Profanes – Jeanne Benameur

Marc, Béatrice, Yolande et Hélène sont des êtres qui doutent, des êtres blessés, des êtres qui ont peur. Mais un élan de vie les pousse à aller de l’avant et à se battre pour ne pas laisser la mort les gagner.

C’est pour cette raison qu’Octave Lassalle, ancien chirurgien du coeur âgé de soixante quinze ans, les a choisis pour s’occuper de lui. Tous les quatre ont des tâches bien précises qu’ils effectuent à un moment donné de la journée. Marc est là le matin. II rase le vieil homme, se promène avec lui dans le jardin et prend soin des plantes. Hélène lui fait la lecture. Elle est également chargée de peindre pour Octave. Mais pas n’importe quoi. Il lui a confié une commande bien délicate. Yolande fait du tri dans la maison. Béatrice, elle, est là la nuit.

L’ancien chirurgien sait qu’il souffre de plus en plus et qu’il risque de devenir de moins en moins autonome. Il a donc pris les devant. Il espère aussi qu’en vivant les uns à côté des autres, en se rendant chaque jour dans cette maison qui lui appartient et qui lui est chère, des liens se tisseront entre Marc, Bétarice, Yolande et Hélène.

Comme eux, Octave souffre et doute. Petit à petit, il révèle à chacun ce qui le hante. Eux aussi laissent perfois entrouvrir la porte de leur moi profond. Tous les cinq s’entraident sans s’en rendre compte. Poussés par le même élan de vie, ils avancent.

Des phrases courtes. Une atmosphère si particulière, si envoutante. Un souffle de vie qui se répand au fil des pages. Pas de doute, on reconnaît bien dans Profanes le style de Jeanne Benameur. J’ai lu certains de ses livres en apnée. Laver les ombres par exemple. J’ai beacoup moins apprécié d’autres titres comme Les demeurées. Profane, j’ai aimé. Mai comme pour Les insurrections singulières, je ne peux pas dire que c’est un vrai coup de coeur. Il a manqué quelque chose pour que je réussisse à entrer vraiment dans l’histoire mais je ne saurais pas dire quoi. Les personnages n’étaient pas assez proches de moi. Les mots ne m’ont pas assez parlé. Mais c’est un livre à découvrir tout de même !

Quelques passages que j’ai notés :

 « La liberté est terrible. Si petite pour chacun. La si petite liberté humaine. Et le désir parfois de l’enfoncer sous la terre. Parce que trop. Si petite, mais déjà trop. On a peur. On voudrait vite des réponses aux questions. A la seule question. Moi aussi j’ai peur. Moi aussi j’aurais aimé des réponses apaisantes. » p. 65

« Quand je n’ai plus de refuge, je vais dans les mots. J’ai toujours un abri, là. Un abri creusé par d’autres, que je ne connaîtrai jamais et qui ont oeuvré pour d’autres qu’ils ne connaîtrons jamais. C’est rassurant, de penser ça. C’est peut être la seule chose qui me rassure vraiment. » p. 134

« Elle a toujours pensé que les mots détenaient une puissance qu’on ne voulait pas connaître vraiment. Les mots peuvent tout changer. Elle, elle s’est mise du côté muet de la parole, avec la peinture. Elle sait que c’est sa place. Mais elle n’ignore rien de la puissance des mots. Tout au fond d’elle. » p. 172

BENAMEUR, Jeanne, Profanes, Actes Sud, 2013.

16 pensées sur “Profanes – Jeanne Benameur”

  1. Je l’avais emprunté à la médiathèque mais je l’ai rendu sans l’avoir ouvert. Je crois que je l’achèterai quand il sortira en poche parce que j’ai quand même très envie de le lire.

  2. C’est un livre qu’il faut prendre le temps de lire et de savourer. Mais je comprends que l’on puisse être légèrement « en dehors » du livre.

La parole est à vous !

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