Pirate n°7 – Élise Arfi

Le 8 septembre 2011, neuf somaliens attaquent et pillent le catamaran d’un couple de français dans le Golf d’Aden. Le navigateur meure dans la fusillade. Sa femme est prise en otage par les pirates, qui espèrent certainement demander une rançon. Lors de l’intervention de la marine espagnole, deux somaliens sont tués. Les sept autres sont interpellés en haute mer et transférés en France pour être jugés.  Élise Arfi, jeune avocate commise d’office, est chargée de la défense du septième d’entre eux, Fahran Abchir Mohamoud.

Sans justifier l’injustifiable, l’auteur décrit la situation dans la Corne de l’Afrique et explique les raisons qui ont conduit l’adolescent à commettre un tel acte. Mais son objectif principal n’est pas là. Elle montre surtout à quel point le fonctionnement de la justice française est indigne du pays des Droits de l’Homme.

Si la gravité des faits est incontestable, la façon dont Fahran est traité est à peine croyable. Âgé de 16 ans au moment des faits, il est pourtant jugé comme un adulte. Il ne comprend pas un mot de français, ne connaît rien à notre culture, n’arrive pas à décrypter les règles et les codes de la prison. Et personne ne l’aide ! Habitué à la famine, Fahran ne sait pas qu’il doit venir chercher son repas quand un surveillant frappe à la porte de sa cellule. Par conséquent, il ne mange pas. Plus tard, on lui enlève un poumon sans même le prévenir. Le jeune homme est persuadé qu’il fait l’objet d’un trafic d’organe. Ces deux exemples suffisent à comprendre le gouffre dans lequel il se trouve.

Victime de nombreuses et graves maltraitance, Fahran sombre dans la folie. Il fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, perd la mémoire, dort toute la journée. Elise Arfi redoute un suicide, qu’il tente d’ailleurs à plusieurs reprises. Elle fait tout pour lui porter assistance, se bat contre les autorités, remet en question sa vocation, s’épuise. Un témoignage glaçant !

 ARFI, Élise, Pirate n°7, Éditions Anne Carrière, 2018.


10 réflexions sur « Pirate n°7 – Élise Arfi »

  1. C’est un document ? un récit ? Ça fait un moment que les Droits de l’Homme ne préoccupent plus nos dirigeants … 🙁

    1. C’est un récit écrit par l’avocate du jeune homme dont il est question.
      Oui, je suis d’accord avec toi concernant les Droits de l’Homme. Quand on voit la façon dont on traite les migrants et ceux qui les aident (délit de solidarité), c’est effrayant.

    1. Il est raconté de manière assez factuelle et par l’avocate, pas par le jeune homme. C’est donc à peu près supportable mais cela n’en reste pas moins révoltant.

La parole est à vous !