Robinson Crusoé – Daniel Defoe

Depuis que j’ai quitté la fac de lettres -il y a une dizaine d’années déjà !- le nombre de classiques de la littérature que j’ai lus pourrait se compter sur les doigts d’une seule main. En voilà donc un de plus dans cette maigre liste qui doit comporter Si c’est un homme de Primo Lévi et … Je cherche mais, vraiment, je ne trouve pas….

Robinson Crusoé fait partie de ces livres dont je connais l’histoire sans jamais avoir lu le texte d’origine dans sa version intégrale. Comme beaucoup de gens je pense ! Pour tout vous dire, je croyais l’avoir déjà lu mais en fait, je me suis aperçue que c’était Vendredi ou les limbes du pacifique de Michel Tournier que j’avais dévoré il y a quelques années.

Le Robinson Crusoé de Defoe a été publié en 1719. La traduction que nous lisons jusqu’à présent est celle de Petrus Borel, écrite en 1836 ! Elle est donc vraiment passée de mode… Françoise Du Sorbier, universitaire spécialiste de Defoe, s’est lancée dans une nouvelle traduction afin de « resttituer le texte dans sa fraîcheur d’origine, sa vitalité, sa puissance » (p. 395). Et je dois dire que c’est vraiment réussi !

Defoe s’est inspiré de l’histoire vraie d’Alexander Selkirk abandonné sur une île au large du Chili pour s’être rebellé contre son supérieur. Si le marin écossais est resté isolé au milieu de l’océan pendant un peu plus de quatre ans, Robinson, lui, a quitté son île au bout de 27 ans. Ce qui m’a le plus frappée c’est sa volonté de vivre -il aurait pu choisir l’apitoiement- et son achernement au travail pour subvenir à ses besoins. Il est très organisé et va même jusqu’à se construire une « résidence secondaire » dans laquelle il peut passer un peu de temps quand il est loin de son « habitation principale » !  On n’oublie pas ses origines bourgeoises comme ça…

« Je lui dis que c’était ma citadelle, ma résidence, mais que j’avais aussi, comme la plupart des princes, un manoir de campagne où je me retirais à l’occasion » (p.331).

Robinson Crusoé propose un retour à la nature et, par conséquent, une réflexion sur la civilisation. De quoi a t-on vraiment besoin pour survivre ? Comment peut-on se débrouiller pour trouver des moyens de subsitution quand l’indispensable manque ? Où s’arrête le nécessaire et où commence le superflu ? De quoi est capable l’homme quand il se retrouve seul face à lui même ?

J’ai été frappée aussi par l’importance de la religion dans le roman. Suite à son naufrage, Robinson sauve de nombreuses choses qui vont l’aider à sa survie sur l’île : nourriture, armes, habits, outils, etc. Il récupère également une Bible. Lui qui n’accordait aucune importance à Dieu devient un vrai croyant et passe beaucoup de son temps à réfléchir au sens de sa vie : il a beaucoup pêché et Dieu l’a sauvé !

Comme tous les grands textes, Robinson Crusoé s’inscrit dans une époque. Il témoigne de la vision européenne du monde au XVIIIème siècle. L’expansion coloniale et la traite négrière sont à la mode et Robinson y participe. Même si ses réflexions sur la religion l’amène à avoir une vision un peu plus tolérante sur ceux qui ont d’autres façons de vivre que lui, il n’en reproduit pas moins le schémas classique de l’époque et Vendredi est bien son esclave. Un esclave beaucoup mieux traité que les autres, certes, mais un esclave quand même…

Au final, je suis très contente d’avoir enfin lu Robinson Crusoé et je me dis qu’il faudrait peut être que je me plonge un peu plus souvent dans les grands classiques.

Merci à News Book et aux éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre.

DEFOE, Daniel, DU SORBIER, Françoise, Robinson Crusoé, Albin Michel, 2012.

8 pensées sur “Robinson Crusoé – Daniel Defoe”

  1. J’ai une traduction chez moi, ce doit être l’ancienne, faudrait voir. Oui, j’ai aussi été étonnée par les passages de religion.

  2. Je l’ai lu et relu enfant. C’était un vieux bouquin sans couverture, trouvé je ne sais où. Je ne sais pas ce qu’il est devenu. Un jour, il faudra que je le relise…

  3. @Keisha : oui, ça doit être une ancienne car celle-ci vient de sortir.
    @Mélopée : Il ne faut pas hésiter !
    @sylire : ce serait intéressant de comparer tes souvenirs d’enfant et ton regard d’adulte.
    @Ydgrazil : je te le prête si tu veux.

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