« Si c’est un homme » de Primo Lévi

Arrêté comme résistant en février 1944 puis déporté dans une annexe d’Auschwitz jusqu’à la libération du camp, Primo Lévi prend sa plume entre décembre 1945 et janvier 1947 pour raconter l’horreur de l’univers concentrationnaire. Il décrit ses conditions de vie et celles de ses compagnons de malheur. Les privations de toutes sortes, les coups, la violence physique et morale, la lutte pour survivre, le chacun pour soi, la maladie, la faim, la peur, le froid et bien d’autres choses encore, à peine imaginables, faisaient partie du quotidien.

 

J’ai lu beaucoup de documents sur la Seconde Guerre mondiale et les camps de concentration mais Si c’est un homme est vraiment à part. J’ai dû le lire par petits morceaux tellement certains passages m’ont remuée. Celui-là par exemple :

« qu’on offre à quelques individus réduits en esclavage une position privilégiée, certains avantages et de bonnes chances de survie, en exigeant d’eux en contrepartie qu’ils trahissent la solidarité naturelle qui les lie à leurs camarades : il se trouvera toujours quelqu’un pour accepter. Cet individu échappera à la loi commune et deviendra intouchable; il sera donc d’autant plus haïssable et haï  que son pouvoir gagnera en importance. Qu’on lui confie la commandement d’une poignée de malheureux, avec droit de vie et de mort sur eux, et aussitôt il se montrera cruel et tyrannique, parce qu’il comprendra que s’il ne l’était pas assez, on n’aurait pas de mal à trouver quelqu’un pour le remplacer. » p.140

La solidarité dans le malheur, quand on vit dans de conditions aussi atroces, n’existe plus. C’est chacun pour soi. Comment condamner un tel comportement quand on sait que les déportés étaient réduits à l’état d’esclave et pire encore, de bête ?

Au delà de la description de la vie dans le camp, Primo Lévi analyse les comportements humains et tous les mécanismes mis en place par les nazis pour détruire l’homme, non seulement physiquement mais aussi psychologiquement. Il relate des faits bruts, sans haine, avec une lucidité et un recul extraordinaire pour quelqu’un qui écrit si peu de temps après avoir vécu l’impensable. C’est tout cela qui fait la force de son récit.

Un témoignage indispensable, un livre qu’il FAUT lire !

LEVI, Primo, Si c’est un homme, Pocket, 2003.

15 réflexions sur « « Si c’est un homme » de Primo Lévi »

  1. @La Pyrénéenne : Je crois qu’il ne peut laisser personne insensible.
    @Stephie : je ne savais même pas qu’il y avait une suite.
    @Sylire : je crois qu’il faut choisir un moment où on est vraiment disponible pour ce genre de livre.
    @emmyne : Oui, dans un autre registre, Maus est tout aussi saisissant.
    @Aifelle : je l’ai noté.
    @Keisha : je me pose la même question.
    @Leiloona : tout à fait d’accord avec toi.
    @Florinette : tu as bien raison !
    @Anne : alors il faut le mettre au dessus !

La parole est à vous !

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