que nos vies aient l’air d’un film parfait – Carole Fives

Au début des années 1980, les divorces ne sont pas monnaie courante. Tom et sa soeur en font les frais et se sentent bien isolés face à leur famille et à leurs camarades. Il faut dire que la situation est très compliquée. Leur mère, dépressive et atteinte d’une maladie psychologique, les manipule pour obtenir ce qu’elle souhaite. Et à cette époque là encore plus qu’aujourd’hui, la femme a souvent gain de cause dans les divorces. Le père, lui, subit la situation et ne se rend pas forcément compte de ce que ressentent les enfants.

Devenue adulte, la soeur aînée se sent toujours coupable d’un événement qui s’est déroulé à cette époque là et dont elle n’est pas vraiment responsable. Elle n’arrive pas à tirer un trait sur cette enfance déchirée, cette innocence perdue du jour au lendemain ou presque. Le lecteur découvre son regard mais aussi, dans une moindre mesure, celui du père et de la mère vis à vis de de ce divorce. Le petit frère ne prend la parole que dans les toutes dernières pages. Chacun a sa version des faits. Chacun a son propre ressenti. L’auteur se garde bien de juger et entretient une certaine distance avec ses personnages. C’est donc au lecteur de se faire sa propre vision de la situation.

Un roman court et concis auquel on ne peut rester insensible.

Extraits :

« Un père, normalement, c’est fort, ça repousse les méchants et les extraterrestres. Pas le tien. Lorsqu’il te déposera sur une aire d’autoroute ou à une station de gare, tu lui en voudras. Tu devrais l’insulter, te révolter, mais tu ne pourras rien face à ses larmes, tu as hérité d’un père larmoyant, et toute ta vie tu céderas devant elles. Et cette colère qui grandit en toi, au fond, tout au fond, qui ne doit faire de mal à personne, surtout, qui ne doit atteindre ni ta mère, si fragile, ni ton père, si triste. Ta colère tu la gardera pour toi, elle ne regardera que toi, débrouille-toi avec elle petit Tom, ta colère, sache qu’elle n’intéresse personne. » p. 97

« Je ne crois pas que je lui aie appris quoi que ce soit. Mais c’est sûrement une erreur de ma part, on apprend plus en montrant l’exemple qu’en disant « Bon, allez, viens, je vais t’expliquer quelque chose maintenant, et surtout regarde bien… ». Non, il faut vivre normalement et ce sont nos enfants qui nous voient faire. C’est l’observation qui les fait grandir. » p. 98-99

Clara, Bauchette, Leiloona, Lucie, Pierre et Cathulu sont enthousiastes. Antigone et Gwenaëlle le sont moins.

FIVES, Carole, que nos vies aient l’air d’un film parfait, Le passage, 2012.

7/7

8 réflexions sur « que nos vies aient l’air d’un film parfait – Carole Fives »

  1. Je l’ai acheté et lu suite aux nombreux avis élogieux… J’ai beaucoup aimé mais toujours pas réussi à écrire mon billet à son sujet, je laisse tout ça décanter un peu !

La parole est à vous !

%d blogueurs aiment cette page :