Rose – Tatiana de Rosnay

Paris, Saint Germain, Second Empire. Rose Bazelet vient de recevoir une lettre d’expropriation. Son quartier, la rue Childebert qu’elle connaît depuis toujours, sa maison dans laquelle Armand, son mari, a toujours vécu, doivent être détruits pour laisser place à un grand boulevard. Le préfet de Paris, le baron Haussmann, a entrepris de gigantesques travaux de modernisation de la capitale et ce n’est absolument pas du goût de la vieille dame. Veuve depuis plusieurs années déjà, elle a décidé d’écrire à son mari pour lui raconter sa vie et son combat pour sauver cette maison qu’ils aimaient tant, cette maison dans laquelle plusieurs générations se sont succédées, cette maison qui garde entre ses murs les souvenirs de toute une vie.

Rose avait des rapports très distants avec sa mère. Jeune mariée, elle a emménagé dans la demeure de son mari et a trouvé du réconfort et du soutien au quotidien auprès de sa belle-mère. Armand était très tendre et très amoureux. Ils ont eu deux enfants et Rose n’a jamais réellement compris pourquoi elle aimait plus son fils que sa fille. D’ailleurs, ses relations avec son aînée sont toujours très compliquées.

Depuis le décès d’Armand, elle a noué une amitié avec Alexandrine, la jeune fleuriste. Le libraire du quartier lui a donné le goût de la lecture. Elle qui n’ouvrait jamais un livre a dévoré Flaubert, Baudelaire, Edgar Poe, Balzac ou encore Zola. Un chiffonier fait aussi partie de son entourage ainsi que la propriétaire d’un hôtel restaurant. Le Paris du XIXème siècle était encore celui des petites rues, des petits commerces, des petits métiers.

Alexandrine, elle, est favorable aux grands travaux du baron Haussmann, symboles de modernité. Mais les habitants concernés par les expropriations voient leur vie changer du jour au lendemain et Rose n’est pas la seule à voir tout cela d’un mauvais oeil.

Un joli roman épistolaire avec une narratrice très attachante et une galerie de personnages secondaires vraiment réussie. L’amour, la solitude, l’amitié, les relations parents-enfants : autant de thèmes traités de manière remarquable.

Quelques bémols tout de même : j’ai deviné très vite le secret de Rose. Un souvenir cauchemardesque la hante. Elle l’a toujours gardé pour elle et veut enfin l’avouer à son mari dans cette lettre. Elle en parle dès le début du roman et à de nombreuses reprises mais ne l’explique vraiment que dans les dernières lignes. Cette insistance autour du secret m’a quelque peu ennuyée. Je n’ai pas compris non plus l’attitude d’Alexandrine dans le dénouement. Je ne trouve pas d’explication satisfaisante. J’aimerais bien avoir votre avis à ce sujet si vous l’avez lu !

Extrait :

« Je le sais désormais, en tant que lecteur, il faut faire confiance à l’auteur, au poète. Il savent comment s’y prendre pour nous extirper de notre vie ordinaire et nous envoyer tanguer dans un autre monde dont nous n’avions même pas soupçonné l’existence. C’est ce que font les auteurs de talent. » p. 172-173

Un grand merci à Sandrine qui fait voyager ce livre.

Les avis de Stephie, Clara, et Laure.

DE ROSNAY, Tatiana, Rose, Editions Héloïse d’Ormesson, 2011.

11 réflexions sur « Rose – Tatiana de Rosnay »

  1. Je pense qu’elle a beaucoup de mal à parler de ce secret qui la hante et la ronge. Et puis il y a une grande pudeur de Rose, je pense, qui n’est pas une femme de notre époque.
    Pour Alexandrine, je pense qu’elle a voulu revenir la chercher et qu’elles ont été piégées, non ?

  2. @Stephie : Oui, c’est vrai qu’elle réagit peut être de cette façon car c’est une autre époque. Mais la répétition de « j’ai un secret, je n’arrive pas à le dire mais je vais finir par y arriver » et le fameux secret qui arrive dans les dernières pages, je trouve ça un peu gros….
    Pour Alexandrine, moi j’ai vu plutôt ça comme un suicide….D’où mon incompréhension sans doute.
    @Sandrine : c’est vrai que j’ai apprécié aussi cette ambiance !
    @Leiloona : Tu ne seras pas déçue je pense !

  3. un livre que j’avais repéré, et vu une vidéo, l’auteur avait poussé le vice en écrivant à la plume pour mieux se plonger dans l’époque. Je crois que je lirai, il est à la BM, je vais pas m’en priver. Et comme Leiloona, je n’ai jamais lu cette auteure, pourtant maintes fois croisée

  4. Je ne lis que la fin de ton billet et vois que tu as globalement bine aimé. Je garde la lecture de ton billet pour plus tard, ma voisine-amie-bibliothèque tournante vient à l’instant de me le prêter ! Bonne soirée Saxaoul

  5. Je pense le lire un de ces jours mais il ne fait pas partie de ma liste des prioritaires. J’ai adoré « Elle s’appelait Sarah » et beaucoup moins « Boomerang »

La parole est à vous !

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