Saisons du voyage – Cédric Gras

Saisons du voyage, je peux difficilement résister à un tel titre. Surtout quand son auteur, Cédric Gras,  propose à la fois une réflexion sur le voyage et un récit de ses pérégrinations autour du monde.

Mélancolique, désabusé, l’aventurier regrette qu’il n’y ait plus de territoires nouveaux à découvrir. Le voyageur du XXIème siècle ne peut que marcher sur les traces de ses prédécesseurs et faire le bilan du désastre. Voyager est aujourd’hui un rite de passage que l’on inscrit sur son CV au même titre que ses diplômes. Le progrès permet d’accéder en quelques heures à des endroits que l’on mettait des jours et des jours à atteindre auparavant. Les guides de voyages nous conduisent tous aux mêmes endroits. On fait des selfies devant des lieux touristiques dans lesquels on se rend pour dire qu’on y est allé.

Dès lors, comment faire de belles échappées aujourd’hui ? Cédric Gras part dans les pays qui n’intéressent personne, dans les villes où il n’y a soi-disant rien à voir ou à faire, dans les régions qu’aucune carte touristique ne mentionne. Là, il se comporte comme un véritable voyageur et peut être considéré comme tel par les autochtones. De plus, rien de mieux que de connaître la langue des habitants pour aller véritablement à leur rencontre. Ainsi, Cédric Gras apprend le russe. Il découvrira alors une autre vision du monde et pourra élargir son horizon.

A ces réflexions, présentées de manière poétique et érudite, l’auteur mêle de courtes évocations de ces voyages à travers le monde depuis qu’il a quitté le cocon familial. Impossible de lister tous les pays mentionnés mais l’Himalaya, l’Asie Centrale et la Russie occupent une place de prédilection. Cédric Gras, tout comme Sylvain Tesson, fait partie de ces aventuriers qui mettent parfois leur vie en danger. Le récit de sa chute dans les montagnes du Cachemire me fait encore froid dans le dos…

En tant que grande fan de récits de voyage, ce livre avait tout pour me séduire. Si la réflexion est pertinente, je me suis pourtant ennuyée.  Je n’ai pas réussi à comprendre où l’auteur voulait en venir. Il manque une âme à Saisons du voyage, des tripes. Toutes ces réflexions éparses, tous ces pays que l’on a à peine le temps de découvrir avant de passer à un autre finissent par perdre le lecteur. C’est bien dommage…

Aifelle a été déçue elle aussi.

GRAS, Cédric, Saisons du voyage, Stock, 2018.

16 réflexions sur « Saisons du voyage – Cédric Gras »

  1. Bon, je vais noter ces deux déceptions, en tout cas je l’ai commencé, et ma foi n’ai pas trop accroché. Feuilleter n’a rien donné de clair, donc j’ai plutôt l’impression que je devrais lire un autre titre?

    1. Ce n’est clairement pas un indispensable mais cela n’engage que moi ! Il y a d’autres vais plus positifs, sur Babelio par exemple.

  2. Tu as eu la même impression que toi ; dommage parce qu’il avait le potentiel de faire un récit magnifique. Je lis un récit de marche actuellement qui me plaît nettement davantage « A contre-courant » d’Antoine Choplin.

  3. Tu es la deuxième à être déçue avec Aifelle, c’est dommage il me tentait assez depuis que j’avais vu l’auteur à la grande librairie. Je prendrais tout de même le temps de le feuilleter dans ma librairie

  4. Ce n’est pas trop le genre que j’affectionne alors en plus, si tu t’es ennuyée… Tu n’aurais pas besoin de partir en ce moment ???

  5. Ha, je ne m’attendais pas à la fin de ta chronique, je pensais que tu avais kiffé !
    Ceci dit, l’ Himalaya et la Russie, ce n’est pas vraiment les pays où personne ne va et ne veut aller…

    1. Quand il va dans ces régions là, il fuit les lieux touristiques pour se rendre dans des endroits qu’aucun guide ne mentionne. Il a également voyagé dans tout un tas d’autres pays moins fréquentés comme ceux des Balkans.

La parole est à vous !