Rien ne s’oppose à la nuit – Delphine de Vignan

J’avais décidé que ce livre n’était pas une prorité, que j’en avais une quantité d’autres à lire, que j’en avais trop entendu parler et que c’était mauvais signe… mais quand je suis tombée dessus à la médiathèque, je n’ai pas pu résister. De là à conclure que je suis influencable…

Dans Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vignan raconte l’histoire de sa mère, Lucile, qui s’est suicidée quelques années plus tôt. Elle retrace son enfance au sein d’une famille nombreuse qui n’a pas été épargnée par l’existence puis sa vie d’adulte jusqu’à sa mort à l’âge de 61 ans. Elle tente de comprendre d’où provient sa bipolarité, maladie qui l’a conduite à plusieurs hospitalisations en hôpital psychiatrique alors que ses filles -l’auteur et sa soeur- étaient encore enfants.

Delphine de Vignan s’interroge également sur son travail d’écrivain, sur les raisons qui l’ont conduite à écrire ce livre, sur la façon dont les membres de sa famille -qu’elle a interrogés pendant de nombreuses heures- vont accueillir son récit. Son courage est remarquable. Elle ose écrire les non-dits et dévoiler les zones d’ombre de son histoire familiale sans pathos, avec beaucoup de dignité.

Si je n’ai pas du tout accroché à la première partie de ce récit (l’enfance de Lucile), j’ai apprécié les chapitres où l’auteur prend du recul sur ce qu’elle est en train d’écrire ainsi que ceux où elle explique les conséquences de la maladie de sa mère sur l’histoire familiale. Quand on a une mère défaillante à ce point, on n’en ressort pas indemne…

Je ne dévoilerai pas ici les passages qui ont fait écho en moi, c’est trop personnel, presque inavouable… Mais je crois que quelque soit sa propre histoire familiale, Rien ne s’oppose à la nuit ne peut pas laisser le lecteur insensible. Je comprends cependant ceux qui trouvent ce récit impudique et on eu l’impression d’être voyeur en le lisant.

On aime ou on déteste Rien ne s’oppose à la nuit. Je fais partie de ceux qui aime…

Les avis de Theoma, Clara, Alex, Val, Lucie, Leiloona, l’irrègulière, Sandrine, Géraldine, Gambadou, Canel, et Sophie.

DE VIGNAN, Delphine, Rien ne s’oppose à la nuit, JCLattès, 2011.

22 pensées sur “Rien ne s’oppose à la nuit – Delphine de Vignan”

  1. Je l’ai lu et beaucoup aimé (billet dans 2 jours) je l’ai trouvé très fort, j’ai aimé le mélange « roman » et analyse de l’écriture. Effectivement, je pense qu’on peut tous y lire des choses qui nous parlent directement ou indirectement…

  2. Un livre qui m’a remplie d’émotions, qui m’a ballotée , secouée… Comme toi, j’ai été touchée par cette histoire qui a trouvé de nombreux échos en ma personne et qui a réveillé des souvenirs douloureux. Delphine de Vigan évoque son rapport à l’écriture de façon intelligente. Réfléchie. D’ailleurs, comme Annie Ernaux, elle utilise le terme de « matériau » pour parler de l’écriture. L’écriture pour briser une sorte de fatalité dans la maladie et dans l’hérédité.

  3. Je suis comme toi, parfois de trop entendre vanter certains livres ils ne me font plus envie, ce titre en fait partie… Ton billet sincère me donne ainsi une bonne idée de son contenu, peut-être un emprunt de médiathèque un jour aussi…

  4. Et bien, bienvenue dans le club de ceux qui aiment. Effectivement, selon notre propre histoire, ce livre ne peut laisser insensible. Moi, j’ai aimé aussi ma première partie, certes différement, mais j’ai aimé. Je l’ai trouvé plus romanesque et puis elle m’a fait en partie penser à ma soeur et ses 9 enfants…

  5. @Leiloona : c’est ça la force des grands écrivains…
    @Keisha : merci pour ces compliments !
    @Emma : saura-tu résister à la tentation ????
    @La Pyrénéenne : c’est un peu ce qui s’est produit pour moi…
    @Enna : ce n’est pas souvent que l’on peut partager les réflexions des écrivains sur leur travail d’écriture et j’ai beaucoup aimé ça. @Stephie : oui, je crois !
    @L’irrégulière : Ah ce point ???? C’est incroyable !!!
    @Clara : ces échos que j’ai trouvés en moi m’ont même un peu effrayée pour tout dire… Ton dernier billet sur Annie Ernaux m’a donné envie de retourner vers cet auteur. @Jules : ça me donne envie de faire un billet sur les livres marquants que j’ai lus cette année. Parfois, avec le recul, on ne voit pas les livres de la même façon. @Liyah : Il n’est pas très long mais c’est vrai qu’il faut un peu de temps quand même pour le lire.
    @antigone : ce genre d’écriture assez intime pourrait te plaire je pense.
    @Géraldine : 9 enfants à notre époque, c’ets rare !!!

  6. Comme toi, je n’avais pas particulièrement prévu de lire ce livre (je n’arrive pas à parler de roman) dont on entendait parler partout. Et puis, j’ai mis le nez dedans et je n’ai pas pu le lâcher !

La parole est à vous !

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