Poupée volée – Elena Ferrante

Leda, universitaire de 47 ans, quitte Florence pour quelques semaines de vacances à la mer, sur la côte ionienne. Divorcée, elle vit seule depuis que Bianca et Marta sont parties rejoindre leur père à Toronto. La solitude lui plaît. Ne pas avoir à s’occuper de ses filles, même si elles sont grandes maintenant, est un réel soulagement. Ces vacances sont l’occasion pour Leda de se reposer et de préparer ses cours pour la prochaine rentrée. Dans le minuscule appartement qu’elle loue ou à la plage, elle a souvent le nez plongé dans ses livres. Allongée sur sa chaise longue et cachée sous son parasol, elle aime aussi regarder discrètement les gens qui sont autour d’elle.

Fascinée par une famille napolitaine et en particulier par une jeune femme, Nina, et sa fille Elena, Leda passe son temps à observer leurs faits et gestes et à les interpréter. Toujours installée au même endroit, elle les cherche le week-end, quand la plage est envahie et s’agace de leur comportement comme si c’était des proches. Au départ, on se dit qu’elle se projette certainement dans cette jeune femme qui semble si bien s’amuser avec sa fillette, mais son attitude est quand même surprenante.

Quand la petite Elena disparaît au milieu de la foule estivale, c’est Leda qui la retrouve. Malheureusement, l’enfant a également perdu sa poupée. Toute la famille se mobilise pour la retrouver et l’affaire prend des proportions à peine croyables. Elena Ferrante dissèque alors les sentiments de Leda, qui oscille entre raison et folie. Le lecteur, qui la comprend mais la condamne également, se sent mal à l’aise. Pourquoi se comporte t-elle ainsi ?

On retrouve dans Poupée volée, les thèmes développés ultérieurement dans la saga à succès L’amie prodigieuse : la maternité, la limite parfois floue entre la folie et la raison ou encore l’emprise de la famille. Il y a également cette écriture précise, qui fouille le ressenti des personnages et s’attache à décrire avec justesse qui ils sont. C’est un beau texte, que j’ai surtout apprécié parce qu’il fait écho à la série qui a fait connaître Elena Ferrante.

FERRANTE, Elena, Poupée volée, Folio, 2017.

15 réflexions sur « Poupée volée – Elena Ferrante »

    1. Et moi, je vais certainement essayer de découvrir son dernier titre dans lequel elle parle de son rapport à l’écriture.

La parole est à vous !