Le sablier 1 – Hinako Ashiharao

Depuis le divorce de ses parents, An a quitté Tokyo pour aller vivre avec sa mère chez ses grands-parents, à la campagne. La jeune fille aimait la ville et a beaucoup de mal à se faire à sa nouvelle vie. Elle n’a pas de copains, sa grand-mère est méchante et sa maman ne va pas bien du tout. Heureusement, elle fait la connaissance de Daigo, une jeune garçon du village, qui va l’aider à surmonter les difficultés qu’elle rencontre.

Un premier tome très prometteur. Les rebondissements sont nombreux et An grandit très vite dans sa tête. Il faut dire que le vie ne l’épargne pas et qu’elle n’a pas trop le choix. A la fin de cet épisode, elle échange son premier baiser. Mais l’amour n’est pas le principal propos de ce shojo. Suicide, deuil, solitude, questionnement personnel : les sujets abordés sont très sérieux. Du lourd et du plus léger, c’est un vrai régal ! J’espère que les 9 tomes suivants sont aussi bien !

ASHIHARA, Hinako, Le sablier 1, Kana, 2009.

Blog de Jean-Philippe Blondel

Le narrateur, un garçon de 16 ans dont le prénom n’est jamais mentionné, est complètement écœuré depuis qu’il a découvert que son père lisait son blog. Il est en colère et se sent trahi : « L’impression que le monde n’est qu’un tissu de mensonges et que la survie passe par la méfiance -comme dans ces séries américaines que je regarde parce que tout le monde les regarde. Desperate Housewives, Dexter, Lost, surtout ne compter que sur soi-même pour s’en sortir. Jusque là, elles me faisaient rire mais m’inspiraient aussi une sorte de mépris. Je me disais que je ne vivais pas dans ce type de monde là. J’étais bien con. C »est exactement dans cet univers-là que j’évolue« . (p. 27)
Pourtant, il n’en parlait pas à la maison de ce blog. Il faisait bien attention de vider son historique et ses cookies pour ne pas laisser de traces. Puisque c’est ainsi, il arrête immédiatement d’écrire sur le web et décide de ne plus adresser la parole à son père : « Je veux être une vraie plaie -je ne vais pas m’en priver » (p. 32).
L’ambiance familiale devient très vite invivable malgrè les excuses du père et les tentatives de la mère pour améliorer la situation. Pour essayer de se faire pardonner, le père va chercher un carton poussiéreux dans le grenier, un vieux carton qui contient ses souvenirs d’adolescent… et un secret.

Blog : un titre accrocheur… Mais cette histoire de blog, ce n’est finalement qu’un prétexte pour parler des relations entre un père et son fils et de cette période si complexe, l’adolescence, où on essaye de se construire au mieux. C’est uniquement le point de vue du fils qui est développé dans le roman. Les ados se retrouveront sans doute à travers lui. Il explique ses pensées intimes -même celles dont, en général, on ne parle à personne- avec beaucoup de pudeur et de justesse. De la révolte, le narrateur passe petit à petit à la compréhension vis à vis de ce père qui n’est finalement pas si mauvais que cela. Il se rend compte de la fragilité de la vie et des sentiments, il devient plus mature au fil des pages.

Ce n’est pas toujours facile de comprendre ce qui se passe dans la tête d’un ado -les ados eux-mêmes ont parfois du mal à l’expliquer- mais Jean-Philippe Blondel le décrit très bien. J’aimerais bien pouvoir écrire d’aussi jolies choses, aussi justes, aussi vraies…

Laure a beaucoup aimé et vous propose de nombreux extraits. D’ailleurs, Laure, je suis d’accord avec toi. Le terme « viol virtuel » sur la quatrième de couverture n’a rien à y faire. Il s’agit plutôt d’un viol de l’intimité.

BLONDEL, Jean-Philippe, Blog, Actes Sud Junior, 2010.

« Celle que je voudrais être » de Vanyda

Rien de mieux après ma dernière lecture plutôt terrifiante (voir billet de jeudi dernier) que de passer une soirée en compagnie de Valentine et ses amis. Cette fois-ci, la joyeuse bande est au lycée et se retrouve un peu éparpillée dans les diverses classes. Valentine partage sa passion pour les mangas avec d’autres élèves. Elle fait même partie d’un club de passionnés  qui va jusqu’à créer un fanzine. Elle est toujours timide mais affirme quand même de plus en plus sa personnalité. Elle rencontre de nouvelles personnes et lie de nouvelles amitiés. Son père est absent mais on ne sait toujours pas pourquoi. Réponse sans doute dans le prochain tome… Quand aux histoire d’amour, c’est pas toujours simple !

Vous l’aurez sans doute deviné, Valentine est un personnage que j’aime beaucoup, tant du point de vue de sa personnalité que de son look. Sans doute parce que je retourne quelques années en arrière grâce à elle…

VANYDA, Celle que je voudrais être, Dargaud, 2010

« Celle que je ne suis pas » de Vanyda

Valentine est une jeune fille un peu timide. Au collège, elle passe beaucoup de temps à discuter avec ses copines. Comme beaucoup d’adolescents, elle accorde énormément d’importance à l’amitié. Elle participe à ses premières soirées -et accepte de boire de l’alcool, pour faire comme tout le monde-, sèche les cours pour aller discuter avec des garçons dans un parc, aime secrètement Félix mais sort avec un autre, etc. Valentine aime aussi lire des mangas et faire du sport. Bref, c’est une ados comme on en connaît tous, qui se cherche et a du mal à se trouver mais qui respire la santé et la vitalité !

Voilà une petite BD bien sympa qui commence à se faire une bonne réputation et c’est tant mieux ! Je me suis reconnue un peu à travers le personnage de Valentine -un personnage que j’aime beaucoup- mais surtout, j’ai reconnu bon nombre d’élèves que je croise tous les jours. Quant au dessin -en noir et blanc-, je ne suis absolument pas spécialiste alors je me garderais bien de tout commentaire. Je tiens juste à dire que je l’ai apprécié.

Il y a deux autres tomes, Celle que je voudrais être et Celle que je suis, qui se passent au lycée puisque à la fin de Celle que je ne suis pas Valentine entre en Seconde et se retrouve séparée de toutes ses copines. J’espère que je vais les trouver à la médiathèque !

VANYDA, Celle que je ne suis pas, Dargaud, 2008.

« Notre petite vie cernée de rêves » de Barbara Wersba

Albert Scully est un adolescent un peu à part, pas tout à fait comme les autres. Au lycée, il n’a pas de copains et ses résultats scolaires sont catastrophiques car les cours ne l’intéressent pas. Chez lui, l’ambiance est insupportable : sa mère qui rêve d’être célèbre et d’avoir beaucoup d’argent fait vivre un véritable enfer à toute la famille et son père boit. Pas simple de construire sa personnalité et de se sentir bien dans sa peau dans ce contexte !

Un jour, Albert rencontre Mme Woodfin, une vieille voisine qui vit dans une maison complètement délabrée et sale. Une véritable amitié va se nouer entre ces deux-là. Ils se voient  quotidiennement et discutent de la vie, de théâtre, de littérature, etc. Petit à petit, Albert trouve auprès de Mme Woodfin le soutien qu’il n’a pas obtenu ailleurs et commence à comprendre comment accepter sa différence.

 

Édité en 2008 chez Thierry Magnier, Notre petite vie cernée de rêves a été écrit il y a un peu plus de 40 ans mais on ne dirait pas : cette histoire pourrait tout à fait se dérouler de nos jours. Une amitié entre un jeune et une vieille dame, c’est tout à fait atypique mais intemporel. Et puis, il semble qu’être adolescent et construire sa personnalité soit aussi difficile de nos jours qu’en 1968…

En tous cas, j’ai passé un chouette moment avec ce roman. Cette vieille femme qui vit dans la crasse et la misère en compagnie de tonne de livres a finalement beaucoup de choses à apprendre aux autres sur la vie. Elle m’a fait penser à une grand-mère bienveillante qui soutient moralement ses petits enfants avec beaucoup de tact et d’intelligence.

« Mais chaque fois que je découvre un passage qui me plaît dans un livre, je le tape à la machine à écrire et je le colle sur le mur au-dessus de mon bureau. Je dois avoir un millier de citations et ça me fait du bien, en levant les yeux, de tomber sur une idée brillante formulée par un auteur, il y a longtemps. » p. 13-14

Moi aussi, ça me fait du bien…

WERSBA, Barbara, Notre petite vie cernée de rêves, Thierry Magnier, 2008.

« Je ne sais plus pourquoi je t’aime » de Gabrielle Zevin

Naomi Porter devient amnésique suite à une chute dans l’escalier du lycée. Elle ne se souvient absolument plus des quatre dernières années de sa vie. Pourquoi refusait-elle de voir sa mère ? Pourquoi aimait-elle Ace et trainait-elle avec toute cette bande de gars et de filles tous aussi superficiels les uns que les autres ? Pourquoi prenait-elle du plaisir à être co-rédactrice en chef de l’album du lycée ? Pourquoi ne s’entendait-elle pas avec la nouvelle copine de son père ? En plus, de toutes ces questions auxquelles elle veut trouver des réponses, Naomi doit affronter le regard des autres et s’accrocher pour suivre en cours. Pas facile de se construire dans ces conditions… Heureusement, son père et surtout son meilleur ami, Will, sont là pour la soutenir.

De l’herbe grasse, une jolie jeune fille allongée, les yeux fermés, en train d’écouter de la musique, du rose tape à l’œil : cette couverture m’a tout de suite attirée ! Et le roman a été à la hauteur de mes espérances. Il ne s’agit pas d’un énième livre sur l’amnésie, ou d’une histoire de plus sur les amours torturés d’une adolescente mais d’un beau roman sur la recherche de soi-même et la construction de la personnalité à un âge ou les choses ne sont jamais simples. 

Cuné, Clarabel, Amanda l’ont lu aussi.

ZEVIN, Gabrielle, Je ne sais plus pourquoi je t’aime, Albin Michel, 2009.

« Kivousavé » : princesse japonaise ou pute ?

Quand la narratrice était petite et qu’elle entendait sa grand-mère -« la vieille »- parler de « qui vous savez » avec ses copines venues prendre le thé à la maison, elle pensait qu’il s’agissait d’une princesse japonaise et que ça s’écrivait « Kivousavé ». Mais en grandissant, elle a bien vite compris de qui on parlait. Kivousavé, c’est sa mère qui est partie sans laisser d’adresse quand elle avait deux ans. Son père et sa grand-mère lui on fait croire pendant longtemps qu’elle était morte mais ce n’était pas vrai.

Pourquoi est-elle partie ? Pourquoi sa grand-mère la surnomme la pute ? Que s’est-il passé ? Pourquoi la vieille est-elle si méchante ? C’est un vrai mystère…

La narratrice essaie de trouver des réponses mais tout cela n’est pas facile quand on vit  dans un endroit qui ressemble à une prison et qu’on a un père faible et lâche qui obéit aux ordres de sa mère sans broncher, même quand ces ordres vont à l’encontre du bien-être de sa propre fille.

Un roman sur le thème du secret de famille -encore et toujours dévastateur…- de la recherche des origines, de l’adolescence, de l’amour. Un roman qui devrait plaire aux adolescents et surtout aux adolescentes de fin de collège ou de lycée.

Une histoire dans laquelle j’ai eu un peu de mal à rentrer puis, finalement, je l’ai dévorée jusqu’à la fin. Le dénouement laisse quelques questions en suspens mais finalement, ce n’est pas plus mal que ce ne soit pas « tout est beau dans le meilleur des mondes… ».

HAMMER, Béatrice, Kivousavé, Éditions du Rouergue, 2008.

Encore un très bon Jean-Philippe Blondel

Alex vit seul avec sa mère dans un appartement de 40m2 où il étouffe, non seulement parce que c’est petit mais aussi parce que, comme beaucoup d’ados, ses rapports avec sa mère sont tendus. Son père est parti sans laisser d’adresse alors qu’il était encore bébé et la vie n’est pas  facile tous les jours avec un salaire d’aide-soignante pour nourrir et loger deux personnes.

Le pote d’Alex, Christian, est l’enfant unique d’une famille de bourgeois. Si l’argent n’est pas un problème pour lui, sa vie n’est pas plus heureuse pour autant. Son père est un homme égoïste qui passe son temps en déplacement pour le travail et sa mère est dépressive et alcoolique.

Mais de leur vie privée, les garçons n’en parlent jamais. Ils préfèrent passer leur temps à jouer au basket et à s’intéresser aux filles.

Après deux semaines de vacances, les jours passent et Christian ne met plus les pieds au lycée, ne répond pas au téléphone, ne donne aucunes nouvelles, etc. Alex s’inquiète et finit par se confier à sa mère qui va l’inciter à réagir. A partir de ce moment là, les deux garçons vont devenir de vrais amis – et plus de simples potes de lycée. Alex va aussi découvrir un peu plus sa mère. Au début du roman, il ne voit que ses défauts. Finalement, il va la qualifier de femme bien et chiante à la fois. Et au fond de lui, il le sait, c’est le côté « femme bien » qui l’emporte.

Jean-Philippe Blondel est devenu un de mes auteurs favoris depuis que je fréquente la blogosphère. Pourquoi? Sans dote parce que ses textes me parlent… et Au rebond ne fait pas exception. Il y a longtemps que je n’avais pas écrit autant de citations pour un même livre dans mon carnet… Alors, même si le sujet est banal -une vraie amitié qui se forme grâce à de grosses difficultés surmontées en commun- je ne peux que vous conseiller de dévorer ce livre !

Gawou et Clarabel ont beaucoup aimé ce livre également.

BLONDEL, Jean-Philippe, Au rebond, Actes Sud Junior, 2009.

« Le complexe de l’ornithorynque » de Jo Hoestlandt

Carla est dans la même classe de seconde que Rose et Aurélien. Elle est attirée par un jeune homme qu’elle surnomme Philémon. C’est son voisin, il est un peu plus vieux qu’elle, et elle ne lui a jamais parlé. Cela ne l’empêche pas de se sentir amoureuse de lui. Seulement, aimer quelqu’un quand on a l’impression de ressembler à un ornithorynque, c’est pas facile…

Rose, elle, est handicapée des jambes depuis qu’elle est tombée des branches d’un cerisier alors qu’elle était encore enfant. Elle est amoureuse d’Aurélien et s’imagine -presque au point d’y croire vraiment- qu’elle a un enfant de lui alors qu’ils n’ont jamais eu aucun rapport sexuel. Un jour, elle a l’impression de perdre cet enfant et c’est le gouffre.

Aurélien,lui, croit aimer les garçons. Il n’éprouve aucun amour pour Rose, juste de l’amitié. Il se sent mal, se cherche, n’arrive pas à se trouver.

                                     

Le complexe de l’ornithorynque est le portrait de trois adolescents en proie au doute et à la mélancolie. Je n’ai pas vraiment accroché, peut être parce que je ne suis plus une ado depuis longtemps !

Les personnages sont un peu caricaturaux (l’handicapé, l’homosexuel, celui qui s’en va de la maison à cause des conflits familiaux, etc.) mais Jo Hoestland a su les rendre humains, proches du réel. Pas de drames, simplement la vie de filles et de garçons de 15 ans avec ses joies et ses peines, ses larmes mais aussi ses grands moments de bonheur !

Quand j’étais ado, j’aimais beaucoup ce genre de livre car ça me rassurait et je me disais que je n’étais pas la seule à être comme ça ! Alors, je me dis que si, en tant qu’adulte je n’ai pas aimé plus que ça ce roman, il plaira sans doute aux ados.

Ce livre fait partie de la sélection du prix des Incorruptibles 2009 pour le niveau 3ème/2de.

HOESTLANDT, Jo, Le complexe de l’ornithorynque, Milan, 2008.

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