir pourquoi… Ce qui est certain, c’est que c’est une véritable torture pour lui. Régulièrement, il vient se réfugier au CDI…

Fanny Vandermmersch décrit avec brio ce qui se passe dans la tête de Sophia, cette élève pleine de bonne volonté mais qui ne PEUT PLUS aller au collège. Le roman aide à comprendre les mécanismes compliqués qui conduisent à cette incapacité que l’on a trop souvent considérée, et que l’on considère parfois encore, comme un caprice ou de la fainéantise. A acquérir dans tous les CDI de collège !

VANDERMEERSCH, Fanny, Phobie, Le Muscadier, 2017.

16 réflexions sur « Phobie – Fanny Vandermeersch »

  1. Merci beaucoup pour ce retour de lecture, très juste ! Oui, certains psy pensent qu’il faut obliger l’enfant à se rendre dans l’établissement scolaire, de peur qu’il ne veuille plus jamais y retourner. C’est très compliqué. Et le CDI est souvent un refuge 🙂 Tu connais la cause de son mal-être ?

    1. Non, pas vraiment mais je viens de me renseigner auprès d’une collègue. Apparemment, il exerce de cette façon une forme de chantage plus ou moins consciente vis à vis de sa mère. Une fois qu’il est en cours, ça se passe bien. Donc, d’après les consignes que l’on a, il faut être ferme.

  2. Il n’y aurait pas une erreur dans le nom de l’auteur du titre? Fanny/Sophie?
    Pour le reste j’ai peur que ce titre me rappelle trop le boulot… Mais c’est important d’évoquer le sujet et qu’il ait des textes à proposer aux ados.

    1. Oups ! Je viens de corriger : merci !
      Oui, je suis d’accord avec toi. C’est important qu’il y ait des textes et surtout des bons textes.

  3. le sujet est délicat car faire la différence entre une vraie phobie et des caprices trop écoutés par les parents n’est pas évident. Un roman à faire lire à nos jeunes alors…

    1. Oui même si il y a certaines situations où il n’y a pas de doute quand même. De manière plus générale, l’absentéisme récurrent est souvent un signal d’alerte : phobie, harcèlement, problème familiale, etc.

La parole est à vous !