L’adoption : Qinaya – Zidrou et Monin

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Aréquipa. Pérou. Un séisme et la vie des habitants s’écroule. Gabriel et Lynette découvre cela à la télévision puis passent à autre chose. Comme on le fait malheureusement tous face aux guerres et aux évènements climatiques qui nous paraissent lointains. Ils ne se doutent pas à ce moment là que leur fils va adopter Qinaya, une petite orpheline péruvienne de 4 ans.

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Couleur de peau : miel – Jung et Laurent Boileau

Adapté du roman graphique Couleur de peau : miel, ce film retrace les moments marquants de la vie de l’auteur. Né en 1965 à Séoul, Jung est adopté à l’âge de cinq ans par une famille belge. Comme lui, beaucoup d’enfants se sont retrouvés dans des orphelinats après la guerre de Corée et ont été ensuite adoptés dans différents pays à travers le monde.

Pendant longtemps, Jung ne se sent pas vraiment belge. Mais il cherche également à fuir tout ce qui peur lui rappeler ses origines coréennes. Souvent, il se demande si ses nombreux frères et soeurs le considèrent vraiment comme leur frère et si ses parents l’aiment. Il fait pas mal de bêtises à l’adolescence et ne réussit pas à se débarasser de son mal être. A l’âge adulte, il décide de partir dans son pays d’origine pour tenter de comprendre d’où il vient.

Mélangeant film d’animation et images d’archives personnelles, présent et passé, Couleur de peau : Miel aborde les thèmes de l’identité, du déracinement, de l’intégration, de l’amour maternel et de la famille.

Jung a une vision de sa propre existence très pessimiste et cela transparaît dans tout le film. Heureusement, l’humour et la poésie apportent un peu de légerté !

 

Mon petit poussin vert – Adèle Sansone et Anke Faust

Le jar Otek vit dans une ferme au milieu des poules et des poussins. Sa vie est agréable mais il manque tout de même quelque chose pour le rendre vraiment heureux : il aimerait être papa. Le problème, c’est qu’il est tout seul et n’a pas de femme… Il demande donc aux poules de lui offrir un de leurs oeufs mais elles refusent toutes. Otek est très triste. Heureusement, le chien de la maison découvre par hasard un très gros oeuf et lui donne.

Otek se met à couver jusqu’au jour où la coquille commence à se casser. Un petit poussin vert apparaît. Otek le nourrit et l’élève. Au bout de quelques semaines, il le laisse aller seul dans la cour de la ferme. Là, la basse-cour lui dit « Tu n’a pas de plumes, tu n’as pas de bec, et tu es vert de la tête au pied. Otek ne peut pas être ton papa !« 

Le petit poussin vert est très triste et commence à se poser des questions. Il décide de partir à la recherche de son papa et rencontre une grenouille, un poisson et un lézard mais pas son père. Jusqu’à ce qu’il comprenne que son père est en fait le jar, celui qui l’aime et s’occupe de lui tous les jours.

Le petit poussin vert aborde avec beaucoup de finesse les thèmes de la paternité, de l’adoption et de la différence. Un papa n’est pas forcément celui qui ressemble à son enfant mais celui qui l’aime. Le regard des autres est cruel mais permet d’avancer et de comprendre certaines choses. C’est ainsi que le petit poussin vert va pouvoir grandir et devenir plus fort.

Les illustrations en relief d’Anke Faust sont trés réussies et invitent à plusieurs relectures afin d’en observer tous les détails.

Emmyne en parle très bien ici.

SANSONE, Adele, FAUST, ANKE, Mon petit poussin vert, NordSud,

Couleur de peau : miel de Jung

Avec Couleur de peau : miel, c’est sa propre histoire que Jung raconte dans une BD aux jolis traits, en noir et blanc, qui rappelle un peu l’univers des mangas.

D’origine coréenne, l’auteur a été adopté à l’âge de 5 ans par un couple de belges déjà parents de plusieurs enfants. De son passé en Asie, il a quelques souvenirs mais qui ne sont pas liés à sa mère (et encore moins à son père). En Belgique, il doit s’intégrer dans une nouvelle culture, une nouvelle famille, etc. Pas facile quand on se sent si différent et que les autres se chargent bien de vous le rappeler, volontairement ou non !

Abandon, adoption, déracinement, quête d’identité : tels sont les thèmes majeurs de cette BD. Et tout ça est raconté sans pathos car l’auteur a beaucoup d’humour. Le décalage est constant entre la gravité de certains propos et la façon dont ils sont racontés.

A travers ce magnifique livre, Jung nous dévoile sa propre intimité mais il explique aussi pourquoi tant d’enfants coréens ont été et sont encore adoptés. C’est donc une histoire instructive qui m’a fait beaucoup réfléchir et ce a de nombreux niveaux.

Ce premier tome est consacré à l’enfance et à l’adolescence de l’auteur. J’attends avec impatience que le deuxième, sorti récemment, soit disponible à la médiathèque.

Ils ont aimé aussi : Laurent, Sassenach et Jean-François.

PS : En relisant ce billet, je me dis qu’il reflète bien peu la richesse de l’histoire mais je n’arrive pas à faire mieux. Un conseil : si le sujet vous intéresse, lisez là !

JUNG, Couleur de peau : miel / tome 1, Quadrants, 2007.

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