Sept jours pour survivre – Nathalie Bernard

« Madame, vous avez un roman qui fait peur à me conseiller ? » A cette question, j’ai souvent du mal à répondre tant les thrillers de qualité sont peu nombreux en littérature de jeunesse. Sept jours pour survivre figurera désormais en haut de ma liste !

Le roman raconte l’histoire de Nita, une jeune amérindienne de 13 ans retenue par son ravisseur dans une cabane au fin fond de la forêt canadienne enneigée. L’adolescente ne connaît pas l’identité de l’homme qui l’a kidnappée le jour de son anniversaire, dans un parc de Montréal, alors qu’elle prenait des photos de plaques d’égout. Elle ne comprend pas non plus les raisons de son enlèvement. Tout ce qu’elle sait, c’est que son corps semble peser des tonnes à son réveil, qu’il fait un froid glacial à l’extérieur et que cet homme lui colle une frousse terrible. Elle découvrira plus tard qu’il lui faut aussi se méfier des animaux sauvages de cette région reculée du monde.

La mère de Nita, pensant qu’elle est à l’école, ne signale sa disparition que le soir. Elle est désemparée et n’a aucune idée de ce qui a pu arriver à sa fille. Son père, lui, ne peut rien faire puisqu’il est enfermé derrière les barreaux d’une prison. Deux enquêteurs s’engagent dans une course contre la montre pour retrouver Nita mais ils n’ont que de maigres indices en leur possession. En attendant, l’adolescente doit se débrouiller seule dans un milieu hostile face à un homme qui ne lui veut visiblement pas que du bien.

Habillement construit, Sept jours pour survivre entretient le suspens jusqu’au bout. L’auteur distille peu à peu des indices qui permettent de comprendre les motivations du ravisseur. Le cadre dans lequel se déroule l’intrigue est magnifiquement dépeint tout comme la tentative de survie de cette adolescente qui ne peut compter que sur elle-même. Le duo d’enquêteurs n’est pas en reste. On s’attache très vite à ces deux là et on espère de tout cœur qu’ils vont réussir à retrouver la trace de Nita.

Sept jours pour survivre dénonce également la condition des jeunes amérindiennes enlevées, violées et tuées encore aujourd’hui au Canada. L’auteur ne rentre pas dans des considérations politiques et en dit finalement peu sur le sujet mais cela suffit pour prendre conscience des actes abominables que peut entraîner le racisme. A découvrir à partir de 13 ans.

BERNARD, Nathalie, Sept jours pour survivre, Éditions Thierry Magnier, 2018.

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