Les fragiles – Cécile Roumiguière

Drew et Sky, deux fragiles. Ou peut-être est-ce leurs parents, les Fragiles… Continuer la lecture de « Les fragiles – Cécile Roumiguière »

Jane, le renard & moi, Isabelle Arsenault et Fanny Britt

Hélène est seule. Seule au milieu des autres élèves. Sur les murs des toilettes, elle lit « Hélène n’a plus d’amie » ou encore « Hélène pèse deux cent seize… et sent le swing ! ».  Cela dure depuis des mois et chaque nouvelle inscription, chaque nouvelle moquerie, lui provoque comme un trou dans la cage thoracique.

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Sauveur & fils -Marie-Aude Murail

Les patients qui ont rendez-vous pour la première fois avec Sauveur Saint-Yves ne s’attendent pas, quand la porte du cabinet du psychologue s’ouvre, à avoir en face d’eux un beau martiniquais de 39 ans mesurant 1,90 mètre et pesant 80 kg de muscles. L’homme, installé en métropole avec son fils Lazare depuis quelques années, enchaîne les consultations à longueur de journées.

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Les grandes jambes – Sophie Adriansen

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Marion a un problème : elle grandit trop vite ! Au collège, elle dépasse la plupart des garçons de sa classe et ses jeans découvrent ses chaussettes. On aurait pu remplacer ce prénom par le mien. Avec mon 1,77m, je connais bien le problème. Un pantalon juste au niveau de la taille mais trop court. Ou alors à la bonne longueur mais trop large. Vive les jupes et les robes ! Sauf que Marion refuse d’en porter.

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Un paquebot dans les arbres – Valentine Goby

un-paqubot-dans-les-arbres-valentine-gobyMathilde Blanc est la cadette d’une famille de trois enfants. A sa naissance, son père espérait un garçon pour remplacer celui qui est mort cinq années auparavant. Annie, l’aînée, est celle qui a tous les droits, et notamment celui de danser avec le père les soirs de bal au café familial de La Roche-Guyon. Jacques est encore un bébé. Au milieu, Mathilde essaie d’exister aux yeux de son père. Elle rêve de danser avec lui, elle aussi.

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Refuges – Annelise Heurtier

Mila, une jeune italienne, vient passer ses vacances avec ses parents à Lampedusa, l’île de son enfance. Depuis qu’elle a perdu son frère et que sa mère a sombré, la famille n’est jamais revenue dans ce lieu paradisiaque. Mila se souvient des bons moments passés en compagnie de sa grand-mère et espère retrouver un peu de bien être et de sérénité sur l’île.

Ses parents ont décidé de donner un coup de neuf à la maison en repeignant les murs. Pour elle, pas question de rester avec eux, l’ambiance est bien trop triste. Elle préfère parcourir l’île à vélo, seule, s’arrêtant ici où là au grè de ses envies.

Par l’intermédiaire d’une connaissance commune, Mila rencontre Paola, une jeune fille de son âge qui travaille sur l’île tous les étés. Cette dernière a l’air heureuse, épanouie et sûre d’elle. Mila aimerait bien être pareille.

Parallèlement à l’histoire de cette adolescente, on découvre celles de migrants ayant fuit l’Erythrée pour rejoindre l’Europe. Lampedusa est un endroit tristement connu aujourd’hui en raison de sa situation géographique stratégique pour ceux qui espèrent une vie plus décente sur le vieux continent. A l’époque où ce déroule cette fiction, en 2006, les médias en parlaient encore peu.

Les jeunes hommes dont il est question ici ont une rage de vivre incroyable et sont prêts à tout pour parvenir à leurs fins. Ont-ils vraiment d’autres choix ? La vie qu’ils mènent depuis leur naissance dans la Corne de l’Afrique n’en est pas une…

Comment l’histoire de Mila et celle de ces migrants se rejoignent-elles ? Il vous faudra lire ce magnifique roman jusqu’aux dernières lignes pour le savoir et comprendre pleinement son titre, Refuges.

Le personnage de Mila est attachant. Pleine de doutes et de désespoir, on la voit évoluer et s’interroger au fil des pages jusqu’à ce qu’elle trouve enfin son chemin. Quant aux autres personnages, les migrants, ils sont plus nombreux et leurs trajectoires sont moins détaillées mais elles sont évoquées avec pudeur et on en sait suffisament pour imaginer le reste.

J’ai été envoûtée du début à la fin par cette histoire de vie remplie de sensibilité et d’empathie. On referme le livre le sourire aux lèvres et le coeur rempli d’espoir malgré le sujet extrêmement difficile.

« Ugo a arrêté de se détruire, parce qu’il n’espère plus de choses impossibles. Il a compris, nous avons compris, que la seule issue que l’ont ait, c’est de faire avec. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille se résigner, ou faire comme si ça n’existait pas. On fait ce qu’on peut faire avec nos moyens. » p. 222

HEURTIER, Annelise, Refuges, Casterman, 2015.

Le coeur en braille – Pascal Ruter

Voir de nouvelles acquisitions comme Le coeur en braille rester sur les rayons du CDI sans trouver de lecteur me chagrine toujours. Dans ce cas, une seule solution, lire le livre en question et en faire la promotion auprés des élèves. C’est dur la vie de professeur documentaliste 😉 !

L’année scolaire commence à peine et déjà Victor rencontre des difficultés. Les équations de math sont du chinois et, malgré les efforts qu’il fait et les bonnes résolutions qu’il a prises pour cette nouvelle année, il n’arrive pas à faire ses exercices. Son père lui a offert Les trois mousquetaires mais malheureusement il ne comprend pas grand chose à ce roman. Tout ce qu’il entreprend pour être meilleur en classe semble voué à l’échec.

Victor, qui vit seul avec son père, est désespéré. Luckie Luke, le CPE, l’a a l’oeil depuis l’année précédente car il a fait pas mal de bêtises. Les seuls moments de bonheur pour l’adolescent sont les moments passés en compagnie d’Haïçam, son meilleur copain, les répétitions de musique avec son groupe et les discussions avec son père autour de la mécanique des Panhard (pour ceux qui, comme moi, sont incultes en matière automobiles, ce sont de vieilles voitures).

La vie de Victor bascule le jour où l’intelligente Marie-José entre dans sa vie en plein contrôle de math.

Le coeur en braille est un roman jeunesse comme je les aime : drôle, intelligent et plein d’émotions. Pascal Ruter dépeint à merveille ce qui peut se passer dans la tête d’un ado mal dans sa peau et prisonnier de son rôle de cancre. Victor devient un autre dès lors que sa camarade s’intéresse à lui et l’aide à progresser.

Mais le texte ne se réduit pas à cela. Le titre du livre prend tout son sens dans la deuxième partie. Sans en dévoiler trop, je peux dire que le mot « braille » n’a pas été choisi au hasard et que la question de la cécité est abordée avec beaucoup de tact et de délicatesse.

Un roman jeunesse sur la force de l’amitié et de l’amour à découvrir à partir de la sixième pour les bons lecteur et un peu plus tard pour les autres.

RUTER, Pascal, Le coeur en braille, Didier Jeunesse, 2012.

Ma mère, le crabe et moi – Anne Percin

Tania et sa mère vivent seules depuis le départ du père de Tania avec une autre femme. La jeune fille, qui est en troisième, porte un regard critique sur sa mère et ne lui épargne pas grand chose, comme beaucoup d’ados avec leurs parents. Elle se moque notamment de son blog dans lequel elle enjolive la réalité et de ses copines virtuelles qui sont un bon substitut au désert affectif dans lequel elle est enfermée.

Mais depuis quelques temps, la mère de Tania a des comportements inhabituels. Elle est ailleurs ou ne se rend pas au travail. Cela ne lui ressemble pas. Un jour, alors qu’elle est partie a un rendez-vous médical, Tania fouille dans l’historique de navigation de l’ordinateur et découvre que sa mère a fait des recherches sur le cancer du sein. Pas besoin de plus d’explications, Tania comprend.

Ensemble, la mère et la fille vont se battre contre la maladie. Tania est prise entre ses préoccupations d’adolescente et les difficultés liées au cancer de sa mère. Elle qui n’aimait pas courir découvre que la course à pied lui fait un bien fou. Elle tombe également amoureuse d’un garçon de sa classe. A côté de cela, il y a sa mère qui rentre épuisée des séances de chimio, qui perd du poids et dont les cheveux tombent les uns après les autres. Tania a la rage. Les autres ne peuvent pas comprendre, ils ne vivent pas avec sa mère au quotidien.

N’ayez crainte, nul apitoiement ou larmoiement dans ce roman, bien au contraire. Tania est une battante et son sens de l’humour lui permet de faire face à la situation avec brio. Anne Percin dépeint à merveille ce qui se passe dans la tête de l’adolescente. Certains passages sont terriblement émouvants et criants de vérité.

Une belle complicité se met en place au fil des pages entre la mère et la fille. Tania mûrit, elle est moins critique vis à vis de sa mère et porte sur elle un regard plein de bienveillance et d’humanité. Ensemble, elles vivent et vont de l’avant. C’est cela le principal.

Un très beau roman dédié aux « courageuses Amazones en lutte contre le crabe » qu’il est important de lire et de faire lire parce que bien évidemment ça n’arrive pas qu’aux autres.

PERCIN, Anne, Ma mère, le crabe et moi, Rouergue, 2015.

Toile d’@raignée – Calouan

Les risques liés à l’Internet, voilà un sujet sur lequel il est important de dialoguer avec les adolescents et dont on ne parle pas assez malgré les efforts faits en ce sens ces dernières années. Aujourd’hui encore, une collègue me parlait d’une élève de 6ème qui tchatait avec un jeune homme de 17 ans sur je ne sais quel réseau social et qui ne voyait pas où était le problème.

Toile d’@raignée met en scène Sancie, une jeune fille de treize ans qui vit avec ses parents et sa soeur dans une famille tout à fait ordinaire. L’adolescente est passionnée par une série télévisée, collectionne les disques d’une chanteuse à la mode et aime passer du temps avec ses amies.

Un jour, elle fait par hasard la connaissance d’une jeune homme plus âgé qu’elle sur Internet. Elle en a marre que son entourage la considère comme une gamine alors, pour paraître plus vieille et donc plus mature, elle ment sur son âge.

Petit à petit, Sancie se lie d’amitié avec ce jeune homme et se confie à lui en toute sincérité sans l’avoir jamais rencontré. Elle lui parle de ses disputes avec ses parents ou sa soeur, d’une garçon qu’elle voit chez le disquaire de temps en temps et qui l’attire, de ses doutes d’adolescente par rapport à l’amour et à la vie en général.

Le jour où elle décide d’accepter une rencontre, rien ne se passe comme prévu…

Si j’ai trouvé le dénouement un peu « too much » , il reste néanmoins tout à fait vraisemblable et Toile d’@raignée fait partie de ces livres à travers lesquels les collégiens peuvent tout à fait s’identifier. Les sentiments de Sancie, sa vie de tous les jours et ses maux d’ados sont dépeints avec brio.

Le roman a également le mérite de traiter d’un sujet important, celui des risques liés à l’Internet. L’adolescence étant un âge où l’on se sent immortel et où l’on a tendance à faire peu de cas des paroles de l’adulte, je ne suis pas persuadée que sa lecture suffira à elle seule à la prise de conscience mais cela peut être un bon point de départ pour amorcer le dialogue. A lire et à faire lire donc.

CALOUAN, Toile d’@raignée, Rémanence, 2014.

Cet été là – Jillian et Mariko Tamaki

Awago Beach. C’est la destination de vacances des Wallace depuis X années. Chaque été, Rose y retrouve Windy, son amie de vacances. Elles se connaissent depuis qu’elles ont quatre ou cinq ans. Windy est plus jeune que Rose d’un an et demi. Elle a une silhouette un peu potelée et encore enfantine tandis que Rose, 13 ans, est déjà entrée dans la pré adolescence. Ensemble, elles se promènent à vélo, profitent du bord de mer et louent des films d’horreur qu’elles regardent quand les adultes ont le dos tourné.

Windy et surtout Rose quittent peu à peu le monde de l’enfance. Elles observent les relations entre garçons et filles d’une bande de jeunes plus âgés. Rose découvre aussi le monde compliqué des adultes. Ses parents on essayé d’avoir un deuxième enfant et n’y sont pas arrivés. Depuis, ils ne s’entendent plus. Sa mère est replié sur elle-même et ne profite pas des vacances.

Cet été là est une bande dessinée agréable à lire dans laquelle règne un parfum de nostalgie. Celle de l’enfance, de l’innocence et des vacances. Windy et Rose vivent éloignées de la complexité du monde des adultes mais s’en rapprochent petit à petit. Enfin surtout Rose. Son regard n’est plus tout à fait celui d’une enfant. Elle s’intéresse aux garçons alors que Windy pense plus à jouer. On sent qu’elle est vraiment à un âge charnière, celui où on fait la grande devant les copains mais où on joue aussi à la poupée Barbie quand la porte de la chambre est refermée.

Si j’ai moins adhéré au graphisme, le scénario, lui, m’a convaincue. Derrière l’apparente légèreté, des sujets importants sont abordés avec naturel et justesse. Le rire se mêle aux larmes. Le bonheur aux petits ou grands malheurs. La vie quoi !

TAMAKI, Jillian, TAMAKI, Mariko, Cet été là, Rue de Sèvres, 2014.

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