Encore un très bon Jean-Philippe Blondel

Alex vit seul avec sa mère dans un appartement de 40m2 où il étouffe, non seulement parce que c’est petit mais aussi parce que, comme beaucoup d’ados, ses rapports avec sa mère sont tendus. Son père est parti sans laisser d’adresse alors qu’il était encore bébé et la vie n’est pas  facile tous les jours avec un salaire d’aide-soignante pour nourrir et loger deux personnes.

Le pote d’Alex, Christian, est l’enfant unique d’une famille de bourgeois. Si l’argent n’est pas un problème pour lui, sa vie n’est pas plus heureuse pour autant. Son père est un homme égoïste qui passe son temps en déplacement pour le travail et sa mère est dépressive et alcoolique.

Mais de leur vie privée, les garçons n’en parlent jamais. Ils préfèrent passer leur temps à jouer au basket et à s’intéresser aux filles.

Après deux semaines de vacances, les jours passent et Christian ne met plus les pieds au lycée, ne répond pas au téléphone, ne donne aucunes nouvelles, etc. Alex s’inquiète et finit par se confier à sa mère qui va l’inciter à réagir. A partir de ce moment là, les deux garçons vont devenir de vrais amis – et plus de simples potes de lycée. Alex va aussi découvrir un peu plus sa mère. Au début du roman, il ne voit que ses défauts. Finalement, il va la qualifier de femme bien et chiante à la fois. Et au fond de lui, il le sait, c’est le côté « femme bien » qui l’emporte.

Jean-Philippe Blondel est devenu un de mes auteurs favoris depuis que je fréquente la blogosphère. Pourquoi? Sans dote parce que ses textes me parlent… et Au rebond ne fait pas exception. Il y a longtemps que je n’avais pas écrit autant de citations pour un même livre dans mon carnet… Alors, même si le sujet est banal -une vraie amitié qui se forme grâce à de grosses difficultés surmontées en commun- je ne peux que vous conseiller de dévorer ce livre !

Gawou et Clarabel ont beaucoup aimé ce livre également.

BLONDEL, Jean-Philippe, Au rebond, Actes Sud Junior, 2009.

« Le complexe de l’ornithorynque » de Jo Hoestlandt

Carla est dans la même classe de seconde que Rose et Aurélien. Elle est attirée par un jeune homme qu’elle surnomme Philémon. C’est son voisin, il est un peu plus vieux qu’elle, et elle ne lui a jamais parlé. Cela ne l’empêche pas de se sentir amoureuse de lui. Seulement, aimer quelqu’un quand on a l’impression de ressembler à un ornithorynque, c’est pas facile…

Rose, elle, est handicapée des jambes depuis qu’elle est tombée des branches d’un cerisier alors qu’elle était encore enfant. Elle est amoureuse d’Aurélien et s’imagine -presque au point d’y croire vraiment- qu’elle a un enfant de lui alors qu’ils n’ont jamais eu aucun rapport sexuel. Un jour, elle a l’impression de perdre cet enfant et c’est le gouffre.

Aurélien,lui, croit aimer les garçons. Il n’éprouve aucun amour pour Rose, juste de l’amitié. Il se sent mal, se cherche, n’arrive pas à se trouver.

                                     

Le complexe de l’ornithorynque est le portrait de trois adolescents en proie au doute et à la mélancolie. Je n’ai pas vraiment accroché, peut être parce que je ne suis plus une ado depuis longtemps !

Les personnages sont un peu caricaturaux (l’handicapé, l’homosexuel, celui qui s’en va de la maison à cause des conflits familiaux, etc.) mais Jo Hoestland a su les rendre humains, proches du réel. Pas de drames, simplement la vie de filles et de garçons de 15 ans avec ses joies et ses peines, ses larmes mais aussi ses grands moments de bonheur !

Quand j’étais ado, j’aimais beaucoup ce genre de livre car ça me rassurait et je me disais que je n’étais pas la seule à être comme ça ! Alors, je me dis que si, en tant qu’adulte je n’ai pas aimé plus que ça ce roman, il plaira sans doute aux ados.

Ce livre fait partie de la sélection du prix des Incorruptibles 2009 pour le niveau 3ème/2de.

HOESTLANDT, Jo, Le complexe de l’ornithorynque, Milan, 2008.

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