Prison intérieure

@ Marion (twentythreepeonies)

Les traumatismes remontaient à l’enfance. Elle les traînaient comme des casseroles depuis des années et des années. Avec le temps, elle ne se souvenait plus de certaines choses. Elle ne se savait plus vraiment distinguer les souvenirs recomposés à partir de photos ou de paroles entendues de la bouche de proches de ce qu’elle avait vraiment vécu.

Quand elle avait rencontré l’homme qui partage désormais sa vie, elle s’était appuyée sur lui. Il analysait les personnes en quelques minutes, il savait comment réagir face aux situations ennuyeuses, il l’aidait à prendre du recul et surtout elle n’était plus seule.

Malheureusement, il était trop tard : le mal était fait. Elle n’aurait jamais confiance en elle. Elle avait bien tenté d’oublier mais elle s’était rendue compte que ce n’était pas possible alors elle avait essayé de vivre avec. Pour ne pas reproduire les schéma familial, elle avait décidé qu’elle ne serait jamais mère.

Il y a quelques jours, elle s’était enfin décidée à sortir ce qu’elle avait sur le cœur depuis trop longtemps. Malheureusement, c’était une tombe qu’elle avait en face d’elle. La coupable était décédée tôt, peut être pour ne pas avoir à affronter la réalité.

Le jour même, elle avait repeint les barreaux de la maison en bleu. C’est la première chose que j’ai vue en arrivant chez elle. C’est vrai que cela donnait un peu de gaieté à la façade, c’était moins triste que le noir. Elle n’avait sans doute pas pensé à l’aspect symbolique de cet acte. Moi, j’aurais préféré qu’elle les enlève complètement.

C’était ma participation à l’atelier d’écriture proposé par Leiloona.

5 pensées sur “Prison intérieure”

La parole est à vous !

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