« Ritournelle de la faim » de JMG Le Clézio

Ethel grandit pendant l’entre-deux guerres, dans une famille bourgeoise originaire de l’île Maurice. Sa meilleure amie, Xénia, qu’elle admire profondément, vit dans un contexte beaucoup plus difficile : son père est mort en prison et sa mère a dû fuir son pays d’origine, la Russie, juste après la Révolution. Depuis, la misère fait partie du quotidien.

Ethel assiste aux premières conversations de son père et de ses invités du dimanche sur Hitler. Au début, elle ne comprend pas tout mais petit à petit, elle se rend compte que les gens qui l’entourent sont égoïstes, profiteurs et orgueilleux.

Quand la jeune fille hérite d’un terrain magnifique, arboré et calme, en plein cœur de Paris où son grand oncle, Monsieur Soliman, rêvait de faire installer un pavillon indien acheté à l’exposition universelle, son père profite du fait qu’elle soit mineure pour lui faire signer un pouvoir. A la place du pavillon, il fait construire un immeuble hideux. Ethel le vit comme une véritable trahison, d’autant plus que son père investit l’argent n’importe comment et entraîne la banqueroute de toute la famille. Quand elle commence à se rendre compte de la situation, elle essaie de prendre les choses en main mais il est déjà trop tard : la guerre arrive.

 

Je suis tombée par hasard sur ce livre en regardant le présentoir des nouveautés à la médiathèque et j’ai profité de l’occasion car je n’ai jamais lu de livre de Monsieur le Prix Nobel de littérature. Je savais à peine de quoi ça parlait et généralement, dans ce cas là, je ne prend pas de risque car j’ai toujours peur de perdre mon temps avec un navet… Mais là, je me suis dit que je ne voulais pas mourir bête !!!!! Et j’ai bien fait car il s’agit d’un magnifique roman sur la grandeur et la décadence de la bourgeoisie. Par certains aspects, il m’a fait penser à Suite française d’Irène Némirovsky. Pour ne rien gâcher au plaisir, JMG Le Clézio écrit très bien : c’est de la grande littérature !

Un extrait :

« De Londres, Laurent Feld lui avait rapporté des disques inconnus en France, Rhapsody in blue de Gershwin, Dimitri Tiomkin, et aussi Dizzy Gillespie, Count Basie, Eddie Condon, Bix Beiderbecke. C’était sans doute la réponse de Laurent aux plaintes récurrentes des invités d’Alexandre sur les nègres et les métèques qui envahissaient la France, qui allait transformer Notre-Dame en synagogue ou en mosquée. » p. 94

Lire l’avis d’Amanda Meyre.

LE CLEZIO, JMG, Ritournelle de la faim, Gallimard, 2008.

11 réflexions sur « « Ritournelle de la faim » de JMG Le Clézio »

  1. @Leiloona : c’est vrai que ça revient beaucoup moins cher… Je l’ai emprunté à la médiathèque et je crois que je ne l’achèterai pas. @Thais : c’est une bonne chose alors.
    @La Pyrénéenne : c’est la hasard et le fait que j’ai du temps en ce moment qui m’ont permis de le découvrir. @Aifelle : t’as LAL est longue à ce que je devine…
    @Keisha : oui, ce serait un comble s’il écrivait mal !
    @Anne : il y en a tellement à lire…
    @Sylvie : tu n’as plus qu’à te laisser tenter…

  2. Ils est aussi sur le présentoir des nouveautés dans ma bib mais il ne fait pas recette : un prix Nobel, ça doit impressionner ! J’ai lu deux romans de Le Clézio, il y a déjà un certain temps et je n’ai été séduite. Mais j’en ai un autre dans ma PAL, faudrait que je m’y mette…

  3. de lui j’ai lu Voyage au pays des arbres je suis restée sur ma faim pour un auteur qui a reçu le prix Nobel! je ne sais pas si je relirais quelque chose de lui! je suis sceptique

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